‹ Calvin [microform];Chapitre 25 sur 33 · Œuvres, t. XII, p · texte numérisé non relu

Œuvres, t. XII, p

2. Christianismi Resiitutio, Totius Eccîesîœ ApostoUcœ est ad sua limina focaiioy etc. Le titre est long et quelque peu emphatique.

LE PROCES DE SERVET

n'était pas complètement anonyme; les initiales de Michaël Servetus Villanovanus, M. S. V., se trouvaient à la fin, et le nom de Servet se lisait en toutes lettres dans un passage.

Une clause de l'Édit de Châteaubriant frappait les gens suspects d'hérésie qui tentaient d'émigrer en Suisse. Un négociant de Vienne, nommé Guillaume Trie, réussit néanmoins à gagner Genève, où il entra bientôt dans la familiarité de Calvin. Un de ses parents, Antoine Arneys, demeurant à Lyon, lui reprocha de s'être attaché à une Église « où ne régnait aucune discipline et où toute licence était permise à ceux qui enseignaient ». Trie lui répondit que ce reproche atteignait plutôt les papistes, qui, tout en sévissant contre des chrétiens dont le seul crime était d'adorer Dieu selon sa parole, toléraient au milieu d'eux un hérétique digne du dernier supplice. « L'homme dont je parle, continuait-il, a été condamné dans toutes les Églises lesquelles vous réprouvez. Cependant il est souffert entre vous, voire jusques à y faire imprimer ses livres, qui sont si pleins de blasphèmes qu'il ne faut point que j'en dise plus. C'est un Espagnol Portugallois nommé Michaël Servetus de son propre nom, mais il se nomme Villeneuve à présent, faisant le médecin. Il a demeuré quelque temps à Lyon; maintenant il se tient à Vienne, où le livre dont je parle a été imprimé par un quidam qui a là dressé imprimerie, nommé Balthasar Arnoullet. Et afin que vous ne pensiez que j'en parle à crédit, je vous envoie la première feuille pour enseigne.... »

Arneys s'empressa de communiquer la lettre de

BossERT. — Calvin. H

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CALVIN

LE PROCES DE SERVET

Trie, avec les quatre feuillets qu'elle contenait, à l'inquisiteur Ory, que le cardinal de Tournon avait fait venir de Rome pour purger le Lyonnais et le Dauphiné, « fort gâtés par l'hérésie ». On visita la maison de Servet, on visita l'imprimerie ; on ne trouva rien de suspect. Il fallait des preuves plus convaincantes. Arneys, dans une lettre que lui dicta l'inquisiteur, les demanda à Trie, qui s'empressa de les fournir, en lui envoyant « deux douzaines de pièces » écrites de la main de Servet. « Si on lui mettait au devant, ajoutait-il, le livre imprimé, il pourrait le renier, ce qu'il ne pourra faire de son écriture. » Et il continuait : « Je vous confesserai une chose, que j'ai eu grand peine à retirer ce que je vous envoie de monsieur Calvin : non pas qu'il ne désire que tels blasphèmes exécrables soient réprimés, mais pource qu'il lui semble que son devoir est, quant à lui qui n'a point de glaive de justice, de convaincre plutôt les hérésies par doctrine que de les poursuivre par tels moyens : mais je l'ai tant importuné, lui remontrant le reproche de légèreté qui m'en pourrait advenir s'il ne m'aidait, qu'à la fin il s'est accordé à me bailler ce que verrez *. »

On se représente la scène qui a dû se passer entre Calvin et son secrétaire. Calvin résiste d'abord. Est-ce à l'Eglise de Genève à fournir des armes à l'Inquisition de Vienne? Le devoir d'un ministre de Dieu n'est-il pas de convaincre, au lieu de persécuter? Le secrétaire insiste. Que va-t-on dire de lui

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