LIVRE QUATRIÈME
mes, et, la même année, le prophète Osée ; en 89, . les douze petits prophètes ; en 61, Daniel; en 63, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, Jérémie; en 64, Josué. Plusieurs de ces Commentaires ne furent pas écrits par lui, mais recueillis dans ses leçons publiques par Charles de Jonvilliers, son secrétaire, et Jean Budé.
Tout ce que nous avons dit des Commentaires sur le Nouveau Testament, nous le dirions de ceux-ci. Simplicité, sagesse, sens pratique, vérité pas toujours trouvée, mais toujours sérieusement cherchée, et par le plus droit chemin. « Je sais, vous dira-t-il, combien plusieurs trouveroient mieux à leur goût qu'on fît un amas de beaucoup de matières, d'autant que cela a grand lustre et acquiert bruit à ceux qui le font ; mais je n'ai rien eu en plus grande recommandation que de regarder à l'édification de l'Église. Dieu, qui m'a donné ce vouloir, fasse par sa grâce que l'issue en soit telle! »
Ce c( vouloir » et ces qualités ne sont nulle part plus remarquables que dans l'ouvrage dont Calvin parlait dans ces lignes, le Commentaire sur les Psaumes. Là est l'importante préface que nous avons souvent citée, et qui renferme à peu près tout ce que nous savons, par lui, de son histoire et de sa vie intime. Habitué, comme nous l'avons vu, 'à mener de front l'étude des Saints Livres et celle de son propre cœur, l'étude des Psaumes lui fut particulièrement attrayante et fructueuse. «Si la
lecture de ces miens Commentaires, dit-il, apporte aussi grand avancement à l'Église de Dieu comme j'y ai senti de profit en mon endroit en les écrivant, je n'aurai point d'occasion de me repentir d'avoir entrepris ce labeur... J'ai accoutumé de nommer ce livre une anatomie de toutes les parties de l'âme... Le Saint-Esprit a ici pourtraît au vif toutes les douleurs, tristesses, craintes, doutes, espérances, sollicitudes, perplexités, voire les émotions confuses desquelles les esprits des hommes ont accoutumé d'être agités... Au reste, si les lecteurs viennent à sentir quelque fruit et profit de ces Commentaires, je veux bien qu'ils sachent que l'expérience que j'ai eue par les combats esquels le Seigneur m'a exercé, encore qu'elle n'ait pas été des plus grandes, m'y a toutefois grandement servi.» Il nous raconte comment l'histoire même de David lui a été une perpétuelle occasion de retours sur lui-même. Da^id, gardeur de troupeaux, puis roi d'Israël, lui est une figure des dispensations de la Providence envers lui, Calvin, parti de si bas, et devenu... Quoi? — Vous croyez peut-être qu'il va prendrcL le côté humainement glorieux de la comparaison, et voir dans la royauté de David un type de sa royauté à lui, comme chef spirituel de bien plus de chrétieiis que David n'eut de sujets? Nullement. Cette belle et haute dignité, à laquelle il bénit Dieu de l'avoir élevé, c'est tout simplement celle de «ministre et prêcheur de l'Évangile.» Il ne connaît pas de plus beau titre, et,