‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 25 sur 46 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

L'ÉTUDIANT TISSAB-MOC

Il y avait uno fois quatro joiinas liommes qui étaient voiius du Malm-Nokor\ un pays qui ost situé au nord-ouest du n^^t^^ pour se perfectionner dans IcMirart. Lun étudiait lastrolo^^ie. Tautro apprenait à tirer de larr, le troisième étudiait les formules à l'aide desrpielles on prépare Teau lustrale, et le dernier cliereliait les moyens de ressusciter les morts'.

* Ijn irr.inci rovAumo, probable» mont le ParMn-Nourtf ilo^ Omhodgien^, Ihiuara^i i\on InHoiiH. H<»iiar^. — Voy. pliin loin le nom ou pltiti oxactoninni le titre inromplotdii roi du Maha* Nokor.

* M. AymoniiT a fl<'*jA piihliô <*n .tti(ogr.iphi<* un« lo^on li«;iucoup nioitiM (lrvft|op|N'od(* et* conliMlanii la premiArc partie, Lt*^ Anriftt^ ntitmn Lhinrru^ de «••« Trjrtrti khmrrê (Saigon, 1878, p. 41, ni. 175). (yVtu> lin^on donne au prri(e<t«iour don quatre jonnoti gi*iiii le nom de brahmane Ditapa-Moukha et la

A. LRi'i.fcm, Lift. camh*Hltj. \\

Quand ils eurent terminé leurs études, ils saluèrent leurs professeurs et se mirent en route pour regagner ensemble leur pays.

Or, un soir qu'ils étaient las d'avoir marché toute la journée, ils s'arrêtèrent au bord de la mer pour y passer la nuit. Le lendemain, l'astrologue, ayant eu un songe pendant qu'il dormait, s'adressa à ses trois compagnons et leur dit qu'un Krout* qui avait enlevé la fille de Préa-Noscy \ le roi du Moha-Nokor, allait, dans un instant venir se reposer à l'endroit même de la côte où ils se trouvaient.

Les quatre jeunes hommes résolurent alors de sauver la princesse. Ils se cachèrent le mieux qu'ils purent dans une touffe de broussailles, afin de guetter le Krout qui devait bientôt paraître portant la princesse dans ses puissantes serres d'oiseau de proie.

Ils venaient à peine do disparaître derrière les branches et les feuilles des buissons que le Krout ap-

ville deTakuila (Taxila) pour résidence. — I«6 troisième étudiant, au lieu d'apprendre à consacitîr l'eau lustrale comme il eat dit dans le texte dont Je donne ici la traduction, a appris «l'art de plonger et de marcher sur les eaux». — i.e Krout de notre texte, dans la traduction de M. Aymonier devient un aigle. J'ajouterai que ce texte indique formellement que lu princesse sauvée par les quatre jeunes hommes était la a 111 le du roi de Pai^an-Nosey (Hénarès) ».

*' Garotida, oiseau monstre de la mythologie indienne.

* Tititi incomplet, prolialilenient t*rcfi-l*iutri'ftn'No.H'i/'rca' ckèuy très grand radja (ou raya) de liénarès.

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panit portant la princesse qu'il avait enlevée, ainsi que Tavail annonce l'astrologue. Comme il cherchait avec ses grands yeux verts un point du rivage où se poser, celui des jeunes gens qui avait appris à tirer de l'arc, mit une (lèche bien aiguisée sur son arme tendue et l'envoya au terrible oisctiu. Le Krout se sentant gravement blesse, laissa tomber la princesse dans la mer et s*enfuit <^ tire d'aile.

L'étudiant qui avait appris à consacrer Teau lustrale pronon^*a les paroles mystérieuses qu'il avait apprises, se jeta immédiatement à la mer, et se dirigea en nageant vers l'endroit où la princesse venait de disparaître; il plongea et la i*amena h terre près de ses trois compagnons. Comme elle avait perdu la vie, l'étudiant qui avait appris a ressusciter les morts, se pencha sur la jeune fîUe, prononça les paroles magiques qu'il fallait dire et In ressuscita.

(/hacun des (piatre jeunes hommes avait ainsi fait son devoir et tiré avantage des choses qu'il avait apprises. Ils avaient agi de concert chacun dcins son art |NJur sauver la princesse, mais maintenant qu'elln (*lait la, devant eux, les remerriant, ils se mirent à se dispul<M* :i son sujet. Chacun deux la voulait prendre pour épouse, et prétendait que le service (pi'il avait rendu à la princesse était beaucoup plus grand <|ue l(*s servi<'es re.ndus par les trois autres. No parvenant pi)int à s'entendre et nul d'entre eux ne voulant réder ce qu'il appelait ses droits, aliandoun(*r ses pr(''t4'ntions à la main de la prin-

cesse, il s'en furent simultanément soumettre leur différend aux juges, et déposèrent cliacun une plainte. Les juges ayant examiné l'affaire avec soin étaient très embarrassés pour rendre leur verdict,car ils ne pouvaient découvrir celui d'entre les quatre jeunes gens qui avait rendu a la princesse le plus grand service; ils pensaient dans leur cœur que tous les quatre l'avaient sauvée. Ne sachant comment juger, ils portèrent l'affaire au roi et le prièrent de décider à leur place, parce que. di.saient-ils, ils n'osaient se prononcer. Le roi, ayant entendu les quatre jeunes hommes raconter les choses qu'ils avaient faites au grand avantigo de la princesse, réfléchit un instant et rendit le verdict suivant':

— L'astrologue sera professeur de la princesse, parce qu'il a enseigné h ses trois compagnons qu'elle avait été enlevée; l'archer sera considéré comme son père, parce (|u*il l'a défendue; cnlui qui l'a r<»ssuscitée sera considéré comme sa mère, parce qu'il lui a rendu la vie, et celui qui s'est jeté à la mer pour l'arracher aux flots c|ui l'engloutissaient, qui l'a par conséquent prise dans ses bras comme un époux prend son épouse, sera son mari.

En outre, quand re dernier, ayant épousé lu

* I^ le<;on donnée par M. Aynionici' fait ainsi commencer le verdict du roi : <( Tous bienfatteuis de la princesse, vous êtes dignes d'éloges. L'asti-ologue... »

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nUe du roi, montera sur le trône, il se souviendra dans son cieur dos secours donnés à la princesse par SCS anciens compagnons, et il les entretiendra parce que tous les trois ont droit à sa reconnaissance. Le nom de cet heureux étudiant est Tissab-Moc.

Ce Jugement est dit Sotès tang manang, c'est-àdire rendu conformément a la « marche dans la voie droite ».

Sotc, — C^ conte a Uni d'analogie avec celai qui porte le n* III qae je le considèit» comme une autre version dudit conte (qui est le deuxième des 25 conten sanskrits du Vètdla)^ mais combinée avec le conte 5 du môme recueil (4 de la version iamoulc). — Léon Fbcr.

Ce conto nous apprend deux choses : tout d*abord que, dans rinde ancienne, Thomme qui sauvait une fllle en danger de mort, fût-elle princesse, avait droit à sa main; ensuite que le gendre d*un roi, en épousant une prinoesse, acquérait des droits au trAne.

Plusieurs autres contes nous ont déjà montré des gendres qui ne sont pas de sang royal succédant A leur beaa-père.

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