‹ Cambodge: contes et légendes recucillis et pub. en françaisChapitre 12 sur 34 · I.E SATRA Di: ROI CHÉA-LY S · texte numérisé non relu

I.E SATRA Di: ROI CHÉA-LY S

nâtes-vous votre dos vers lui et reçûtes-vous les coups qu'il me destinait? II me semble que vous aviez alors de l'amour pour vofre sœur, et moi, pour recomiaitre votre bienfait, je suis devenue votre femme. Voici maintenant que vous me considérez comme ne valant plus rien, parce qu'une auvre Eemme a pris ma place dans votre cœur. Ah ! si j'avais commis des fautes, une, deux ou quatre fois, j'admettrais que je fusse punie seloii mes fautes, mais, parce que je me suis plainte une fois, voilà que vous me faites toute la misère que vous pouvez. Mon frère, au moins, ayez pitié et pensez que je suis votre propre -sœur. Quand notre père et notre mère moururent, je crus que vous les remplaceriez près de moi, et je vous aimai beaucoup dans mon cœur, et voitâ, maintenant que vous aimez une autre femme, voilà que vous me traitez durement, vous me frappez devant toutes mes femmes réunies. Enfin, puisque j'ai commencé de parler, il me faut continuer jusqu'au bout. Il vous paniittrèsbiende frapper votre sœur qui est votre épouse pour montrer à l'autre femme que vous avez de l'amour pour elle. Pour quelque faute que ce soit, vous ne devez pas me frapper, parce que je vous ai considéré conmie mon père à la mort de notre père. De plus, vous avez reçu ses instructions, alors qu'il atteignait sa dernière heure ; il vous a recommandé de le remplacer près de moi. de prendre soin de moi et de ne jamais rien faire pour me chagriner, et pen-

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dant longtemps vous avez bien agi. Si maintenant vous ne m'aimez plus, vous n'avez qu'à me dire : « Kang-Ha, je ne veux plus que vous soyez mon épouse, et à partir d'aujourd'hui vous serez mon esclave; » et j'accepterai, je me plierai à votre désir. Quand un frère et une sœur ne sont pas d'accord, on s'appelle en particulier et on convient de ce qu'il faut faire pour assurer la paix entre eux. On ne frappe pas publiquement une sœur qui est aussi une épouse parce qu'on aime une autre femme. Donnez-moi maintenant vos instructions ; si je ne les observe pas, alors vous me traiterez comme bon vous semblera ; je ne me plaindrai pas parce que j'aurai tort.

Elle pleurait et gémissait en disant ces dernières paroles à son frère, et elle se jurait à part elle de n'être plus, ni dans l'avenir ni dans un autre monde, une épouse pour son frère. Puis elle retourna à son habitation.

A partir de cette nuit de larmes et de reproches, les deux époux vécurent séparés.

Le royaume de Tévolong-ka, depuis que le roi Chéa-Ly est monté sur le trône, est demeuré très tranquille; les populations y sont très heureuses; le roi a fait une grande sala où il fait distribuer chaque

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