I.K SATRA DU ROI CIIKA-I.Y
dez-Iui de me laisser distribuer encore aujourd'hui des aumAnes et dites-lui que je quitterai aprèsdemain le royaume.
C'était le quatorzième jour de la deuxième quinzaine.
Le jeune prince donna Tordre de préparer les effets qu'il voulait donner en aumônes, et le lendemain qui était un thnay Soc% 15" jour do la deuxième quinzaine du mois do Pisack, s'étant levé de très bonne heure, s'ôtant baigné et ayant mangé, il (commença des le matin à distribuer dos aumônes. Ayant encore accompli cette bonne œuvre dans la journée du thnay Sau* qui était le premier jour du mois de Chès*,Préa-Vésanda-Chéa-Ly * se rendit avec sa femme, son Pils le jeune Chéa-Ly , et sa fille néang Kang-Ha, au palais du roi Préa-bat-Srey-Sanh-Chey , son père, afin de le saluer, ainsi que sa mère, et d'obtenir l'autorisation d'aller se faire bonze sur une montagne nommée Kyry* et d'y élever leur maison.
* Soc, nom He U planète V^nii^.
* Sauy nom dn l«i planôtn Saturne.
' Du sanncnt Djtfàichtha^ le tminiènie moi»|de Tannée indocambodgienne.
' Vrêsaniarn-Jdii.
* Jo trouve nn p<»« plan ba» K>/ry-Vongkot. — C'f«l le mot sanM!rit-p4li giri^ montagne. Ottc montagne est nommée Vankagiri • montagne crochue », par les textes pâlis. — Léon Fbkr.
6 LâaENDBS BOUDDHIQUES
Le pèreot la mère de Chéa-Ly, voyant que leurs enfants étaient venus les saluer, ne purent demeurer devant eux sans pleurer sur le sort malheureux qui les attendait.
Chéa-Ly et les siens ayant salué le roi et la reine reprirent la route de leur palais, préparèrent tout pour le départ très rapidement, et enfin s'acheminèrent vers le nord-ouest du royaume.
En ce temps-là, il y avait quatre préam^ qui se mirent à leur poursuite pour leur demander en aumùne les chevaux attelés aux voitures qui les portaient. Le roi exilé leur donna ses chevaux/ et la nouvelle de ce bienfait monta jusqu'aux oreilles de Préa-En\ Alors Préa-En envoya un Tévobot* avec Tordre de se transformer en animaux pour que le roi charitable pût atteler ses voitures et continuer sa route.
Peu de temps après, quatre autres mendiants survinrent et demandèrent au roi qu'il leur fit l'aumône de ses voitures. Le roi dit à sa femme :
— Nous irons à pied, car il faut que je donne encore mes voitures.
Ayant donné ses voitures aux préam mendiants.
* Brahmanes.
* Indra.
'Anges du paradis d'Indra, — Teoohoi, du pAli Deta dieu, tiputia^ flls; deoapuUa, « fils de Dieu». Cette expression est très employée dans les textes pâlis. — Léon Fker.
LE SATRA DU ROI CHÊA-LT 7
le roi exilé prit Chéa-Ly sur son dos et néang Métry porta sa fille Kang-Ha sur sa hanche. Étant parvenus dans le royaume du roi de Chet-Taréas\ ils se reposèrent une nuit dans une sala*, et le lendemain matin, qui était le 2* jour du mois de Chès, et un thnay Atut, ils furent saluer le roi de Chet-Taréas, et lui dirent :
— Roi> nous vous remercions de Thospitalité que vous nous avez donnée dans votre sala, et nou s venons vous saluer, car nous allons partir.
S'étant mis en route, ils traversèrent une forêt et arrivèrent à la montagne de Kyry-Vongkot, où le roi exilé avait résolu de se livrer aux pratiques de Tascétisme dans une sala que le Préa-Veèssakam ' avait fait élever pour y loger la famille royale. Voulant faire encore une fois l'aumône, Chèa-Ly donna sa femme et ses deux enfants aux brahmanes men* diants, afin d'obtenir un jour d'être un Bouddha \
* Probablement AAccA4/ra,royaanieqai était litoé à Tooest franc de œlai de Pâryâtra. La Tille de Sanjaya est appelée en pâli Jetuttara,
* Salle de repos, carayansérail .
* Un des noms de VIsvaoarma, en pâli VUtakamo^ Tange architecte dn paradis d*Indra.
