I-E SATKA DU ROI CHÉA-LY
nuit, avait quitté sa couche pour rejoindre son mari» apprit que le roi s'était épris d'amour pour la servante et reposait près d'elle.
La jalousie envahit tout son cœur et, très malheureuse, des paroles de colère s'échappèrent de ses lèvres quand elle revit son mari :
— lié! mon mari, dit-elle, c'est donc ainsi que vous tenez la promesse que vous m'avez faite au commencement ; vous venez de manquer à vos engagements. Cela est-il bien?
I/s roi (liôa-Ly, qui nimait la belle servante, ne répondit pas un mot aux reproches que sa femme lui faisait devant toutes les femmes de la cour; il paraissait honteux, mais, pendant la nuit, pris de colère, il se leva et fut la frapper devant toutes ses femmes. I^i pauvre reine, honteuse d'avoir été frappée par son mari devant les femmes de sa suite, pleura beaucoup dans celle nuit. I^ malin elle ditau roi qu'elle était honteuse d*avoir été frappée à cause «rune servante, puis elle se mit encore à lui p«irler des promesses qu'il lui avait faites autrefois :
— lié! mon frère, pour un amour mauvais votre C4Rur s*esté)^aré. Ne vous sou veniez- vous donc plus de Tamour que vous avez eu pour Kang-llaqui avait un c<rur plein d*ainour pour vous : pour Kang-IIa qu'on a refusée aux autres princes de |)eur que ces princes n*aieiil pas assez damour p(»ur elle? Aujourd'hui que vous avez votre sinur pour fenune. qu'elle cstdeveinie la reine de votre royaume, que tout le
monde sait qu'elle est la bien-aimée duroiChéa-Ly, vous la frappez publiquement devant les autres femmes. Cela me fait perdre tout mon bonheur. S'il s'agissait d'autres gens que nous, on pourrait dire : a Voilà une femme qui a eu le malheur de prendre comme mari cet homme-Ui. » Mais, que peut-on dire de nous, quand on sait que le mari est le propre frère de sa femme, que je suis votre sœur et votre épouse? Vous êtes sans pitié pour Kang-Ha et vous la couvrez de confusion. Vous avez donc oublié que nous étions deux orphelins lorsque nous avons quitté la montagne de Kyry-Vongkol? Nous étions seuls, vous, mon frère, et moi votre sœur. En ce lemps~là, pourquoi m'aimiez-vous et pourquoi ne faisiez-vous jamais rien qui pût me déplaire? Vous disiez alors : « Que ne suis-je venu au monde dans le corps d'une femme ! » et vous ne vous mettiez jamais en colère contre moi. Oh! si vous avez oublié ce temps-là, je n'ai plus rien à dire. Mais si vous ne l'avez pas oublié, vous devez vous rappeler que lorsque notre jière nous a donnés en «aumône aux mendiants, lespréiun* nous ont attaché les mains ensemble et qu'ils m'ont une fois battue à me tuer. Pourquoi en ce temps aviezvous le ciiîur bon pour moi et pleuriez-vous à cause de votre scimu? Pourquoi, (|uaiHl vous vîtes le préam prendre le bâton et le lever pour m'en frapper, lour-