‹ Calvin: sa vie, son œuvre et ses écritsChapitre 60 sur 92 · LIVRE QfFATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QfFATRIÈME

le titre de Deux traités totichant la réfùrmatUm de V Église^ et le vrai moyen d'appointer les différens qui sont en ieeUe. Ce vrai moyen^ selon Calvin, ce n'est pas et ce ne sera jamais celui des moyenneurs^ des gens à aceommodements, à compromis, comme ceux qui Ont rédigé l'Intérim ou qui l'approuvent. Non qu'il blâme, en principe, toute concession ; mais il voit, en fait, que tous ceux qui se mettent à en faire en font trop, et que, d'ailleurs, pour un honame qui s'y prête dans des intentions vraiment chrétiennes, beaucoup ne songent qu'à vivre en paix à tout prix. Arrière donc ces «bâtisseurs d'une concorde fardée ; » arrière cette concorde dont le programme n'est qu'un tissa d'équivoques, un long va-et-vient entre l'Évaagile et Rome, entre là lumière et les ténèbres.

Après avoir ainsi caractérisé l'çBuvre en soi, Calvin en reprend nn à un tousles articles. Erreurs, demi-erreurs, grandes et petites finesses, consé* quénces patentes, conséquences cachées, il n'omet rien, ne pardonne rien, et sa conclusion reparaît, à chaque fois, plus évidente. Non, le moyen des moyenneurs ne vaut rien. Un seul est bon : la franchise, le franc retour à l'Évangile, la franche profession de l'Évangile. Cette conclusion, Calvin la développe encore une fois, en terminant^ dans un morceau plein de vie, éloquent appel à tout souffrir plutôt que d'abandonner, même en de pe* tites choses, les droits et les intérêts de la vérité.

Cet ouvrage n'est donc pas seulement urne pro*

testatioû contre rintérim ; il a son importanee dans l'histoire de l'œuwe de Calvin. Que Fauteur y ait songé ou nom, c'est sa réponse à ceux qui veulent (fue la Réforme calviniste ait rompu trop complètement avec le catholicisme. N'y avait-il donc rien à garder? nous dit-on encore aujourd'hui. N'eût-il pas mieux valu, dans l'intérêt même de la cause, se montrer plus accommodant? — « L'intérêt de la cause » est une pensée humaine que Calvin méprise, repousse, ou, plutôt, n'aborde jamais, même pour la repousser, car elle n'existe pas pour lui. Il ne connaît, en toute chose, que l'intérêt de la vérité , et quand la cause devrait, humainement, en souffrir, peu lui importe. Mais, ici, il n'admet pas qu'elle en souffre ; la Réforme a tout à gagner, même humainement, à rompre avec tout ce qui n'est pas l'Évangile. Si vous voulez vaincre par la Bible, — et par quoi d'autre songeriez-vôus à vaincre? — il ne faut pas commencer par vous accorder à ses dépens , même sur des choses secondaires, avec ceux qui l'ont abandonnée ou travestie. N'oubliez pas, d'ailleiu*s, que c'est par les choses secondaires , formes , pratiques, usages, que Rome a établi et maintient encore son empire. Ce peu que vous lui céderiez, ce serait beaucoup entre ses mains ; vous lui auriez fourni de quoi vous reconquérir, sinon vous, du moins vos enfants. Voilà ce que Calvin avait compris. Le danger de faire autrement serait-il moindre aujourd'hui ? Quelques-uns le penseut.

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Il leùi' semble qu'une position dessinée par trois siècles de luttes ne saurait être compromise en se laissant entamer sur quelques points peu importants. Nous ne sommes pas de cet avis, et nous pensons que la plupart des réflexions de Calvin sur l'Intérim sont tout aussi justes aujourd'hui qu'elles Tétaient en 1549.

La même année vit paraître son Avertissement contre l'astrologie quon appelle jtidiciaire^ et autres curiosités qui régnent aujourd'hui dans le monde. Un auteur du dix-neuvième siècle ne parlerait pas de ces folies ayec plus de mépris que ne fait Calvin. Mais il ne yeut pas qu'on se contente de les prendre en pitié ; il sait que cela n'empêche pas toujours d'y revenir. « Quel remède donc, dira-Ul, pour obvier à tels inconvénients?... Que chacun regarde à quoi il est appelé, pour s'appliquer à ce qui sera de son ^office. Que gens de lettres s'adonnent à choses bonnes et utiles, et non point à curiosités frivoles, qui ne servent que d'amuse-fols. Que grands et petits, savanis et idiots, pensent que nous ne sommes point ici pour nous occuper à choses inutiles, mais que la fin de nos exercices doit être d'édifier et nous et les autres en la crainte de Dieu» y> — Ainsi, toujours la vie pratique ; tou-

jours le mal chassé, quel quUl soit et où qu*il soit, par le sentiment du devoir et l'accomplissement des devoirs.

