‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 15 sur 46 · Les brahmanes · texte numérisé non relu

Les brahmanes

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nàtes-vous votre dos vers lui et reçùles-vous les coups qu'il me destinait? Il me semble que vous aviez alors de l'amour pour votre sœur, et moi, pour reconnaître votre bienfait, je suis devenue votre femme. Voici maintenant que vous me considérez comme ne valant plus rien, ])arcc ({u'une autre femme a pris ma place dans votre cinur. Ah ! si j'avais commis des fautes, une, deux ou quatre fois, j'admettrais que je fusse punie selon mes fautes, mais, parcxî que je me suis plainte une fois, voilJi que vous me f.iilx^s toute la miscrc que vous pouvez. Mon frère, au moins, ayez pitié et pensez que je suis votre propre s(Dur. Quand notre père et notre mère moururent, je crus que vous les remplaceriez près de moi, et je vous aimai beaucoup dans mon cœur, et voilà, maintenant que vous aimez une autre fommc, voilà (|ue vous me traitez durement, vous me frappez devant toutes mes fenmies réunies. Enfin, puisque j*ai commencé de parler, il me faut continuer jusqu'au bout. Il vous paralttrèsbiendo frapper votre sœur qui est votre épouse pour montrer à I autre femme que vous avez de l'amour pour elle. Pour quelque faute que ce soit, vous ne devez pas me frapper, parce quiî je vous ai considéré comme mon père à la mort de notre père. De plus, vous avez reru ses instructions, alors qu*il attribuait sa dernière heure ; il vous a rer.ommandé de le remplacer près de moi. de prendre soin de moi et de ne jamais rien faire pour me chngriner, et |>en-

dant longtemps vous avez bien agi. Si maintenant vous ne m'aimez plus, vous n'avez qu'à me dire : « Kang-Ha, je ne veux plus que vous soyez mon épouse, et h partir d'aujourd'hui vous serez mon esclave; » et j'accepterai, je me plierai a votre désir. Quand un frère et une sœur no sont pas d'îiccord, on s'appelle en particulier cton convient de ce qu'il faut faire pour assurer la paix entre eux. On ne frappe pas publiquement une sœur qui est aussi une épouse parce qu'on aime une autre femme. Donnez-moi maintenant vos instructions ; si je no les observe pas, alors vous me traiterez comme bon vous semblera; je ne me plaindrai pas parce que j'aurai tort.

Elle pleurait et gémissait en disant ces dernières paroles k son frère, et elle se jurait à part elle de n'être plus, ni dans l'avenir ni dans un autre monde, une épouse pour son frère. Puis elle retourna à son habitation.

A partir de celle nuit de larmes et de reproches, les deux époux vécurent séparés.

1.4^ royaume «le Tévolong-ka. depuis que le roi Chèa-Ly est monté sur le trône, est demourc très trnnr|uill(;; les populations y sont très heureuses; le roi a fait une grande sala où il fuit distribuer chcique

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jour pour 400,000 taêls d'or d'aumônes, soit en argent, soit en nature.

Le roi Chéa-Ly mourut un thnay Ang-Këar\ le quinzième jour de la première quinzaine du mois de Fisack de l'annéeThAsV 11 avait vécu 30.000 ans. 11 monta au ciel etrenaquit dans le corps d'un tévobot, qui liabitc dans un cli&teau d or* à une hauteur de douze yucli * au-ihvssus de la tone, uù il jouit de tous les biens du ciel.

Après la mort de son frère et mari, Kang-IIa demeura veuve pendant cincj amiôes et, très forle encore, elle s'occupait de faire distribuer de nombreuses aumônes. Elle mourut en Tannée ^'ok^ un thnay Chan* qui se trouvait être le quinzième jour de la première quinzaine du mois de Kadec\ A cause des bienfaits qu'elle avait acxîomplis, elle monta au ciel après sa mort et renaquit en leplliida*, dans un château d'or, ê>;alement à douze lieues de hauteur oii elle jouit de tous les biens du ciel.

On ne sait pas si au cii»l» après leur mort, les deux

* Un jour de Mare (mardi).

* AnnOo du Lièvre.

* Une r*toUe.

* Kn |Kili restitué Yojcuia^ environ 16 kilotn^trc]|.

* Ann(^)du Singe.

* Jour do la l.unc (lundi).

* Huitième moin de laïuK^: on \\^\\ n*fi(itu^ Kt'triiha,

* Femme du ciel, apsura^ tU'rmthUù,

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époux se sont rencontrés ; les livres pâlis ne le disent pas.

Ils disent seulement qu'après la mort de Chéa-Ly, son fils Chau-Si-Héac-Kouma monta sur le trône de son père et qu'il incinéra les cadavres de ses parents conformément à la coutume ancienne.

Plus tard, le roi Chau-Si-Héac-Kouma eut un garçon et lui donna le nom de Chau-Norëac-Sy- Héac-Kouma. Ce fils lui succéda et, depuis lors, dans le royaume de Tévolong-ka, les fils ont toujours succédé à leur père.

Cette famille fournit à ce royaume IGO.OOO rois, puis il y eut un autre roi qui portait le nom de Préal>at-maha-Te|>-Técliey-Scn-H6ach . Ce roi eut deux fils: Tatné se nommait Chey-Sen et le second Chau- Tep-Kouma.

