SURE
Cambo, le ?.9 Juin 1858.
Mon cher Théodore ,
La chaleur qui s'est déclarée et quelques pluies d'orage m'empêchent d'étendre mes promenades au delà des limites de Cambo. Aussi , au lieu de vous rendre compte de quelque nouvelle excursion, je vais vous envoyer aujourd'hui le récit de celle que je fis à une autre époque à la palombière de Sare ; puisse-t-il être de votre goût I
On nx'avait parlé comme d'une chose curieuse et digne d'intérêt de la chasse aux palombes qui a lieu toutes les années en cet endroit. Elle s'ouvre le 29 septembre, à la Saint Michel, et se ferme au l^»* novembre. Vous savez , mon cher Théodore , qu'à l'approche des premiers froids , les palombes, comme beaucoup d'autres oiseaux, cherchant des pays plus chauds , prennent leur essor vers les parties méridionales de l'Europe. Elles passent ici par bandes nombreuses. A peine leur apparition est-elle signalée , que les chasseurs se mettent en campagne et leur livrent
une gueri'e impitoyable. Pour cela ils font (f abord sur quelque arbre élevé ce iqu'ils appellent une cabane, s'y tiennent cachés une grande partie du jour, attirent, au moyen <r appeaux, les innocentes bétes a la portée de leurs fusils , et les abattent en grand nombre.
Mais ceci regarde les chasseurs ordinaires. Ce n'est pas ainsi que les choses se passent à la palombière de Sare ; la chasse s'y pratique dans des proportions plus considérables et d'une manière qui réclame de la part des chasseurs beaucoup d'intelligence et d'ensemble. Vous n'ignorez peutêtre pas que les palombes n'aiment point à s'engager dans les hautes montagnes; aussi ont-elles coutume de traverser la chaîne de nos Pyrénées dans ses parties les plus basses. Il en résulte qu'en arrivant à Sare, elles laissent à droite la montagne de la Rhune dont la cime monte fort haut, et sont amenées naturellement à suivre la direction d'Echelar, qui leur offre plus de fecilîté pour leur passage. On appelle Echelar le premier village d'Espagne que l'on trouve dans cette partie de la frontière ; ce village possède également une palombière en arrière de celle de Sare, établie absolument d'après le même système que celle-ci; j'ai poussé jusques-là ma pointe, sans autre avantage que celui de pouvoir dire que j'avais mis les pieds sur le sol espagnol.
La palombière de Sare est placée derrière une vaste clairière, par où a lieu le principal passage
de3.{>alombes. Là,. on a hissé avec des poulies quatre énormes fijets, qui sont tendus comme des voiles aux branches de cinq grands arl^res. Quelq<ie&*uos des chasseurs sont toujours proche des filets, prêts à lâcher lescordes qui les retiennent, dès que le gibier se présente ; mais en même temps ils imt soin de se mettre hors de sa vue, de peur d'effaroucher la palombe» qui est défiante et soupçonneuse de sa nature. D'autres sont pla- 4>é& à différentes distances, qui sur un chêne, qui Min la cime d'un roc; armés d'un petit bâton surmonté, d'un morceau d'étoffe blanche, ils sont chargés d'effrayer, l'oiseau et de l'obliger à se jeter dans la direction des filets. En terme de chasse, on les appelle /ropicr*; ce sont de jeunes garçons de 10 à 16 ans, qui déploient d'ordinaire dans leur fonction une habileté singulière; il leur faut un regard attentif, un coup d'oeil sûr, afin de saisir les mouvements du gibier, et le diriger vers le point voulu en agitant à propos le petit drapeau blanc dont ils sont porteurs. Enfin, sur un chêne fort élevé se tierft, dans une sorte de cage, celui qu'on appelle le capitaine de la chasse : il est l'àme de tout ; il a l'œil à tout ; il voit au loin l'oiseau qui avance, il le signale aux trapiers, il gourmande ceux-ci, s'ils manquent de vigilance, s'ils laissent le volatile s'égarer, s'ils n'exécutent pas à propos les mouvements à faire avec leur drapeau blanc. Cest lui aussi qui, au moment décisif, lance Vépci'vier, et détermine le succès.