* Les faits raconti^ dans ce paragraphe sont â quelques dé* Uils près, cenx qui composent le Jâtaka 547, le dernier de tons.— Léon Pâaiu
Mais laissons cette histoire pour le moment et racontons riiistoire de Chu-Choc ou Chu-Choc- Préam'.
Le père de Chu-Choc s'api>elait Kôléac-Préam * et sa mère se nommait Préam-Ney '; on connaissait son oncle maternel sous le nom de Kous-Préam et sa tante sous cxîlui do Achércy-Préam-Ney • ; le frère de son père port'iit le nom de Koyol-Préam, et sa
* Ce personnage est le brahmane Jùjaka du Jaiaka pâli. — D'après les Jaiaka pâli, c'est à oe vieux brahmane et non à quatre brahmanes qae Vessantara appelé ici Chêa-Ly (Jàli) donne en aumdne ses denx enfants, Chéa~Ly (Jàli) et Kang-ha (Kanha-Jina). C'est oe Chu-Choc (Jtg'aka) qui leur inflige les mauvais traitements auxquels il est fait allusion aux paragraphes IV et qui font l'objet d'un autre récit cambodgien qui fait pleurer ceux qui Ten tendent. Je donnerai plus tard ce récit.
* Le mot Préatn me parait loi le mot indiquant la caste dea brahmanes à laquelle appartenait toute cette famille. Les ln«1ou8 disent « le brahmane » et • la brahmine».
' Ce mot ne peut être le nom de la mère de Chu- Choc, il est le mot brahmine (femme brahmane) altéré. Le nom de cette femme que n'a point conservé notre texte devait précéder le nom de la caste à laquelle elle appartenait.
* Acherey-Prèani'Netj^ hoari-brahmane.
LE SATRA DU ROI GIIÉA-LY 9
femme celui de néang Kyry-Préam-Ney. Toute cette famille de préam habitait le royaume do Péaren- Nosey ' .
Le père de Chu-Choc étant devenu vieux, sa femme Chanty-Préam-Ney devint enceinte et accoucha le dixième mois de sa grossesse d'un enfant mAle auquel on donna le nom de Chu-Choc ; cette naissance eut lieu un thnay Sau * le 9^ jour de la deuxième quinzaine du mois de. ... de l'année Khôl ' vers sept heures du soir.
Chu-Choc, ayant grandi et son pcro et sa mère étant morts, s'en fut habiter avec son grand-oncle. C'est chez ce grand-oncle qu'il se maria.
Lorsque co grand-oncio mourut, la maison devint la propriété du jeune froro du défunt et Chu-Choc demeura avec son petit-oncle.
Vers cotte époque, un grand incendie détruisit beaucoup do maisons du royaume de Paréan-Nosey .
l^ maison que Chu-('hoc habitait fut détruite et sa femme périt dans les flammes.
Chu-Choc, 80 trouvant veuf, qtiitta le royaume de
* BdninaFt, aujotird'liai D^narèn. On trouve plun loin la leçon t*an:att'\n^vff. (''eut do ce royaanif^, si on en croît la tradition rrciieillio par l)oudart do I^gr^, que seraient venus les ChhvéaPrAam qui s'établirent au Cambodge on ne sait au juste k quelle époque (Voy. Krploradonn et Missions de Dottifarf ./#• Lagr^e, 1883, p. io).
* Jour de Saturne, le samedi.
* Année du Tigre
10 LÉGKNDBS BOUDDHIQUES
Parean-Nosey et alla habiter avec un ami le royaume de Kleng-Kréas*. Comme il était devenu vieux, il alla tous les jours demander l'aumône et put ainsi amasser 100 taôls d'or * qu'il confia à un préam, son ami', puis il partit.
Le préam ami de Chu-Choc était riche^ mais peu de temps après que Chu-Choc lui eut confié son or, il perdit ses biens et fut ruiné. Alors, un jour, il dit à sa femme :
— Puisque nous sommes dans le besoin et que Chu- Choc nous a confié 100 taôls d'or, nous pouvons les employer. Quand il reviendra nous les demander, nous trouverons certainement le moyen de les lui rendre.
Et il dépensa les 100 taôls d'or. Quand Chu- Choc revint, il réclama son or, mais comme on ne pouvait le lui rendre, le mari et la femme, après s'être concertés, lui donnèrent leur fille Amitthi-Da* en mariage, sous la condition qu'il ne leur réclamerait pas les 100 taôls d'or qu'ils lui devaient.
