‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 40 sur 46 · I.K SATIIA DE PKKA-SANG-SÈI.-CIIEY · texte numérisé non relu

I.K SATIIA DE PKKA-SANG-SÈI.-CIIEY

divinités du ciel; mon neveu est vraiment, petit, mais personne sur la terre et dans le ciel ne l'égale en valeur, ne peut lui (^tre comparé; il est vraiment jeune et petit, mais sa valeur et sa puissance surpassent les vôtres et cellesdes habiUuits du ciel. C'est puurcpioi je vous prie do retourner en votre demeure et de ne pas lutter contre mon neveu. Je vous demande humblement la permission de partir pour mon pays; ans.sit<*»t (pie j'aurai revu mon frère, je reviendrai près de vous.

1/» roi des «géants, ay;ml entendu la demande cpie lui adressait son épouse, entra dans une violente colère et. s adressant à la reine, lui dit:

— () toi. qui veux m'abandonner. qui veux partir en ton pays, qui es devenue mon ennemie mortelle, tu oses me parler ainsi. Tu veux me faire croire que tu es ilemeurée une épouse PhIMc et dévouée à son mari et (|ue tu es rest4»e bonne et vertueuse. Puisrjue tu ne m'aimes plus, tu ne penses à moi que parce que tu as auprès de toi t«)n neveu cpii est aussi i>etit que mon pouce et que je vais tuer de ma main tout ti riieure. Tu me dis de retourner en notre demeure, je mourrai sur ce champ de bataille plutôt cpie de me dévJioiioriM' en fnvanl connue un lâche devant ton neveu et devant loi.

I/^ roi des géants ayant achevé de parler, l*réa- Sa!ig-Sè|-('lH»y, s*adn*sNant à lui, lui «lit:

- - Ne vous irriU*z pas rontie la reine, elle ne vous a pas <»ubli<'». elle pense toujotus à vous, car c'est &

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cause de moi et parce que je l'ai voulu qu'elle est venue jusqu'ici. Faites donc ce qu'elle vient de vous conseiller: retournez en votre palais, car, je vous assure, si vous restez ici, si vous voulez lutter avec moi, vous n'échapperez pas à la mort.

Ces paroles irritèrent encore davantage le roi des géants. Les yeux rouges et étincelants de fureur, il

répondit en ces termes :

— Jamais je ne retournerai couvert de honte en mon palais royal. Toutes les divinités du ciel riraient de moi. Elles se moqueraient de moi et diraient que je n'ai aucune puissance puisque j'ai laissé sous mes propres yeux enlever mon épouse. Mais, en vériUî, si tu es le neveu de ma femme, pourquoi n'agis-tu pas conformément aux coutumes, pourquoi viens-tu chez moi, sous prétexte que tu es puissant, violer les coutumes anciennes et voler mon épouse ?

La reine ayant entendu son époux, lui répondit:

— O roi, ne doutez pas que celui-ci soit mon neveu; il est vraiment et certainement mon propre neveu. Je vous dis la vérité, je ne vous fais aucun mensonge. Je vous on prie, retournez en votre palais.

Quand le roi des géants entendit ces paroles, sa colère et sa fureur augmentèrent encore. Aloi^ s'élançant avec son éléphant énorme au travers des yak nombreux qui se trouvaient entre son adversaire et lui, il arriva au premier rang, et se trouva face h face avec le Préa-Sang-Sél-Chey. Sa marche pré-

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cipitée soulevait des bruits de tonnerre. Il saisit son arme chac^ et la lança vers le prince ; cette arme transformée en de nombreux liens tournait autour du prince pour rattacher. Sang-Sôl-Chcy saisit son glaive sacré et le lança contre les liens nombreux qui Tenlacaient; ce glaive transforme eu de nombreuses armes tranchantes coupèrent en mille morceaux les liens du roi des géants et tuèrent un si grand nombre des guerriers yaksa que lu panique se mit dans leurs rangs et que ceux qui n'avaient pas été tués s'enfuirent dans la forci voisine cl s*y cachèrent saisis de frayeur.

Voyant les guerriers yaksa reculer et s'enfuir péle-méle dans la forêt, et des milliers de guerriers succomber sous les coups de Frca-Sang-Sêl-Chey, le roi des géants saisit son arc et le banda; la Oëche qu'il lança avec cet arc se transforma en nombreux dnigons qui remplirent les airs et qui s'emparèrent des lames tranchantes du Préa-Sang-Sôl-Cliey. Le prince, les voyant ainsi faire, prit son arc merveilleux et le banda; la (lèche qu'il lança avec son arc se transforma inunédiatement en de nombreux krouth* qui. se jetant sur les dragons du roi des g('*ants. les chassèrent du champ de bataille.