Peut-être ignorez-vous, mon chw Théodore, ce que j'entends par ces mots : lancer Npervier. En voici Fexplication. Tout le monde sait que Tépervier est un ennemi déclaré des palombes, qui en ont une très-grande frayeur. Eh bien ! on taille pour cette chasse un morceau de bois, vxxquel on donne à peu près la forme de cet oiseau carnassier, on le revêt d'une couleur blanchâtre, et alors ce morceau de bois blanchi et grossièrement travaillé devient, entre les mains du capitaine de la chasse, une arme terrible contre les timides ramiers. Enfin, lorsqu'une compagnie de ces oiseaux est poussée vers les filets par les trapiers, et qu'elle arrive près du capitaine, celui-ci lance soudain son épervier de bois sur la troupe voyageuse; les palombes, saisies de frayeur à l'aspect du pirate des airs qu'elles croient voir fondre sur elles, baissent leur vol jusqu'à raser la terre et donnent avec violence dans les filets, qui s'abattent sur elles et les retiennent captives. Vite les chasseurs leur courent sus, les enlèvent promptement de dessous les mailles, et les jettent dans des paniers, d'où elles ne sortiront que pour périr immédiatement ou pour être vendues.
Mais si le capitaine de la chasse lance trop tôt l'épervier, les palombes, après avoir incontinent baissé leur vol, se relèvent bientôt, passent par dessus les filets, et s'enfuient à tire-d'ailes. Aussi considère-t-on les fonctions de capitaine de la chasse comme fort importantes; on ne les confie
qu'à un chasseur expérimenté.qui a déjà donné des preuves de vigilance, d'adresse et de sang-froid.
Il faut aussi que les chasseurs, chargés des ûlets, soient bien exercés à les lâcher juste à l'instant inème de Tarrivée du gibier; sans quoi, rencontrant les mailles et y trouvant delà résistance, le gibier, tantôt recule, tantôt, prenant un vol élevé, suit sa première direction. On ne saurait dire avec quelle rapidité volent les palombes qu'a effrayées l'épervier du capitaine ; elles tombent quelquefois avec une telle roideur dans les filets, qu'elles rompent les mailles , passent au travers des trous et s'enfuient loin des chasseurs désappointés.
C'est un moment fort intéressant que celui où toute une compagnie de palombes vient se jeter dans les filets. Le bruit que font leurs ailes en fendant les airs, les cris du capitaine de la chasse, la chute des filets , toutes ces pauvres bêtes se débattant sous les mailles, les chasseurs et quelquefois les spectateurs tombant sur elles comme sur une proie , tout cela ne laisse pas que d'avoir quelque chose de saisissant, et qui émeut l'àme. Il y avait à peine une demi-heure que je me trouvais sur les lieux, qu'on m'avertit de me cacher au plus vite derrière une haie de branchages : on venait de signaler l'approche d'une bande de palombes ; en effet, les filets tombèrent tout à coup et en retinrent prisonnières une vingtaine. Le coup de filet, disait-on, n'était
fm mauvais. Quelquefois il passe isoiémesii mïi àgéx ou trois ramiers : on ne les dédaigne pas pMr leur petit nombre, et on ne manque pas de ihSre égakînem pour eux le coup de filet. Il y a des jours où il paraît fort peu de palombes ; on eoRçoit que la chasse soit alors assez insipide.
Les chasseurs tiennent dans une cabane du vin d'Espagne fort épais et très-chargé en couleur, quHs appellent Nafarra. Ils noas firent la galan* terie de nous en offrir, et nous eûmes celle d'en accepter. Mais quel vin ! Il avait retenu à un degré éminent le goût de l'outre dans laquelle il fut transporté d'Espagne en France ; nous le bûmes en faisant un peu la grimace, et nous le payâmes généreusement, moyennant quoi les chasseurs restèrent enchantés de nos personnes.