Chu-Choc partit et emmena sa femme dans un
* Kalinga, nom cambodgien d'un peuplede l'Inde méridionale, le plus bavard des peuples, me dit un lettré.
* Le taôl d'or équivaut à 37 grammes 50 d'or.
' Un peu plus loin nous trouvons que oe préam portait le nom de Kol-En-Préam (sommet d'Indra brahmane) et que sa femme se nommait néang Mony-Préam-Ney.
* En p&li AmiiUUà.
LE SATRA DU ROI CHÊA-LY 11
pays nommé Tol-Vit-Krem (?), qui n'est pas très éloif^nodu royaume de Kleng-Krécos.
I^ pftre do Amit-tlii-Da, la femme de Chu-Choc, s'appelait Kol-En-Préain et sa femme portait le nom de néang Mony-Préam-Ney .
Le roi quircVgnait dans le pays de Tol-Vit-Krem se nommait Préam-Léa-Banol-Kéach et sa femme était néang Mantéa-Mony-Tévy .
Ce roi demanda un jour à ses gens :
— Comment se fait-il que la jolie Bile Amit-thi- Da soit devenue l'épouse de Chu-Choc qui est laid et très vieux ?
On lui répondit :
C'est parce que, dans une existence précédente, cotte jolie Klle a cueilli une fleur de lotus et l'a oITcrte flétrie au Bouddha alors qu'il faisait déjà nuit, qu'une autre fois, elle a cueilli une fleur de lotus très bollo et l'a oITerte do très grand matin au Bouddha*. Aussi, ajouta-t-on,elle a aujourd'hui un homme vieux et laid ; mais après la mort de Chu- Choc, elle retournera chez ses parents et y trouvera un mari jeune qui porlcra le nom de Ilem- Préam.
C'est pour cela qu'il ne faut jamais prendre des fleurs qui sont déjà flétries ()our les présenter au Bouddha. Si celui qui commet la faute est un
* I^ Bouddha qui a procédé GauUma.
homme, il aura une vieille femme comme épouse, si celle qui commet la faute est une femme, elle aura pour mari un vieux homme comme Chu-Choc.
Revenons, maintenant que nous avons raconté rhistoire de Chu-Choc et de sa jeune femme, à l'histoire du roi charitable.
Chéa-Ly donna ses enfants aux mendiants un thnay Pout* et le lendemain, qui était le premier jour de la deuxième quinzaine du mois de ^ Méac-Asô * de Tannée Uoka il leur donna aussi sa
^^ femme'.
Les préam mendiants qui avaient reçu en aumône la femme et les enfants de Chéa-Ly, les emmenèrent chez eux et les gardèrent. Environ deux ans après, un jour de Tannée Kor (année du Cochon), le matin d'un thnay Pout du mois de MéacAsé, ils firent la rencontre* du grand-père des enfants, le roi Préa
* Jour de Mercure, mercredi.
* Neuvième muis Je l'année camtxKigienne et indoue. Du sanscrit Manjasucha.
' I^ Jaiaka pAU dit que le roi charitable donna sa femme à Indra, qui avait pris la forme d'un brahmane mendiant. C'est aussi la leçon que donne un nksit qui m'a «Mo verbalement fait au Cambodge.
* La Jaiaka pâli parle ainsi de cette rencontre: le brah-
LE SATRA DU ROI CHÊA-LY 13
bat-srey-Sanh-Chey, qui les acheta ainsi que leur
mère*.
Alors, le roi père envoya à son fils Chéa-Ly une troupe de gens et chargea un envoyé de l'inviter à revenir dans son royaume. Chéa-Ly tardant à venir, son père, sa mère, sa femme et ses enfants se mirent en route et furent le rejoindre sur la montagne de Kyry- Vongkot. Cotte réunion do la famille royale sur la montagne eut lieu un matin d'un thnay Pout du mois de Bos* de Tannée Kor\ et le
roane (Cho-Choeoa Jûjaka) qai maltraitait les deux enfants, voyant que deax decoB^ qui avaient pris la forme et la flgure de leurs père et mère, étaient venus à leur sooours, décida de les conduire au roi, leur grand-père. Celui-ci avait eu on songe pendant la nuit et les astrologues lui avaient expliqué ces songes en disant que deux enfants viendraient chex lui et qu'il en serait très heureux. Le brahmane et les deux enfants étant ▼enus k lui quelques instants après, le roi apprit que les enfants étaient son 61s et sa petite fille. Il Ht de riches présents au brahmane afin de l'amener à lui laisser le prince et la princesse, et lui fit servir de nombreux mets. Le brahmane ayant mangi*avec cxass mourut daim la nuit, et cette mort lit rentrer le grand-père en possesnion de ses petits-enfantM.
