LE 9ATRA. DU ROI CH^A-LY
mettre sa couronne à aon tila aîné, Chau-Srey-Soni-No-Kouma. lit appeler les huit grands prèam uî étaient les Hora et qui savaient consulter le ciel t calculer :
- Prëam, leur dit-il. vous allez immédiatement »0U8 rendre dans les royaumes voisins et vous y phercberez une princesse digne de devenir l'épouse 3 mon fils.
Les huit grands préam ayant reçu cet ordre parrtirent iinmédiatetnent pour l'exécuter. Us avaient iparcouru tous les royaumes, petits et grands, sans avoir pu découvrir une princesse qui convint au prince Chau-Srey-Son-Thoch-No-Kouma et se désespéraient, lorsque en traversant le royaume du rai phuméa-Tep-Kouma qui est moins grand que le Byaumede Tévolong-ka, ils entendirent beaucoup ibuer la beauté suprême de la princesse Préa-Srey- Hoba-Méayéa-Léac. Croyant alors avoir trouvé ce nu'îls cherchaient, les huit préam s'en furent trouver î roi Préa-Bat-Chau-Chumèa-Tep-Réach et lui délièrent pour le fils du roi de Tévolong-ka la main ^e la princesse sa Hlle.
Le roi Chau-Cliumi5a-Tep-Réach accepta cette ^liance et fixa le jour et l'heure du mariage.
Les huil préam retournèrent près du roi de Tèvotong-kaet lui rendirent compte de la mission dont il s avait chargés.
Les deux rois ayanttoutpréparépour lacérémonie r^u mariage, réunirent leurs deux familles, et le jour
convenu, le roi père, sa femme et son fils, arrivèrent dans le royaume de Kobellaphos avec une grande suite de gens. Le mariage ôt.int conclu, les deux époux se présentèrent au peuple, et ieroide Kobellaphos reiuil la couronne il son gendre peu de temps après.
Le Préii-bat-srey-^'fssanda, père du roi Chéa-Ly, après sa mort,monta au ciel et renaquit sous la forme d'un tévobot. Après avoir joui des biens du ciel pendant 500 millions d'années, il reparut sur la terre sous la forme d'un homme sorti du ventre de néang Srey-Moha-Méayôa-Léac, la belle princesse.
Cette reine devint en effet enceiate, mais vers le . dixième mois de sa grossesse elle fut prise d'un si grand désir d'aller voir son père et sa mère qui habitaient le royaumedeTcvolong-ka, qu'elle partit. Les douleurs laprirent en route,et elle accoucha dans une forôt nommée Salvan-Lamphi'quiesl à la lin: des deux royaumes.
Étant ainsi accouchée, elle ne voulut pas continuer son voyage et revint avec sou fils dans le royaume
' Sala-carna, forôt de sala, et Lampui, piiibablement le Loumbiiii, jardin du prince royal de^ Sakliiu.
Pde Knbellaplios. Quand cet enfantqiii était ungarçon fut devpnii grand, on lui donna le nom de Chau-Sy- Ret-Tat-Kouma. puis son père, le Préa-Bat-Srey- Sou-Thoc:h-Nô-Maha-Réach, envoya des 'délégués SEherclier la lîUe d'un roi, la néang Pimpéa-Tevy, ■afin qu'elle devint la femme du prince héritier.
Li; mariage ayant eu lieu, le roi père abdiqua le pouvoir et céda la couronne au roi Chau-Sy-Rel-Tat Kouma. Ce prince eut un fils l'année suivante, et ce iBls reçut le nom de Chau-R6a-Hol-Kouma.
D'autre part. Kang-Ha, la femme et lasœurdu roi
fchéa-Ly, revint sur la terre et fut la fiUed'un liomme
■très riche qui se nommait Maha-Séthey*. Elle était
Ibi jolie quand elle vint au monde et répandait autour
d'elle uni' si bonne odeur de fieur qu'on lui donna
i nom de Ubal-Vonéa-Kounia-rey'.
Le roi Préa-Sy-Ret-Tat-Kouma ayant régné deuK
■ans abdiqua le pouvoir, sortit de son palais et s'en
lifut se faire bonze. R conserva cet état pendant six
Sins, puis il mourut. C'est lui qui fut plus tard le
l'Bouddba.
