‹ Calvin [microform];Chapitre 30 sur 33 · Œuvres, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Œuvres, t. VIII, p

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lecture de Calvin ; mais aux yeux des contemporains c'était une force. Dans une Eglise qui ne voulait avoir d'autre fondement que la Bible, il ne suffisait pas d'avoir raison, il fallait avoir raison avec Isaïe et saint Paul. Dans une controverse, Calvin triomphe rarement seul; il confond si bien sa cause avec celle des auteurs sacrés, et par eux avec celle de Dieu, qu'il s'avance au combat avec une assurance qui est déjà un gage de victoire. En 1556, à son retour de Francfort, où il a été appelé pour débarrasser l'Église de quelques « fantasques », il écrit au pasteur Musculus, de Berne : « Il m'a fallu disputer pendant deux jours contre un certain Velsius, qui défendait le libre arbitre et attaquait la prédestination. Avec quelle honte et quelles risées de l'auditoire il a été mis hors de combat, je laisse à d'autres le soin de te l'apprendre. » Hotmann, de Strasbourg, écrit, à propos de la même dispute : « Calvin a été porté aux nues par tous les Allemands, non pas tant pour son érudition, qui est connue depuis longtemps, que pour la finesse de- son esprit et sa merveilleuse dextérité dans la discussion* ». Calvin avait le sentiment de sa supériorité en ce genre, et ce fut une des causes de l'infaillibilité qu'il s'attribuait. « Qu'ils raclent mon nom de leurs papiers, dit-il dans son sermon sur l'Idolâtrie, d'aulant que je ne prétends rien, sinon que Dieu soit écouté^. » La brièveté énergique du style, l'allure pressante de la phrase, augmentent l'effet de sa parole. Il se répète parfois, revient sur certaines idées pour les

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