Diriez-vous, mon chef Théodore, que Sare, ce village basque, lelégué à l'extrémité de la France aux pieds des Pyrénées, possède des armoiries ? Et certes, il les tient, me paraît-il, d'assez bonne souche. C'était à l'époque de la troisième de ces quatre grandes guerres, qui signalèrent le règne de Louis XiV. La lïWlande, le Brandebourg, l'Allemagne, la Savoie, l'Espagne, TAngleterre, avaient formé la coalition la plus formidable (Wt l'Europe eût été encore témoin, et la France se voyait attaquée simultanément sur toutes ses frontières.
L'Espagne, selon sa coutume, avait eu recours aux Miquelets, corps de troupes composé d'hom-
mes deim-brigaiids , demi-soldats , sans aucune discipline régulière; elle les avait échelonnés suf seis frontières du Nord, d'où ils faisaient de fréquentes incursions sur le territoire français, pfllant et saccageant tout, partout où ils se présentaient. Les habitants de Sare avaient été plus d'une fois victimes de leurs brigandages; plus d'une fois ils avaient vu leur pays envahi, rançonné par ces redoutables bandes de Miquelets; et, déjà réduits presque à la misère, ils sentaient qu'ils ne pouvaient tarder d'être complètement ruinés. Désolés des maux qu'ils ont à souffrir, ils se décident à faire parvenir leurs plaintes à la cour, et à lui demander secours et protection. Mais, à cette époque^ que pouvaient en leur faveur les ministres du Roi? Obligée de soutenir une lutte terrible contre l'Europe entière, épuisée d'hommes et d'argent, la France avait assez à faire ailleurs ; évidemment elle était impuissante à secourir les malheureux habitants de Sare.
Ceux-ci comprirent qu'ils n'avaient rien à espérer de ce côté. Dans cette extrémité, ils prennent une résolution courageuse, presque téméraire ; voyant qu'ils ne peuvent compter que sur euxmêmes, ils se déterminent à se lever tous en armes et à fafre expier de leurs propres mains aux Miquelets leurs pillages et leurs rapines. Les bandits s'étaient cantonnés en grand nombre dans le village espagnol de Vera, d'où ils avaient la facilité de se porter à l'improviste tantôt sur
un point, tantôt sur un autre du territoire français. Les habitants de Sare, qui faisaient surveiller leurs mouvements, apprennent qu'ils se disposent à fondre de nouveau sur leur pays, afin de le mettre encore à contribution. A cette nouvelle, hommes et femmes, animés de la même ardeur, veulent marcher au combat ; ils s'arment à la hâte de fusils, de sabres, de faux , de fourches, de tout ce qui leur tombe sous la main, et courent s'embusquer au milieu d'une forêt, dans la gorge de Vera. Bientôt ils voient paraître les MiquelelSj qui, étant accoutumés à ne rencontrer de résistance nulle part, s'avancent sans aucune précaution : ils se laissent dépasser de quelques pas; puis tout à coup, à un signal convenu, ils se lancent sur eux comme un ouragan, les enfoncent, les culbutent, égorgent les uns, dispersent les autres, et remportent une victoire complète. Les vainqueurs s'emparent des armes et des bagages de leurs ennemis ; ils les emportent en triomphe et les déposent comme un trophée dans la Maison Commune de Sare, où ils sont restés jusqu'à la Révolution Française comme une preuve permanente de ce glorieux fait d'armes.
Le chef des Miquelets avait péri dans le combat : son corps fut transporté à Sare, et y reçut les honneurs de la sépulture. J'ai visité sa pierre tumulaire, qui est placée à l'entréade la petite porte de l'église ; malheureusement l'inscription qu'on y grava, effacée par la main du temps, est illisible aujourd'hui.
Voici les armoiries de Sare, elles me paraissent aussi belles que bien méritées :
Au milieu d'un écu une cuirasse à l'antique couvrant tout le corps, surmontée d'un casque; trois fleurs de lys, l'une au bas de la cuirasse, les deux autres au haut de l'écu sur les deux côtés du casque; l'écu lui-même orné des trophées de la victoire, savoir : d'un tambour, d'une bannière, d'un gros bâton, d'une pique et d'une hallebarde. Ces armoiries ont figuré sur la porte de la Maison Commune jusqu'en 93. Alors elles furent brisées, et la place qu'elles occupaient fut badigeonnée. Ce n'est qu'en 1844, lorsqu'on a restauré la Maison Commune et reconstruit le mur de la façade, que l'on a retrouvé la pierre sur laquelle elles avaient été gravées ; au-dessous de cette pierre on en avait placé une autre que l'on a conservée à la Mairie, et sur laquelle j'ai recueilli l'inscription suivante, que je vous transmets sans rien changer à l'orthographe :
Séwart balhorearen eta leyaltassimarm Saria émana Luis XIV, 1693.
