Œuvres, t. X, p. 37. — La lettre est en latin
LE DROIT ET LA THEOLOGIE
liens d'amitié qui unissaient Calvin et Du Tillet, et que resserrait encore la communauté de leur foi religieuse, leur firent prendre la résolution de s'expatrier ensemble. Pour Calvin surtout, cette résolution s'expliquait. Pouvait-il espérer, après l'émotion causée par le discours de Cop, de faire paraître impunément son Institution^ dont le manuscrit se complétait de jour en jour ? Les deux amis voyagèrent par Poitiers, Orléans et Paris. C'est à Poitiers qu'ils paraissent s'être arrêtés le plus longtemps, dans la ville catholique par excellence, dont la population était composée pour un tiers de gens d'Eglise, mais qui possédait une bibliothèque si riche, dit une chronique, que « de toutes parts les gens doctes y accouraient ». Ils n'étaient pas encore sortis de France quand survint l'affaire des placards^ ces violents libelles sur « les horribles abus de la messe », qui furent répandus jusque devant la porte du roi. Une nouvelle persécution s'ensuivit. Les voyageurs gagnèrent la frontière par la Lorraine. Un incident, que raconte Théodore de Bèze, faillit les arrêter près de Metz. Un des serviteurs qui les accompagnait « déroba la bougette où était tout leur argent, et emmena un des chevaux : tellement qu'ils eussent été en grande nécessité, sans ce que l'autre serviteur — qui est encore vivant aujourd'hui, ajoute Bèze — avait dix écus siens, qui fournirent pour les mener à Strasbourg, d'où ils vinrent à Baie. Là Calvin, ayant demeuré quelque temps, fit imprimer sa première Institution ». /
Miiin?i3?jtyiBWi
«HHpi
u«BL»^^'p«U>-J|!IIU Jg
L' « INSTITUTION CHRETIENNE