* IsJniaha pâli enseigne que Indra ayant éprouvé le roi charitable et reçu sa femme en aumône, la lui rendit immédiatement. I«a leçon cambodgienne dit ac contraire que les brahmanes mendiants qui la reçurent en aumône la gardèrent vi qu'elle fut rachetée avec ses enfants par leur grand père.
* Le dixième mois de l'année indoue et cambodgienne. Du sanscrit Paucha.
' Année do Cochon.
lendemain, les six membres de la famille royale reprirent la route qui conduisait à leur capitale. Escortés d'une grande suite, ils firent peu de temps après leur entrée dans leur royaume de Pichey- Chet*. Le roi Préa-bat-srey-Sanh-Chey abdiqua le pouvoir comme il avait déjà fait une fois et fit couronner son fils. Les habitants du royaume se montrèrent très satisfaits de tout cela, demeurèrent tranquilles, et le roi charitable ne cessa jamais de distribuer des aumônes*.
Cinq ans après, l'ancien roi, Préa-bat-srey-Sanli- Chey, qui était très vieux, tomba gravement malade. La maladie le prit un thnay Préa-Hos du mois de Kadek * de Tannée Momé * mais il vécut encore environ six mois, puisqu'il ne mourut que Tannée suivante, un matin du thnay Atut du mois de Pisack de Tannée Pôk* Alors il s*on alla dans le royaume de Dosset* avec le Préa-En.
* Srey-Phyréas.
* Dans le Jaiaka p&li, étani rentré dana sa capitale avec sa femme, après le temps d'épreaves passé dans la forêt, Ves santara y retrouve ses enfants. C'est ainsi que se termine lo récit p&ii. Tout ce qui suit ici parait étranger au p&li officiel du y^essanlar a- Jaiaka, — Léon Febr.
' Huitième mois de l'année indoue et cambodgienne. Du sanscrit Kartika,
* Année de la Chèvre.
* Année du Singe.
* Le paradis d'Indra, la Tusita, le quatrième des six paradis Kamma où la forme et les passions subsistent.
LE SATRA DU ROI CHÉA-LY 15
La reine mère fut très affectée de la mort de son mari et demeura dans une grande tristesse jusqu'à sa mort qui arriva Tannée suivante, un tbnay Ang- Kéar*, le quinzième jour de la première quinzaine du mois de Tannée Roka*. Elle fut alors rejoindre au royaume de Dosset, le roi son mari dont elle demeura la femme aimée.
Au cours de Tannée Pok, un thnay Préa-IIos. le quatorzième jour de la première quinzaine du mois de Pisack, un superbe éléphant [blanc] mourut au palais et le roi Chéa-Ly mourut le lendemain qui était un thnay Soc à minuit. 11 monta au Ciel à son tour et renaquit dans le corps d'un Tévobot.
Sa femme Préa-Métry-Tévi, qui mourut quelques jours après lui, un thnay Sau, le huitième jour de la deuxième quinzaine du mois de Pisack, monta aussi au ciel et rejoignit son mari.
Le jeune i)rin<Mî Chca-Ly cl sa s(imr néang Kanglla, assistés do tous leurs mandarins, célébrèrent une grande fôte et brûlèrent le corps du roi et celui de sa femme.
* Un mardi; Amjkeai, nom de la planète Mare.
* Ann^ de la Poule.
* Année du Singe.
* V(*ndredi, nom de la planète Vénus.
Parlons maintenant d'un autre roi et d'un autre royaume :
Ce roi, qui s'appelait Préa-Bat-Tévolong-ka, étant mort sans garçon ni fille pour lui succéder sur le trône, et son cadavre ayant été brûlé en grande cérémonie par les mandarins devant toute la population, un grand conseil siégea dans le palais pendant sept jours. On y reconnut que quand une famille royale est éteinte dans un royaume^ l'usage est de s'adresser à la famille royale d'un autre royaume pour avoir un roi, comme cela a lieu chez les abeilles ; quand la Khmoum-Thom, la grande abeille*, a disparu, les petites abeilles vont en chercher unonutre, l'amènent chez elles, puis la nourrissent.