* RnchanUe.

* (UmudaM. oi!M>auz iiiylhol()gi(|Ucii vivipares d*aprè« Jet CamiKKigicns.

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Pendant co temps, le Réacli-Chéa-Sey bousculait les yaksa, les écrasait et mordait avec sa gueule rouge armée de terribles dents le Kocb-Chen-Mékbala, Télcphant du roi des géants.

La terre était toute rouge du sang des yaksa que le Kéach-Ch(3ii-Sey avait lues et du sang de ceux qui avaient succombé sous les armes du prince Sang- Sél-Chey.

Le roi des géants, voyant que de nombreux guerriers avaient succombé et que ceux qui restaient n'osaient plus lutter contre son ennemi, entra dans une violente fureur et saisissant son arme chac avec sa main énorme, il la lança dans les airs. Cette arme fut subitement transformée en flammes (|ui montaient jusqu'au paradis habité par les anges. Le prince demeura calme et sans frayeur aucune en présence de ce feu divin produit par l'arme du Kâmpang, il fut sans inquiétude, et bandant son arc encore une fois, il lança dans les nuages sa (lèche merveilleuse. Cette flèche immédiatement se transforma en une pluie si abondante que le feu du géant fut éteint en <|nol(]ues instants. Ceci fait, il lança contre l'armée des yaksa qui se réorganisait son glaive enchanté, et cette arme merveilleuse, en roulant au travei^s des airs, acheva de tuer tous les yaksa qui avaient échappé aux coups précédents.

Le KAmpang, à la vue des torrents d'eau qui venaient éteindre les flammes qu'il avait provoquées.

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ot dos milliers de yaksa moris (jui couvraient le rliarii]) de bataille, entra dans une violenta fureur. Il saisit son an*> ot le ba?ida. La flrcho (|no<*etarc lan(;a se transTornia aussitôt en un vent si fort ((u'il oniportîi les eaux que la llôclio de Sang-S«M-('liey avait produites, ('elui-ci, très puissant et très glorieux, saisit son arc merveilleux, le banda et lança au roi dos yaksa une fliVlie qui l'atlcignit en plein rorps.

Le Kànipan^i: sentant la Hrelie cpii s'enfonçait dans sa poiliine. la saisit averses «leux niaitis, Tarraclia de sa eliairot s'enfuit dans la uionta<^ne non pour s*y rarlier. mais pour s'y transformer im palais nia<^'nili<pi(»s, inrriwtôs d'or etd'arg^Mit, brillants et splendidrs ronnno b>s palais qui sont dans les eieux la <lo!n<»ure drs Tévodas', puis il se transforma en bayadri os divinrs qui, dans ces palais mcrveilIcMix, dansaient ot jouaimtdo viu;^l instiuments de nuisiquo, nu biiMi clianlaiout a\rc des M»i\ m<'*lodi(Miscs cpii ravissaient les sens. Lo roi des ;,'èants axait ima<^iué ee slrataLrêuie afin de vainero San;x S«*l ^'liey. qtTil eti\n\a in\iter â la fête qui se dmitiail en ces palais et que i\o< danseuses et des eliaiileiises flevaient

enjiNri'.

Le Prea Sau«x-Sè| t'Iiev. avant entendu l'enNoxè du n» lilie des palais delà nionlau'ue, se dispns:iil à

' Kii |mIi r«*iiiiii»' />»T#i/«», miK''*** 'ti**»^

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le suivre pour admirer les danseuses et pour écouter la musique divine (jui devait s'y faire entendre, lorscjue sa tante nôang Kéo-Kessa-So Montêa Tavertit qu'il avait alTaire à une nouvelle invention du Kâmpang.

— Il a pris, disait-elle, la forme d'un palais plein de danseuses et de musiciennes divines pour vous faire tomber dans un piège. Prenez votre arcethandez~le, et vous découvrirez le stratagème <lu roi des géants.

Sang-Sôl-Cliey, ayant écouté les paroles de sa tante îivec soin, songeait.

— Prenez une llùclie en votre carquois, disait l'auguste tante, mettez-la sur votre arc divin et décocliez-la sur le palais du roi des géants, plein de danseuses et de chanteuses, et vous déjouerez le stratagème du Kâmpang.