Traduction :
Récompense du courage et de la fidélité, donnée à Sare par Louis XIV, 1693.
Si le courage guerrier parait être naturel aux habitants de Sare, je pense, mon cher Théodore, que le courage moral ne leur est pas moins famillier;du moins en ont-ils beaucoup montré pendant la Révolution Française. En effet, dès qu'ils virent
(|u'on Voulait mettre à exécution parmi eux la Conslilution civile du clergé^ ils s'y opposèrent avec énergie ; ils refosèrent de recevoir le eacé intrus, et il fallut qu'un Commissaire -du gdavtEa*»nement, frère de ce curé, vint procéder (à S(«i installation, accompagné dç la ilbrce armée. Mais aussi dès lors ils eurent mille vexations à subir; on mit des soldats en garnison dans leurs maisons, on les saisit, on les amena violen^nent dans l'église pour les faire assister à des cêrémo»nies sacrilèges ; plusieurs d'entr'eux furent jetés en prison, et, lorsque la municipalité adressa des réclamations aux représentants du peuple Pinet et Cavaignac sur ces actes d'un arbitraire révcrftant, pour toute réponse la commune de Salre fut déclarée infâme avec celles d' Itsasou et d'Ascain par un arrêté du 4 Ventôse, an II , 22 Février 1794, et, de plus, tous les habitants furent soumis à l'internat, c'est-à-dire, condamnés à être enlevés de leurs domiciles et conduits dans les départements intérieurs , à une distance de 20 lieues au moins des frontières.
11 faudrait vous écrire un volume, mon cher Théodore, pour vous dire toutes les souffrances que ces infortunés eurent à endurer, et le courage dont ils firent preuve dans ces déplorables circonstances. Mais je dois me borner, de peur de vous fatiguer par un trop long récit. Je ne peux toutefois m'empêcher de vous citer un trait de grandeur d'âme et de vertu, qui me sem-
ble d'autaat plus beau, qu'il appartient à une simple jeune lUle du peuple.
lie& hâbitaDts deSare, privés de kurs prètrea, sereudaient quelquefois secrètement dans les villages espagnols des environs pour accomplii* leurs devoç^s religieux. C'était» on le conçoit, à cette époque un crime tellement grand, qu*oi^ ne pouvait l'expier qu'en portant sa tète sur réobafeud , cotmme si une messe, une confession avait mis en danger la patrie entière. Or, une jeune 6Ue de Sare, nommée Magdeleine liarralde, çtait partie un jour pour Ëchelar, daus le but , e^te aussi, de satisfaire sa dévotion. Une fois son pieux devoir rempli, elle reprend le chemin de son viUsige , comptant arriver sans encombre dans sa maison à travers des sentiers à elle connus. Malheureusement, dans l'intervalle les troupes françaises avaient fait un mouvement en «avajDt pour entrer sur les terres d'Espagne; et voilà que la jeuqe fille tombe dans les avant-postes de l'armée : on la saisit, on la traite d'espion, on la conduit devant l'oiBcier français qui coounandait en c^ endroit. Celm-ci la questionne, et Magdelei^e répond sans balancer qu'elle revient de se copfesser à Echelar : c'était son arrêt de mort qu'elle avait prononcé ; elle le savait, l'oflacier le savait aussi. Ce dernier cependant, touché de sa jeunes£)e et de se9 nobles sentiments, veut trouver un moyen de la sauver, et l'engage à dire qu^elle a pris la fuite vers l'Espagne, poussée par la frayeur
que lui avaient causée les mouvements de Tar-* mée. Mais il a beau la presser, la solliciter; la jeune fille déclare que la loi de Dieu lui interdit le mensonge, et qu'elle aime m^ux perdre la vie que de la conserver par un si triste moyen. Magdeleine Larralde fut donc retenue prisonnière, conduite à St-Jean-de-Luz, jugée et condamnée à périr par la guillotine. La cruelle et inique sentence des juges ne fit pas fléchir le cœur de la jeune fille ; la vue même de Féchafaudne lui inspira aucune frayeur ; on la vit sur la place de St- Jean-de-Luz marcher au supplice avec un admirable courage en chantant le Salve Regma, et, lorsque sa tète tomba sous le couteau sanglant , plusieurs des spectateurs versaient des larmes, et l'on disait dans la foule qu'une vierge, une martyre venait de monter au ciel.