Alors un vieil Hora* prit la parole et dit :
— Nous allons prendre des chevaux et atteler lu voiture ; les chevaux, en prenant d'eux-môme une route, nous indiqueront dans (|uelle direction il convient d'aller chercher un roi puissant qui deviendra notre roi.
' * La reine.
* HorUf astrologue, du pâli HoraputaLo qui a le même •ens.
LK SATRA DU ROI CIIKA-LY 17
Tous ceux qui étaient présents à ce conseil accep- U'rent la proposition du vieil Ilora et décidèrent i|Uon consulterait immédiatement les chevaux.
I^ voiture fut attelée avec des chevaux puis abandonnée sans cocher devant la porte du pahiis; la première journée, les chevaux rentrèrent au palais. \j\ seconde journée, les chevaux entraînèrent la voiture dîuis la direction du royaume de Chet-Tada V
Alors les Ilonis et les dignitsiire-s se rassemblèrent <le nouveau en conseil, alin de décider ensemble à ipiel prince du Chot-Tada il convenait d'oltrir la couronne du royaume de T(».volong-ka. On décida de choisir un prince au(piel son |>4M'oet sa mère auraient fait épouser sa sœur. « C'est à celui-là, fut-il dit, qu'il convient d offrir le pouvoir suprême. » Et cette décision fut prise parce <|ue l<\s lloras déclarèrent que les calcids au\(|uels ils s'étaient livrés avaient indi(|Ué celte condition expresse.
— C'est vrai, dirent tous les dignitaires, puisque la voiture a toujours pris la direction du Krongl*ichpv-Chet-Tada ' : deux ftiis. trois foison a retourné la voiture et toujours h*s chevaux Tout entraînée dans la même direction. Or. justement, il y a dans ce
* Srri/' / Viijri'n n .
• Srrif l'hifi'vaa^ dont le nom coinpb't |xiratt-«*tte Krong ( ro Y n 11 11 u* ) Pif h rtf - Ch ci-1 attn -Strtf- 1* h rn i* , c* Vst à -d i re en lâli (,>! Pàry;'i(rn r/rr-/v?.H/rn, aiijoiinriiiii Hii-ftt, dans 1*1 nde du Noid.
A. Lr« Làas. Lttt. camboilg. t
royaume de Pichey-Chet-Tada deux enfants qui sont orphelins ; Talné, le garçon porte le nom de Chéa-Ly , et la nile sa sœur est nommée noang Kaug-Ila. Ce sont les enfants du roi charitable Prca-bat-srey Vissandft qui fut exilé. Ils sont aussi charitables que Tétaient leurs parents.
Tout étant bien convenu, les dignitaires rassemblèrent les troupes et partirent pour le pays qu'habitaient le jeune prince et la jeune })rincessc auxquels il avait été décidé que le trône serait offert.
Ils marchaient depuis sept longues journées, et ils n'étaient point arrivés; le pays des princes était si éloigné du royaume de Tévolong-ka qu'il y avait encore de longs jours de marche à faire. Heureusement pour eux, pour le prince Chéa-Ly et pour la princesse Kang-IIa, TAnirem-Entréa^ roi des Tévodas*, envoya sur terre un Tévoda, avec la mission de raccourcir la route que les délégués et l'armée avaient encore à suivre.
Cela permit aux dignitaires et aux troupes d'arriver rapidement dans le pays qu'habitaient ceux qu'ils venaient chercher.
Les chefs purent présenter leurs hommages & Chéa-Ly, et ce prince leur demanda :
— D'où venez-vous, et quel pîiys est le vôtre?
* En pâli restitué Amaro-lndra^ dieu Indra.
* En jiàli riistitué f/rrcita, angus.
LK SATRA DU ROI CIÎÉA-LY 19
Les dignitaires répondirent :
— Prince, nous sommes venus de très loin ; notre royaume porte le nom de Tévolong-ka,
— Que venez-vous faire ici? répliqua le jeunç prince.
— Nous venons vous demander de vouloir bien être notre roi.
— lié! mais qu'est donc devenu votre roi, et pourquoi m'invitez-vous ainsi :ï aller régner dans votre royaume?