C'est encore l'idée dominante d'un écrit qui parut l'année d'après, le Traité des scandales qui em^ pèchent aujourd'hui beaucoup de gens de venir à la pure doctrine de r Évangile^ et en débav^chent d'autres. — Le mot scandales est pris ici dans son ancien sens évangélique ; il désigne tout ce qui pouvait fournir aux indifférents, aux tièdes, ou des prétextes pour ne pas se donner à l'Évangile, ou des occasions de le renier. En dédiant ce livre à son ami Laurent De Normandie : « Monsieur et bienaime frère, disait Calvin, comme ainsi soit que déjà de longtemps, pour beaucoup de raisons, je vous eusse voué et dédié en mon cœur quelqu'un de mes livres, j'ai voulu choisir celui-ci entre les autres, pour ce que votre exemple peut servir de grande confirmation à la doctrine qui y est contenue. Car depuis qu'ayant de votre bon gré aban* donné le pays de votre naissance, vous êtes ici venu pour y habiter comme étranger, vrai est que vous et moi pouvons rendre témoignage des as*sauts que Satan vous a dressés. » Et en effet, à peine arrivé à Geaève, M. De Normandie avait reçu la nouvelle de la mort de son père, tué, disaiton, par le chagrin de voir son fils protestant. Deux mois après, sa femme, venue avec lui, lui était enlevée par la mort, et cette nouvelle épreuve tféteit, avait-ron dit e^core, qu'un chJktk&eRt de san^apo-

stasie* Mais lui, il n'y avait vu, au contraire, qu'une raison de plus pour s'attaeher invinciblement à l'Évangile.

C'est ce sentiment que Calvin voudrait inculquer à tous les hommes. Épreuves, contradictions, calomnies, luttes extérieures, luttes intimes, scandales^ enfin, puisque ce mot comprend tout, voilà ce qu'il passe en revue, toujours concluant que rien ne saurait nous excuser de n'être pas sous le drapeau du Christ. Il range les scandales en trois classes. Les premiers sont ceux que notre cœur a le malheureux talent de trouver dans l'Évangile même, difficultés, obscurités, choses répugnant à nos penchants, à notre orgueil surtout; bref, la folie de la croix, comme disait l'apôtre. Les seconds ne sont pas dans l'Évangile, mais, en quelque sorte, tout autour, espèce de barrière que tes indifférents sont tout heureux de rencontrer. A cette classe ^partiennent les querelles religieuses, les d^ordres de l'Église ou de ses ministres, le despotisme papal, les erreurs, les superstitions, les absurdités qui ont pu être préchées au nom du Christ, et dont on le fait responsable pour se dis* penser d'aller à lui. La troisième classe, enfin, comprend les ennuis, les opprobres, les dangers auxquels on s'expose en se déclarant pour l'Évangile. Cette partie,la moins ac^ueUe aujourd'hui, l'était alors le plus ; mais Calvin y fait rentrer toutes les objections vulgaires faites à, la Réforme, et, comme ces objections n'ont guère changé, il y a .

là beaucoup de choses non moins actuelles pour nous que pour les lecteurs du temps. Ce livre, en somme, est un des plus soignés et des plus complets de Calvin.

Les mêmes idées se retrouvent, sous une forme encore plus pratique, dans les Quatre sermons traitant des matières fort utiles pour notre temps.

« Quoique j'aie écrit par ci-devant, dit-il dans la préface, deux traités assez amples pour montrer qu'il n'est pas licite à un chrestien, quand il vit en la papauté, de faire semblant en quelque façon que ce soit de consentir ou adhérer aux abus, superstitions et idolâtries qui y régnent, toutefois il y a tous les jours gens qui m'en demandent conseil de nouveau... et il y en a aussi d'autres qui ne cessent d'alléguer leurs répliques et subterfuges C(mtr^ ce que j'en ai écrit. ..» — Calvin pense donc ne pouvoir mieux faire que de publier un sermon qu'il a prêché sur ce sujet, et auquel il en ajoute trois autres qui ne laisseront, espère-t-il, aucun point indécis.

