‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 41 sur 46 · LE COMBAT DU BUFFLE ET DU BUFFLON · texte numérisé non relu

LE COMBAT DU BUFFLE ET DU BUFFLON

Un roi do Java possédait un grand buflle dont les cornes noires mesuraient une coudée et demie d'envergure. Ce buflle était si fort et paraissait si terrible qu'on n'avait jamais pu trouver dans le royaume un autre buflle qui osAt se battre avec lui. Tous ceux qu'on avait amenés s'étaient enfuis à son approche.

Comme le roi désirait faire battre son grand buflle contre un autre buflle, il assembla son conseil, tous ses dignitaires grands et petits. Alors, il leur déclara qu'il avait l'intention do partir avec son grand buflle et de parcourir les royaumes voisins du sien jusqu'à ce qu'il eût trouvé un buflle qui voulût se mesurer

* Raeueilli à Kompoi en 1889 M traduil Har an récit donné par éerit par on Blalaii d« Trey-Ca.

396 CONTBS MALAIS

avec le sien, et tout de suite il leur confia le soin de gouverner pendant son absence.

I/) conseil torminô, il fit ainonoi* son (;rnnd iHiille, le lit inontcr dans uno jun<|iie ot sV.inhar4|Ma pour le royaume de Siani. Arrivé diuis la ciipitalc de ce royaume, il alla rendre visite au roi et lui dit :

— Ave/vous un buillo assez liardi, îisse/ brave pour se batltro avet*. mon grand buillo V

— Non, lui répondit lo roi de Siam, je n'ai pas un bufile assez grand pour se battre avec votre gnind buffle, mais j'ai quelque cbose que vous n'avez pas.

— Qu'avez- vous donc?

— J'ai un grand crabe, \\i\ très gros crabe, un crabe comme personne n'en a jamais vu.

— Je voudrais bien voir votre crabe, dit le roi de Java, car j'ai le plus grand désir d'en parler quand je rentrerai dans mon royaume et de dire à mes mandarins que j'ai vu à la cour du roi de Siam un cra))o extraordinaire.

. — Je regrette beaucoup de ne pouvoir vous le montrer, dit le roi de Siam ; il est descendu dans son trou et s'y tient caché tout au fond; mais je puis vous dire que lors(|u'il ouvre une do ses lerriblos pinces un oiseau est obligé de voler toute une année pour aller d'une extrémité à l'autre.

Le roi de Java fut très surpris d'entendre dire cette chose, mais comme il n'avait pas trouvé au Siam ce qu'il cherchait, un bufile assez liardi pour lutter avec son grand bufile, il prit congé du roi de

Page 1