LIVRE QU4TEIÈME
Nous avons i)ommé, à Toccasion des Anglais, les Italiens. Ceux-là, leur patrie ne les rappela jamais, et beaucoup figurent encore aujourd'hui, par leurs enfants, dans la cité hospitalière. Mais rhistoire de leur colonie à Genève nous appellerait à raconter, au début, diverses luttes dans lesquelles nous n'aurions pas toujours à louer le réformateur. Il ne pouvait, sans doute, s'exposer à compromettre son œuvre en laissant aux Italiens une liberté théologique qu'il refusait aux autres; l'armée calviniste ne pouvait garder dans ses rangs que des soldats aussi soumis que zélés, et les Italiens paraissaient croire, au contraire, que le zèle pouvait dispenser de la soumission. Calvin, même plus porté à l'indulgence, n'eût guère pu tolérer des hardiesses comme celles qu'ils se permirent parfois. On souffre, pourtant, à le voir si impératif, si âpre, avec des gens qui avaient bravé Rome de si près et tout quitté pour l'Évangile. Une erreur détruit radicalement, à ses yeux, le mérite de tout ce qu'on a pu faire ou endurer pour la foi ; lui-même, nous l'avons vu, il est prêt, sincèrement prêt, si on arrive à le convaincre d'erreur sur un seul point, à permettre qu'on ne
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Toie plus en lui qu*uû imposteur, un misérable, et qu'on le traite comme tel.
Le procès de Valentin Gentilis marque le point culminant de ces débats avec la colonie italienne. Tout ce que nous aurions à dire ici sur Calvin, soit à charge, soit à décharge, nous Tayons dit dans le procèdde Servet. N'y revenons pas.
Gentilis fui moins courageux que l'Espagnol. Mis en jugement, comme lui, pour ses opinions antitrimtaires^ une pr<»npte rétractation lui sauva la vie à Geoèvet, et lui fit ensuite chercher la mort. Tourmenté du regret d'avoir faibli, il n'eut pas de repos qu'il ne se fût réhabilité à ses yeux. 11 revint donc^ Bon pas à Genève, mais tout près, sur terres bernoises, et lança de là un défi à qui voudrait soutenir contre lui Topinii^n du réformateur. Il réglait . les conditions du combat. On ne pourrait citer que rÉcriture; le vaincu serait mis à mort. Le gouvernement bèmoi» n'accepta que la conchision. Considéré comme déjà vaincu par le fait de sa condamnation à Genève, Gentilis fut conduit à Berne, et sa tête tomba sur l'échafaud. Ses amis de Genève furent exilés ou s'exilèrent, et la communauté italieiude rentra, non sans de secrets murmures, dans cette unité sans laquelle Calvin ne coimprenait pas Genève, le rôle de Genève, et son rôle à lui au milieu d'elle.
Mais ces deVniers événements furent postérieurs à la chute des Libertins. Ils appartiennent à une période que bous n'avoM yas encore entamée.