Il démontre, dans le premier, l'obligation de fuir Vidolâtrie, c'est-à-dire toute participation extérieure à un culte qu'on n'approuve pas dans son cœur. Rien, selon lui, n'est indifférent en fait de culte. Quiconque assiste à la messe approuve la messe, et, avec la messe, tout ce qui y tient, tout ce dont elle est devenue le centre. Quiconque se soumet à une des formes romaines se soumet à l'autorité qui les a établies» et renverse, par là

même, autant qu'il est en lui, Tautorité de lésus^ Christ. «Tenons, en somme, cette règle, que toutes inventions humaines, dressées contre la Parole de Dieu, sont vrais sacrilèges... Je sais combien cette rigueur semble dure et insupportable à ceux qui voudroient qu'on les maniât selon leur appétit... Que veulent-ils que j'y fasse? Je ne les ai traités, jusques ici, que trop doucement. Oue j'en parle ou que je m'en taise, nous ne laissons pas d'être tous obligés à cette loi. » Malheur donc à ceux qui « renoncent obliquement leur chrestienté ! » Malheur à ceux qui sont «tellement entortillés au monde » qu'ils ne peuvent pas, disent-ils, être jugés comme les autres! « Il n'y a ici exemption ni privilège pour grands ou pour petits, pour riches ou pauvres. Que tous donc ploient le col. Que le pauvre craigne, de peur que s'il dit : Je ne sais que faire. Dieu ne lui réponide : Je ne sais non plus que faire de toi. Que les* riches ne s'enivrent paa en leurs aises, et qu'ils apprennent à tenir pour ordure et dommage tout ce qui les détourne ou retarde de vivre chrestiennement. »

Dans le deuxième sermon, Calvin exhorte à tout souifrir plutôt que de ne pas se déclarer ouvertement pour l'Évangile. Il insiste surtout sur cette idée, souvent développée dans ses lettres aux martyrs, que la force arrive avec l'épreuve et en proportion de l'épreuve. « Un jeune homme qui a ici habité avec nous, étant pris en la ville de Tournay, fut condamné à avoir la tête tranchée s^il se dédi-

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soit, et à être brûlé vif s*il pereistoit. Quand oa lui demanda ce qu'il youloit faire, il répondit simplement : Celui qui me fera la grâce de mourir pour sou nom, me fera bien la grâce d'endurer le feu. y> Mais Calvin cite rarement ces beaux traits que l'histoire contemporaine lui eût fournis en foide ; il craint, dirait-on, de diminuer devant Dieu la gloire des martyrs en les louant devant les hommes, ou peut-être encore d'autoriser les timides à s'en remettre aux forts du soin de combattre et de vaincre. Souvent même, en le lisant, on pourrait ne pas se douter que cette génération à laquelle il prêche le courage est celle qui avait nourri et nourrissait tant de grandes âmes; on la croirait plutôt toute composée de gens faibles, trahissant ou prêts à trahir leur foi. Toujours donc, comme nous disions, le général d'armée. Dix soldats faiblissant l'affligent et l'indignent plus que ne le toucheront mille qui meurent.

Le troisième discours a pour but d'apprendre aux fidèles à apprécier le bonheur de posséder la vérité, d'être véritablement a en l'Église, » laquelle, selon Calvin, n'existe véritablement que là où est professée la vraie foi. Ceux qui n'ont eu rien à faire pour se procurer ce bonheur, vu que Dieu « est venu les visiter en leur nid, » qu'ils tremblent de s'en rendre indignes en ne l'appréciant pas. Ceux qui l'ont acheté par des sacrifices, par l'exil, qu'ils ne se figurent pas, pour cela, l'avoir payé, et, surtout; qu'ils ne se croient pas moins coupa-

btes s'ils déshonorent par leur vie cette a maison de Dieu » qu*ils sont venus habiter. Mais, de ce que Genève ou tout autre lieu de refuge n'est pas peuplé uniquement de saints, sera-t-il permis de conclure qu'autant vaut rester c< en la papauté? » Malheur à ces c< glorieux vilains » qui font fi de la liberté de servir Dieu en esprit ou en vérité ! Ne peutron pas, disent-ils, «prier Dieu à part soi?» Faut-il donc absolument a trotter à Genève? » Eh bien! qu'ils n'y viennent pas. Ils peuvent faire encore mieux : c'est de planter où ils sont, en pleine papauté, le drapeau planté à Genève. Mais ils sont trop poltrons pour cela, nos « philosophes de ca- » binet, et ils comprennent trop peu ce que vaut » le don de Dieu. » A nous de le comprendre ; à nous de le faire comprendre.