— Notre roi est mort sans laisser derrière lui un enfant ]>our lui succéder sur le trône, répondirent les envoyés. Alors les grands dignitaires se sont rassemblés et ils nous ont envoyé vous inviter à venir régner dans notre royaume. Mais ils exigent cpin le prince qui montera sur le trône preinie sa propre .scieur pour femme. Aucun prince qui n'est le mari de sa scpur ne pourra rcgnersurnotre royaume*. Or, nous n'avons vu aucun autre prince qui ait une sipur en ftge d'être c|K)usée comme vous avez en ce moment votre jeune siijur.
Le prince Cliéa-Ly accepta la couronne que lui offraient les dignitaires du royaume de Tévolong-ka, puis il dit à sa sœur :
* Voy. dans me» Recherches nur le Droit public deê Cam-
bofffjiens (pp. .19 et su i vanter) oc que j'ai dit du droit dVpoa-
lier leiini nœun dont jouissent aujourd'hui lc8 rois do Tlndo- Chine aryenne.
30 LtoRNDES BOUDDHIQUES
— Ma sœur, les habitants de Tévolong-ka sont venus nous prier de régner dans leur pays, mais ils disent que, pour régner dans leur royaume, il faut que le prince qui doit régner prenne pour femme sa propre sœur, la première, c'est-à-dire sa scnur de père et more.
Lai jeune tille ayant écouté les paroles que son frère lui ni|)portait, et sachant bien cpiel était le désir du prince, répondit:
— Mou frère, si vous désirez monter sur le trône du royaume de Tévolong-ka, et si vous voulez prendre votre SiKur pour première épouse, j'y consens. Je me plie à votre désir avec une grande joie, parce que je vous aime dans mon cœur.
L'Amren-Entréa, ayant appris que le prince et la princesse acceptaient de se marier ensemble et d'aller régner dans le royaume de; Tévolong-ka, dit a son épouse :
— Puisque les deux orphelins du roi charitable ont consenti à cette union, il nous faut les aider dans leur voyage.
Et il donna l'ordre au Préa-Vissakam* d'aller préparer et raccourcir la route (|ue devaient suivre le jeune couple et sa suite nombreuse.
En outre, un tévobot, le nommé Kuot-Kuot, se transforma en un simple voyageur ])arcourant les
* En |>àli restitué, Vissâhamtêto, l'arcliUi'ctu du paradis d*ludra.
I,K SATRA nu ROI CIIKA-LY 21
l>ois et les forêts. Sous cette transformation il fi la rencontre du cortôpo roy.il. demandai voir Chéa- Ly et lui fit présent du magnifique éléphant blanc qu'il montait. Cette mission remplie, le tévobot retourna au ciel et le prince donna à son éléphant blanc le nom de Chanh-Yéa-Néak-Kôn-Koch-Sa* comme si cet éléphant était Téléphant de son père qui éUiit mort un jour avant son maître.
Les troupes qui étaient venues de Tévolong-ka et la population du (Jhcy-Cliet-Tanoko*, quand elles surent que le roi avait accepté d aller régner dans le royaume de Tévolong-ka, préparèrent tout ce qui était nécessaire pour accompagner le jeune roi; chaque muk-nghéa' dut fournir 300,000 homiiies.
Los hommes venus de Tévolong-ka étaient au nombre d'environ 18 millions. Si nombreuse était la population des deux royaumes qu'on ne put jamais s«ivoir le nombre des hommes.
Quand tout fut préparé, les dignitaires furent trouver le jeune prince et lui diront :
— I-uong*, nous souunos prêts à partir.
^'héa-Ly et la princ<îsso Kang-Ila, ayant on elTot vu que tout était prêt pour le départ, sortirent de leur palais et le prinoe ordomui de frappor les
* h'och('hva-Sn, /*l('*plianl, mot a qui ngurenl rncom dans le titre du mandarin des él<^phantA a IMinom-Pnnh.
' NouH avons Irtiuvr pluR haut Vivhrtj-('hrl-Tadn. ' Mandarin, nohio, fouda(air<».
• Itoi.
gongs afin de donner le signal de la mise en route.
Chéa-Ly monki sur l'élépliant blanc et néang Kang-Ha dans une voiture qui portait le nom de Ros-RotS et tout s'ébranla dans la direction du royaume de Tévolong-ka.
Le bruit de cette marche uiontA jusqu'au ciel et Préa-En-Cosey ', sa femme srey Sacli-Da* et toutes leurs suites descendirent sur la terre pour accompagner le jeune roi.