Le Cliau-Réa-Hol-Kouma et la flUe Ubal-Vonéa entrèrent tous les deux dans les ordres afin de pouiVoir un jour faire partie de la famille du Bouddha !et de pai'veuir au Nippéan.
' Maha-Sêlhej/, maha-SrcclU!. le gr e grand marchand.
' Nom d'uno fleurlabulique. En (làli n sanscrit Vl/.aUi- Varna.
nd riche, le très
LA GRAINE DE iMOUTARDE
II y avait une jeune fille nommée Kessa-Godami, qui se maria avec le tils d'un homme riche. Elle en eut un enfant, un très beau garçon qu'elle aimait extrêmement. Quand ce garçon fut devenu assez vieux pour courir seul, il tomba malade et mourut.
La jeune mère prit Tenfant mort dans ses bras et alla de maison en maison, demandant à ses ainis de lui donner une médecine qui pût rendre la vie à son fils.
A la dernière, un saint homme, dans sa pitié bienveillante, lui dit :
— Ma bonne dame, je n'ai pas moi-même une telle médecine à vous donner, mais je pense que je connais quelqu'un qui en a une.
— Ayez pitié de moi; dites-moi à qui il faut que je m'adresse, dit la pauvre mère.
— Allez trouver le Bouddha, répliqua le saint homme, car il peut vous donner la médecine dont vous avez besoin.
Elle alla à la recherche du grand maître, toujours portant entre ses bras son petit enfant mort. L'ayant trouvé, elle le salua humblement et lui dit :
LA GRAINK Diî MOIJTARDE
— Maître, maître, connaissez- vous une médecine qui peut rendre la vie à mon enfant?
— Oui, dit le Bouddha, je sais composer un médicament qui peut rendre la vie â ceux qui l'ont perdue, mais pour le composer j'ai besoin d'une chose, allez donc chercher de la graine de moutarde et apportez-la-moi. Mais songez-y, pauvre femme, il faut que cette graine de moutarde vous snit remise par une famille (jui n'a perdu ni un fils, ni un mari, ni un esclave, ni un parent.
La femme partit, pleine de confiance, toujours portant son petit mort avec elle. Les gens qu'elle rencontrait, bienveillants, lui disaient :
— Il y a ici de la graine de moutarde; prenez-en tant que vous voudrez.
Mais quand elle demandait :
— Un fils, un mari, un parent quelconque, un esclave est-il mort dan.s cette maison"?
On lui répondait ;
— Quelle étrange question vous nous Eaite,^? Les vivants sont nombreux; mais les morts sont encore plus nombreux, Quelle est la maison, quelle est la famille qui n'a pas perdu l'un des siensl
Et l'un disait :
— J'ai perdu un fils.
Un autre disait :
— Nous avons perdu nos parents.
Et d'autres ;
— J'ai perdu mon esclave.
38 LEGENDES BOUnnHIQIÎRS
La pauvre mère ne put trouver une seule maison où personne ne fût mort. Elle comprit lentement la pensée du maître et elle retourna trouver le Bouddha qui vivait da.ns la fnrôt :
— Avez-vous trouvé de la graine de moutarde? lui dit^il.
— Omaltre, luirépoQdit-ellej'en'cnai pas trouvé; on m'a ditpartout que les vivants sont peu nombreux et que les morts sont innombrables.
Alors le maître lui dit gravement, mais avec douceur et en la flattant :
— Toutes choses doivent passer et changer : votre grand chagrin a été celui de beaucoup de mères. Soyez donc résignée et toute pleine d'espoir, parce qu'un jour viendra où vous serez sauvée. Alors pour vous Tienne changera plus.
La pauvre mère s'en alla lentement^ triste encore, mais soumise au malheur et résignée'.
' Cette histoire m'est signalée par M. Feer, comme ayant été traduite du birman en anglais par le capitaine Rogers. Voy. Bitdd/iagoska's Parabntps, d'apr&s le commentaire du Dhummapadn. Elle se trouve aussi dans d'autres textes, notamment dans le commentaire du SitiiyiiHa- Nikai/a. L'héroïne du récit est appela Kissâ-Gotami {Goiami, la maigre) pour la distinguer de Mahâprajipati-Gotami (Gatamt, la reine), tante et ëducatrice de Siddhariha, seconde épouse de Suddhodana.