J'ai visité l'église de Sare qui est grande, mais dont l'architecture n'a rien de bien remarquable. On voit dans le chœur les tombeaux des deux Axular, oncle et neveu, dont l'un succéda à l'autre dans la cure de Sare. L'oncle, Pierre d'Axular, qui mourut en 1644, est auteur d'un livre basque, intitulé Gueroco guerOy dans lequel il a répandu une prodigieuse érudition.
On trouve dans cette église trois bons tableaux qui avaient été donnés par le duc d'Orléans, aïeul de Philippe-Égalité, à M. Daguerre, supérieur du Séminaire de Larressore. Ces tableaux furent vendus à vil prix pendant la Révolution à unhom-
me du peuple, nommé Jean Egosqué-Etchebe3te, de qui M. IHthurbide, maire de Sare, en fit Tacquisition dans la crainte qu'ils ne vinssent à s'égarer ou à se détruire. Mais lorsqu'il fut question de les enlever, voilà qu'il se forme un attroupement de femmes, à la tète duquel marche le maire de Larressore, pour empêcher qu'on ne les emporte. De là réclamation et pétition, qui tournèrent au prof» de l'église de Sare, à qui M. Dithurbide,dans des temps meilleurs, céda les tableaux^
J'ai pris copie d'une lettre écrite à cette occasion par ce Jean Egosqué-Etchebeste; je vous l'envoie, mon cher Théodore, comme pièce curieuse, en conservant religieusement l'orthographe de l'auteur :
« De Bayonne, le 23 Novembre, vieux estillé.
« Monsieur Dithurbide,
« Je présenté la pétition devent le sous préfet « au sujets de tablaux que je vous ai vendu, le « sous préfet à dont écrit au maire Delârres- « sore qui donne ses ressens De l'oppossion quil « à fait avec un attroupement de fammes contre
* le tablaux que je vous ai vendu.
« Le sous préfet il aten la réponse Du dit « maire pour dessider la chosse comme il sera « juste. Sytot que je serois autorissé par le sous « préfet pour délibérer le dit tablaux je vous
• avertiré sens aucun retart.
« Je suis votre serviteur.
« Signé — Jn Egosqué-Etchebeste. »
Je comptais ne pas quitter ces lieux sans avoir visité la lombe du comte Alfred de Stolberg,, qui mourut à Sare le 9 Novembre 1834. Mais c'est en vain que je la cherchai près du porche de l'église où elle avmt été placée ; eHe n'existait déjà plus, et ii me fut impossible d'en retrouver une seule pierre. Je ne pusm'empécher d'en gémûr en moiifiéme tout en déplorant l'acte de vandalisme qui l'avait détruite. Je me réserve dep vous parler dans une prochaine lettre de ce jeune seignew, si distingué par sa naissance et son esprit, qui vint ainsi mourir misérablement loin de sa patrie et de tous les siens.
Je teriniiie par quelques mots sur le docteur Jean d'Etcheberry, natif de Sare. Il fut médecin attitré de la ville d'Ascoïtia, et composa différents ouvrages. Le P. Larramendi parle avec éloges de son dictionnaire quadrilingue, Basque, Espagnol, Français et Latin. Il déclare même avec simplicité que cet ouvrage ne lui a pas été inutile pour ia composition de son grand dictionnaire. Du reste, le docteur Jean d'Etcheberry était un homme fort savant et profondémait religieux, comme ses livres en font foi.
Adieu, cher Théodore, je vous suis toujours également dévoué de cœur.
Jules.