Dans le quatrième sermon, Calvin se propose de montrer « combien on doit prendre de peine pour racheter la liberté de servir Dieu purement. » Les développenjents sont ce qu'ils devaient être à cette époque, c'est-à-dire pleins de détails, de faits, de réfutations et d'exhortations spéciales, telles que pouvaient les désirer, da,ns leurs circonstances diverses, ceux qui avaient à quitter patrie et biens. Mais il veut que le sacrifice soit complet ; il n'entend pas que le chrétien exilé se croie en droit de demander des compensations terrestres, ni, encore moins, de se les faire assiœer avant de partir. Ah ! s'ils avaient « appris • et retenu cette doctrine de Hmà d'aimer mieux un petit anglet

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, au seuil du temple que les lieux les plus hauts qu'ils pourroient choisir ailleurs, ils ne se trouveroient pas si empêchés à prendre conseil. » Nous leur disons bien, nous, au nom de Dieu, ce qu'ils ont à faire ; mais ils voudraient qu'en même temps on leur assignât « état et moyen de vivre. » Dieu nous a-t-il donc faits « maltres-d'hôtel » pour leur assurer logement, et pour a leur donner, à chacun selon sa qualité, pension et gages? » Calvin sait bien ce qu'a fait et ce que fera toujours Genève pour les exilés sans pain ; il sait aussi que leur plus dévoué «maître-d'hôtel,» c'est lui. Mais, promettre quoi que ce soit, ce serait autoriser Texilé à compter sur les hommes, sur un homme ; il faut que Dieu soit et reste, pour la terre comme pour le ciel, son unique espérance, son unique salut.

Ces discours ont des pages d'une irréprochable éloquence, rachetant amplement les inégalités dont elles sont entremêlées. Ils peuvent, du reste, donner une idée assez exacte de la manière de Calvin comme prédicateur, et c'est ce qui nous a fait nous y arrêter quelques moments.

Mentionnons encore quelques ouvrages purement théologiques ou purement polémiques.

Nous ne reviendrons pas sur le livre contre Servet; mais nous trouvons :

LIYBX QUÀTRIÈia. 393

En 1650, un traité Sur T éternelle prédestination et la Providence de Dieu^ et un autre Sur la me ehrestienne.

En 1582, une nouvelle édition, retravaillée et augmentée, du premier de ces deux traités.

En 1554, une Brève réponse aux calomnies d^un certain brouillon sur la doctrine de la prédestination. Ce « certain brouillon, » c'est Castalion, et ce mot n'indique que trop le ton de l'ouvrage. Nous avons déjà dit combien Calvin se montra dur envers son ancien ami. Il ne le fut pas moins dans une seconde réponse, publiée en 1557. Quand on relit aujourd'hui telle ou telle des pages par lesquelles Castalion s'attira ces attaques, grande est la tentation de voir tous les torts chez Calvin. Castalion s'est fait l'apôtre de la tolérance; Castalion, en plein seizième siècle, a dit tout ce que dirait aujourd'hui le chrétien le plus éclairé, le plus large. Mais c'est précisément là, si on est juste, qu'on trouvera l'excuse des vivacités de Calvin; on comprendra qu'une pareille largeur ait dû lui paraître l'abandon des droits de la vérité. Ne l'estelle pas, en fait, souvent? Et si cet inconvénient, quoique moindre, à nos yeux, que ceux de l'intolérance, nous paraît cependant si grave, pouvait-il ne pas effrayer Calvin?

En 1555 parut un autre ouvrage, sa Défense de la saine et orthodoxe doctrine sur les sacrements^ leur nature^ leur efficace, etc. L'année suivante, deuxième Défense^ dirigée contre Westphal, et, en

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1857, Dernier Avertmement à ce niême Vest^al, dont les idées ultra-luthériem^es sur U Cène étaieaj. plus dignes, en effet, d'un docteur de Sorbomie que d'un théologie» de k Réforme. H y eut, là encore, de tristes oublis de charité. Ajoutons cependant que le pasteur de Hambourg ayait entamé la lutte, et, cela, dans les tenaes les plus injurieux pour l'Église de Genèye.