Sang-Sél-Cliey suivit le conseil de sa tante, et la tièche avait à peine quitté son arc (|ue le palais merveilleux avait disparu avec toutes les jolies femmes qu'il contenait.

Le Kiimpang avait fui jus(|ue dans le paradis des dieux. S'adressant alors aux divinités du ciel, il leur dit:

— Eh! vous autres, voulez-vous me dire cpiel est le nom que porte la mère du petit prince des hommes?

Les anges, ayant entendu cette demande du Kâm* pang, lui répondirent:

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— La mcro du Prca-Sang-Sôl-Cbey so nomme Botum-môîi-Tévi \

Lo K&mpaug, conuaissant lo nom do la inëre de Saiig-Sôl-Clicy, créa iminêdiatomeut de lui-inciue une femme ressemblaul à Botum-môa-Tôvi et, la prenant dans SCS bras, il la porta devant le prince des liommo.s.

— Kli ! jeune bomme, dit-il à Sang-Sêl-Cbey, il est inulilo do Intimer davantage contre moi ; rrganle C4^tte fcMunic, cllcost ta mère; redoute ma valeur et ma coirro. Des anj^os me l'ont livnv» il n'y a «lu'un instant. Si tu continuas de lutter contre moi, IViine et la vie decetto femme vont de suite, parmoi-nicme. être livrées aux vents, car je vais I V«<or^er de cello main.

Prôa-Sang-S6l-('bey, à ces paroles du roi des fK'éanls. tressaillit; il re<^arda la femme cpie le yak avait dans les bnis et il reconnut sa propro mère. Il ilevint d'une grande tristesse et ne songeait plus à combattre. Dos larmes coulaiont de sosdeux beaux \on\ sur SOS b(*llos joues et il s'attendrissait sur son au^Hsto uiôro.

I/intrôpido Ur»acli ( !lir»a-Soy .voyant le I*n»a-Sang- Srl-Oioy qui \ersait <los larmes nondironsoH, lui dit atin do Ut consoler:

— t) mon maître, oonso|e/-vous. no pleurez pas, prenez votre jirc et bandc*/-lo. puis tiécocliez une

A. Lvx I t.fiF, i,tff ramhtmhf |9

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flèche au roi des géants, parce que j'ai peine à croire que la femme qu'il tient dans ses bras soit véritablement votre auguste mère. C'est là un nouveau stratagème du roi des géants. Songez bien k ce fait que le roi des géants peut, sans abandonner sa forme, prendre la forme qu'il veut prendre.

Le Préa-Sang-Sôl-Chey ayant entendu les paroles du Réach-Chéa-Sey, fut consolé; il tressaillit, ne pleura plus, et saisissant son arc merveilleux, il y plaça une flèche, puis ayant visé la femme que le Kâmpang tenait entre ses bras, il lâcha la corde de l'arc. Il avait à peine lancé sa flèche que la belle femme avait disparu et qu'il ne restait plus que le roi des yaksa. Mais celui-ci, ayant reçu la flèche en pleine poitrine, gisait k terre et s'y débattait pendant que son éléphant Koch-Chen-Mékhala s'enfuyait vers la forêt. Le Kàmpang sentit alors qu'il allait expirer. Il ouvrit les yeux et, regardant son épouse, lui dit doucement ces paroles très touchantes :

— O Kéo-Kessa-So-Montôa, ô ma bien-aimée, pourquoi avez-vous été sans pitié pour moi? Ne regrettez-vous point votre époux qui vous aimait bien tendrement, qui a tant souffert à cause de vous? Votre époux n'était pas méchant, il ne vous a jamais fait du mal. Bien au contraire, toujours il vous soignait, toujours il vous caressait tendrement. Pourquoi maintenant fuyez -vous loin de moi?

Serait-ce pour aviver mes regrets? En me voyant

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ci, VOUS n*avcz point pitié de mol et vous ordonnez h votre neveu do me tuer.

La reine, ayant entendu ces paroles, répondit à son époux :

— Je suis la cause de cette bataille terrible, mais je vous ai prévenu avant qu'elle soit engagée, je vous ai dit de ne pas lutter contre mon neveu, je vous ai demandé de mettre fin A la guerre et de retourner on voire palnis. Mais plus je vous parlais, plus votre colère contre moi augmentait, et maintenant, vous qui êtes le plus grand des géants, vous pleurez et vous vous roulez à terre.

