LIVRE DEUXIÈME. 1S
conséquence et résumé du sentiment chrétien, auquel l'auteur a d'abord fait appel. Voyez, par exemple, le début. Calvin ne commencera pas par demander : « Qu'est-ce que la religion?» — question qui amènera toujours, quoi que Ton fasse, une réponse un peu métaphysique ; il dira :
D. Quelle est la principale fin de la vie humaine?
R. C'est de connoltre Dieu ^
D. Pourquoi dis-tu cela?
R. Parce qu'il nous a créés et mis au monde pour être glorifié en nous. Et c'est bien raison que nous rapportions notre vie à sa gloire, puisqu'D en est le commencement.
D. Et quel est le souverain bien des hommes?
R. Cela même.
D. Pourquoi l'appelles-tu le souverain bien?
R. Parce que sans cela notre condition est plus malheureuse que celle des bêtes brutes.
D. Par cela donc nous voyons qu'il n'y a nul si grand malheur que de ne vivre pas selon Dieu?
R. Yoire {certainement).
D. Mais quelle est la vraie et droite connoissance de Dieu?
R. Quand on le connolt à fin de Thonorer.
D. Quelle est la manière de le bien honorer?
R. C'est que nous ayons toute notre fiance en lui; que nous le servions en obéissant à sa vo-
* Nous citons d'après l'édition de 1553.
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lonté ; que nous le requérions en toutes nos néoessites, cherchant en lui salut et tous biens ; et que nous reconnoissions, tant de cœur que de biMiche que tout bien procède de lui seul.
Voilà la division du catéchisme. La fiance va amener tout ce qui se rapporte à la foi, ïobéissance tout ce qui se rapporte aux œuvres, les nécessités tout ce qui se rapporte à la prière, et le quatrième point tout ce qui se rapporte à la grâce, aux moyens de grâce, etc.
La grande question des œuvres lui sert de transition entre la première partie et la seconde, n l'expose, en quelques réponses, avec une clarté parfaite, et toute objection tombe d'avance. «La foi, conclut-il, non-seulement ne nous rend pas nonchalants à bonnes œuvres, mais est la racine dont elles sont produites.)) De la prédestination, pas un mot. Le théologien se condamne donc un peu lui-même, puisqu'il omet ici ce qu'il a prêché ailleurs comme étant de la plus haute importance ; mais le chrétien montre une fois de plus son sens droit, pratique et pieux.
Ce même sens pratique et pieux n'est pas moins à louer dans la troisième partie, celle qui traite de la prière. Elle renferme onze chapitres, onze dimanches^ car l'ensemble du livre est une espèce d'année chrétienne où bhaque semaine a son chapitre. Ce chif&e de onze, plus d'un cinquième du tout, dit assez l'importance que Calvin met à la