Calvin n'avait donc pas réussi à faire admettre en Allemagne ses idées sur la Cène; la mort de Luther avait rompu son projet d'atteindre les disciples par le maître, et, le maître mort, les disciples étaient plutôtmoins disposés encore à dévier de ses doctrines. Calvin, alors, tourna tous ses efforts du côté des Églises suisses. Nous l'avons vu, en 4840, les rassurer sur les progrès qu'on l'accusait d'avoir faits vers la doctrine luthérienne. Les mêmes craintes s'étant renouvelées en 1549, il se rendit à Zurich avec Farel et demanda une conférence aux pasteurs. Il leur montra que sa doctrine n'était point en opposition, au fond, avec celle de Zwingli, à laquelle il ne faisait qu'ajouter un élément spirituel, mystique, admis de tout ten^ps, en fiedt, par tous les zwingliens pieux, y compris très-certainement leur maître. « Christ étant la vérité même, avait dit Calvin dans son Catéchisme, il ne nous donne pas seulement, dans ce repas sacré, une figure et des promesses, mai» il nous fait participants de sa propre substmce, et nous unit avec soi en une même vie. x> Zmngli, pour

eouper court k tout daager de< i)OiiiaDi$me, d««il; fait 4ie la CèiM, en théone, \m sÛKiple mémorial de la QQoit du Sauveur; mm ee u^âaaorial, disait GalviD aux pasteurs de Zurieh, fte peurt p9â ae pas aiioir, en pratique, dans Tàme du fidèle, une àffiicacité plus intime et plus puissante. Pourquoi refuserait-on de mentionner cette union sainte que la Cène établit entre le fidèle et son Sauveur? w. On put donc rédi^r une confesâom eommune, que signèrent, plus tard, les autres Églises de la Sujisse. Ce résultat réjouit fort Calvin, et, au milieu de ses épreuves, car c'était peu de semaines après la mort de sa femme, il en remercia Dieu comme de la consolation la plus précieuse qui eût pu lui être accordée.

Nom arréteronshnous po^r jeter encore un coup d'œil SUIT la vie et les travaux de Calvin pendant cetti^ période?

Que nos lecteurs veuillent bien repasser plutôt eux-mâmes le récit que nous leur en avons ftiit, et s'ib se rappellent, en même temps, que nous avons omis beaucoup de choses, que, en particulier,* nous n'avons donné aucun détail sur les occupations du pasteur et du professeur, que, enfiia, nous n.'i^vons rien dit de sa santé, to^feurs pkis aûsé-

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rable, — ils arriveront assez aux conclusions que nous pourrions mettre ici. On pourra récapituler des fautes ; mais on s'inclinera dçyant cette activité infatigable, fabuleuse, perpétuel triomphe de lafoi sur toutes les angoisses de Tesprit et du corps.

La période suivante, comprenant aussi neuf années, nous conduira jusqu'à la mort de Calvin. Nous aurons moins de faits à raconter. Non que l'activité de Calvin se fût relâchée ; mais, déplus en plus reconnu comme centre et chef de la Réforme dans toute l'Europe occidentale, il se trouva mêlé dans une foule d'événements dont le récit serait plutôt l'histoire du siècle que la sienne. Nous nous en tiendrons donc à ce qui rentre spécialement dans celle-ci.

Nous avons vu les Libertins lui disputer Genève, et Genève, enfin, lui rester; nous aurons donc à le montrer achevant de la faire sienne, et de la former au grand' rôle qu'il aspirait à lui assurer. Ce rôle , nous avons vu que la présence de Calvin avait suffi pour le donner à l'Église de Genève, même sous les Libertins, même en ces temps où le réformateur pouvait chaque jour être chassé. L'Europe n'eut donc pas à s'apercevoir beaucoup du changement survenu dans la petite république, rendue à l'ordre et à la paix ; mais Calvin, tranquille dans sa citadelle, put d^autant mieux se livrer aux innombrables soins que tant d'Églises réclamaient de lui.

Cette tranquillité n'était, il est vrai, que relative.

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