Lors(|ue Talné eut atteint Tàgo de seize ans, le roi son père envoya un préam demander pour son fils la main de la fille du roi du royaume de Kohellaphos*. Ce prince accepta et Préa-bat-maha-Tep- Téchey-Sen-Ucach partit avec son lils Cliey-Seu et une grande suite pour aller célébrer le mariage dans le royaume de Kobellaphos. Cette fête terminée, le roi.

* Probabiement Kapiiavastu où Doaddha serait né à la dernière de a&a incarnations. Kapilavastu ou viUedo Kapila est sitiiùe dans Tlnde centrale, aa pied des montagnes du Népal, et au nord de i*Inde actuelle; elle était autrefois la capitale d'un royaume auquel elle donnait son nom.

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Kiissaiit son fils avec son beau-pore ol sa belle-mère dans le royaume de Kobellaplios, revint au pays de Tévolong-ka.

Le prince Chey-Sen était marié depuis un an, lorsque le roi son beau-përe vint a mourir, liprépàra la cérémonie de Tincinoration et fit brôler le cadavre du prince décédé. La cérémonie terminée, les dignitaires et les habitants du royaume do Kobcllaplios lui oITrircnt d'être leur roi et de succédera son beaupère. Le jeune prince accepta, et pou de temps après sa femmo devint encx^inte; elle ac^^oucha dans le dixième mois d'un garçon qui reçut le nom de Cliau- Sv-Iiéac-Mô-Kouma .

I^rs(pril eut atteint un certain &ge, son père abdi- (|ua le |N>uvoir suprême et lui remit la couronne au milieu d'une {)ompe sans pareille.

Cliau-Sy- 1 Iéac-M(VKouma' , le nouveau roi, eut cinq enfants, trois princes et deux princesses. Le premier prince reçut le nom de Srey-Son-Tlioch-No-Kouma, le deuxième celui de Koch-Nù-Koumaet le troisième (ut nommé Am-Mitta-Tlian-Kouma. La première des deux filles fut nonmiéo Amit-Kéa-Koumarey\ et la seconde reçut le nom de Baly-Kéa-Koumarey.

* F!:i pftU restitué. hounuXra^ jeune prince, jeune gargon.

• Kn iiAli rwtilué houmart, jeune prîn(îeM.se, jeune fllle.

Revenons maintenant h Préa-bat-maha-Tep- Techey-Sen, roi du royaume de Tévolong-ka, que nousavons(|uitté pour su ivre son fils etson petit fils.

Longtemps après avoir marié son fils atné à la fille du roi de Kobellaplios, il abdiqua le pouvoir et remit la couronne à son second fils (^liau Tep-Kouma.

Ce jeune roi eut un fils peu de tempsaprès son élévation au trône et lui donna le nom de Chau-Chuméa-Tep-Kouma. A la mort de son père, ce dernier prince fut choisi par les habitants du royaume pour lui succéder.

Le roi Chau-Chuméa-Tep-Kouma eut une fille très jolie qui porUiit le nom de nôang Srcy-maha-Môayëa-Léac\ A Tâgc de seize ans elle était devenue si jolie qu'il n'y avait pas une seule fille qu'on pût lui comparer. Le satra du prince Chéa-Ly ne dit pas si cette princesse fut couronnée; il ne parle que de sa beauté suprême. Heureusement d'autres satras nous parlent d'elle.

Le roi de Tévolong-ka désirant plus tard trans-

* Il 8*agit ici de MayadevI, môrc de Siddliftrta, le dernier bouddha. Son nom que donne le texte cambodgien doit 6tre ainiii ritiftilué: Cvif'inàhd-Mùijâ-LiXhaanu (Lnisunut en pAli Lah/ihatid)^ c'esl-à-dire «qui a le signe de la grande magie».

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mettre sa rouroniio à son lils aînë. Chau-Srev-Son- Thocli-No-Kouina, lit appeler les huit grands prêam qui étaient les Ilora et qui savaient consult^^r le ciel et eaUniIer :

— Préam, leur dit-il, vous allez immédiatement vous rendre dans les royaumes voisins et vous y rliorriiorr/ une prinrossp digne de devenir Tépouse de mon (ils.

Les huit grands pn^am ay.int reçu cet ordre partirent inunédialement pour rexôculor. Ils avniont parcouru tous les royaumes, petits et grands, sans avoir pu découvrir une princesse (|ui convint au prince Chau-Srey-Son-Tlioch-No-Kouma et sedésesp<îraient, lorscpie en traversant le royaume du roi Chumca-Tep-Kouma qui est moins grand que le royiiume do TcWoIong-ka. ils entendirent beaucoup lonor la l)caut4î suprême de la princess(^ Préa-Srey- Moha-Mcayéa-Léac. Croyant alors avoir trouvé ce cprils cherchaient, les huit prëams en furent trouver le roi Préa-Bat-Chau-Clunnca-Tep-lîëach et lui dedércnt |Kmr le fils du roi de Tcvolong-ka la main de la princ4*sse sa lille.

I^ roi ()hau-ChumcaTep-Réa<»li accepta cette alliance et fi.xa le jour et Theure du mariage.

I>*s huit prêam rctourncrent prcs du roi de Tévolong-ka ot lui rendireni compte de la mission dont il les avait chargés.

I^s deux rois ayanttout préparé pour laccrëmonie du mariage, réunirent leurs deux familles, et le jour

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convenu, le roi père, sa femme et son fils, arrivèrent dans le royaume de Kobellaplios avec ime grande suite de gens. Le mariage ét<int conclu, les deux époux se présentèrent au peuple, et le roi de Kobellaplios remit la couronne à son gendre peu de temps après.

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