A ces paroles de néang K6o-Kessa-So-Montéa le roi dos géants fit un violent oITort et se transforma en dix millions de géants yaksa qui s'élancèrent sur le Préa-Sang-Sèl-Clieyavcc Tintention de lui enlever lare i ne, sa tante.

I^ princ<^ intrépide saisit son glaive enchanté et le promena sur les tôles des géants, et tous les gisants tombèrent sous ses coups.

1/3 Kàmpang prit alors la forme d'un yak à cent télés et s'avança vers le prince. Celui-ci, saisissant son escargot Sang le lança sur le Kàmpang. Maintenant le KAmpang-Yak et le l*ni;i-Sang-Sél-Cliey, combatlnnl.N de grande valeur, luttaient l'un contre l'autie, arme contre arme et corps contre corps.

On enUMidait le bruit de la lutU* jusqu'au plus haut des aii*s: los arbros bruissnient écM'asés par Ira combattants, le ciel était obscurci i>ar la |M)ussièro

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qui s'élevait du champ do bataille et les grandes montagnes tremblaient sur leurs bases et s'alTaissaient sous les pieds des deux adversaires ; le vent agité soufflait en tempête et la terre violemment secouée menaçait d'éclater. Les anges et les divinités du ciel étaient épouvantés, mais, courageuses, elles descendirent du ciel pour bénir le Préîi-Sang-Sôl-Cliey . On entendait au loin le bruit formidable des vagues de la mer qui roulait mugissante sous la masse des vents déchaînés. Les troupes dos poissons ckiienl dispersées.

Enfin, le roi des géants vaincu, épuisé, li\cha pied; il s'enfuit uxi plus profond dos ciojixalinde se cacher, C2ir maintenant il redoutait la valeur et la puissance de Sang-Sftl-Cliey. (îolui-ci s'ôlarioaà sa poursuite, et, avec son arc merveilleux, lui décocha une flèche qui retendit expirant sur le sol à quelques pas de néang Kéo-Kessa-So-Montéa.

Le sang du roi das géants yaksa coulait comme un ruisseau sur la terre et bouillonnait au sortir de la plaie comme une source d'eau jaillissante. Tout d'un coup, par un dernier effort du yak, ce sang s'embrasa en longues flammes (|ui montaient vers les cieux et s'en allaient lé(*Jier les flancs du mont Chakralaval. Le prince Préa-Sang-Sôl-Chey, à la vue de ce dernier prodige du Kâmpang, saisit son escargot sacré et le lança vers les nuages où il se transforma en une pluie torrentielle si abondante que le feu sorti du sang du yak fut éteint partout.

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( 'e|mnd:uit, lo Kuin|)«iiig, pcrco d'une lUV.lio qui tout enlioro avait pcuôtiô dan.s sa cliair, soulTrail horrihlruKMit et sojilail sos douleurs au«;nioulor à clia(|uc instant qui s écoulait. Klles devinrent si douloureuses <|u'il s adressa do nouveau à son épouse:

— O Keo-Kcssa-Montéa, dit-il, ordonnez do suito â voire nevou de venir m aciievor, car je soulTro liorrihieuient, et ma valeur et ma puissance sont a tout jamais épuisées. Je no veux plus vivre, puisque j'ai été vaincu sur lo rham]> de bataille en combaltant voire neveu. Je veux mourir, parce quo j'ai perdu ma valeur et ma puissance.

I*e Préa-Sanj^-Sél-diey, ayant entendu cette suprême demande, prit son glaive sacre et trancha la tête du roi des yaksa.

Irritée contre le Sang-Sél-Cliey, r^tte tète roula siu* le sol et le prince vit (ju'elle ouvrait terriblement les yeux el «pie 1rs dents mordai<^nt le.s lèvres.

— Pounpioi, dit le prince à son auguste tante^ pounpioi le géiuit étant mort, ouvre-t-il ses gi*aDd8

veux sur moi et se mord-il les lèvres?

Imitante répondit:

— O mon (ils, la lélo du roi des gêanU ouvre ses grands yenx sur v(»us o( s(»s dents mordent les lèvres parce que le Kâmpang veut vous montrer cpie, mémo vaincu, il n'a pas |MHir de votre vadiance cl parco qu'il vent ipie vous admirio/. son courageei soncinur audaci(Mix.

SIXIÈME PAKTIE

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