Les tévobots sur la route se transformaient en ch&teaux magnifiques afm que toute cette immense foule pût reposer la nuit.
D'autres tévobots et des tévodas, étant descendus du ciel dans le royaume de Tévolong-ka, se joignirent aux habitants pour construire le palais splendido qu'on voulait remettre au roi en le couronnant.
Le palais était construit et préparé, quand la troupe amena dans le royaume le roi et su S(i3ur. Les femmes du ciel, c'est- à -dire les néang srey Sîich-Da ainsi que les femmes Tcvokaqua* se rangèrent der-
* Ros(f); roi, en pâli restitué ra//in, char; en cambodgien, rotetf, voiture, char.
* Kn p&li restitué Para (tit» grand) ; Indra- Kosii/o. — Kosii/o^ est un des noms d*Indra. Il est quelquefois employé 3eul pour désigner le dieu du ciel« mats le plus souvent len Cambodgiens le joignent au mot Indra.
* ShoC'Chèda, femmes célestes.
' Peut-être Déea-Kanya^ flUe de Dieu.
LR SATRA DU ROI CIlftA-I.Y 23
rière la princesse Kang-lia; le Soindach-Amneum * et les autres tévobots et tévodas se mirent à la suite du prince Chéa-Ly .
Lorsque le prince et la princesse eurent pris possession du palais, le Hora indiqua le jour favorable à la cérémonie de l'investiture du nouveau roi.
Ce jour-là étant venu, devant tout le monde, la cérémonie eut lieu au milieu de Tentliousiasme génénil; il y eut dos amusements do toute sorle, et même des dansoui*s Kobani-Hom*, des théâtres chinois et des théâtres annamites'.
Alors le prince Chéa-Ly toucha la main de la princesse sa sœur, et celle-ci serra tendrement les doigts du prince en signe de leur union.
Le jeiuie roi prit le nom de Préa-Chau-Chéa-Ly- Kouma* et la princesse ICang-IIa celui de Préa-Ak- Mché-Sey-Tepy-Than\
* Indra.
* fîohatn r»l iiti titre qui ne donne encore aux chefs deii dan HO uni mv.iux au CanU)0(l^. Rnm^ ilannc*
'«...de» tliéA trp.« cil inoiff et annamite* cni une* adjonction cambodf^tonne aHnun'inent, car, bien que le texte [A\'i de toute ce tu» partie n*ait pa.^ encore ctt* trouvé, il eut bien cortain qu'il ne peut parler dv» IhéAtrea chinois et annaniitos que \v% IndirnH ne connaissaient guèit*.
* Para (pâli), tr^» haut; rhau (camlNidg.), chef; Jnii^ nom propre en |)Ali; Konmnrn (pÂli), jeune prince.
* Ak en pAli renliluA rAn, première; Sfvhc Srtf, litre de la prelni^re femme d'un loi ; T**/»//, en pAli restitué Drrt ; Than, lieu, et par extension, royaume.
Le nouveau roi et bu fcinmesetrouvèrent investis d'une si grande puissance et d'une si grande autorité que celle des tévodas ne pouvait pas se comparer à la leur, parce qu'ils étaient d'une bonté magnifique.
La cérémonie du couronnement dura trois mois, depuis le mois Dos jusqu'au mois Chct, et après la cérémonie^ tous ceux qui y avaient assisté vinrent saluer le roi et la reine avant de retourner dans leur pays.
Le jeune roi et sa fomme, suivant les saisons, habitaient des palais didércnts.
Néang Kang-Ha un peu plus tard devint enceinte et mit au monde un garçon auquel on donna le nom de Chau-Sy-Héac-Kouma.
Il y avait alors au palais une très belle servante. Le roi la vit et la trouva si jolie qu'il l'aima.
Oubliantque lorsqu'il habitait le royaume de Chot- Tada, quand les dignitiiiros venus de Tévolong-ka lui avaient offert la couronne, il était allé consulter sa sœur, au sujet de la condition ipise h son couronnement; oubliant que sa s(eur avait consenti à devenir sa femme sous la condition c|u'il ne prendrait pas dans l'avenir une autre femme sans son consentement à elle, et qu'il avait accepté cette condition et pris l'engagement formel de ne jamais la contrarier à ce sujet, le roi Chca-Ly s'approcha de la belle servante et lui proposa de passer la nuit îivec elle. La servante accéda au désir du prince et se donna à lui.
Or, il arriva <|ue la reine (|ui, dans cette même