‹ Cambodge: contes et légendes recucillis et pub. en françaisChapitre 15 sur 34 · DEUXIEME PARTIE HISTOIRE LOCALE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE HISTOIRE LOCALE

DÊCHOi: KRAHAM-KA ET LE DECHOU YAT

A cette époque, le Cambodge était en guerre avec le Siam, son éternel ennemi. Les Siamois avaient franchi la frontière et l'ocnha Déchou', sdach-tranh ' du Dey' Kompong-Soay, avait été chargé de leur opposer toutes les forces qu'il pourrait rassembler dans sa province.

Ce gouverneur avait fait des levées considérables d'iiommes, puis il s'était mis en route à la tête de sa petite armée. Parvenu à une certaine distance du camp siamois, l'ocnha Déchou, trouvant que la journée était trop avancée pour engager ia bataille, décida de passer la nuit autour d'une pagode qui

' Titres du gotiverneur de la province de Kompong-Soay.

' Titre générique des grands goaverneurB.

' Terre avec le Kcns de gouvernemenf, lie province, de 6ef.

s'élevait au bord de la route. Il plaça des sentinelles et prit toutes les précautions que prennent les commandants d'armée en pareille circonstance, puis il fut se coucher dans la sala ', au milieu do ses principaux mandarins.

Or, il arriva qu'un homme du cliau-muong' de Santouk, nommé Choy. qui était simple réas'.et qui était allé saluer le clief de la bonzerie qui attenait â la pagode, et parler avec lui, s'endormit dans la case du vieux bonne. Son sommeil était si agité toute la nuit, que le chef des religieux se réveilla inquiet; alors l'homme qui ri^vait se mit à parler tout haut. On ne sait pas ce que cet homme a dit dans son rôve, parce que le louk-crou' ne l'a jamais répété,, mais ce qu'on sait parfaitenaent ce sont les paroles prophétiques que le bonze a dites â ses élèves en les réveillant:

— Vous voyeT; cet hoinme! Eh bien! avant peu il sera Déchou an Heu et place de celui qui commande aujourd'hui l'armée.

Le lendemain matin, Chey se leva et fut prendre rang parmi les hommes de sa centainie, croyant qu'on allait bientôt se mettre en marche pour aller à l'ennemi.

' Cacavanaérail.

' Arrondissement

^ Homme itu peuple.

' Seigneur professeur.

■, d'un gouvernement, d'ui

LE DliCllOU KRAIIAM-KA ET LE DÉCHOU YAT 41

Cependant l'heure à laquelle on aurait dû quitter le campement était depuis longtemps passée et l'armée ne s'ébranlait pas. Le Déchou, son chef, craignait une défaite, avait peur des Siamois et perdaitun temps précieux. Les centaînies s'impatientaient et des murmures s'élevaient de toutes parts.

— Est-ce donc pour nous laisser ici sans combattre qu'on nous a fait venir, dit Chey ; dans ce cas, il valait mieus nous laisser dans nos maisons. Mais si. au contraire, on nous a rassemblés pour nous mener h l'ennemi, qu'attendon pour engager la bataille? Nous n'avons pas peur des Siamois.

Le Dcchou qui se trouvait derrière lui, bien qu'il l'ignorât, entendit ces paroles :

— Si tu es plus brave que moi, lui dit-il, que ne vas-tu te battre avec les Siamois? Ils sont là, ils t'attendent, va les provoquer.

Chey lui répondit sans s'émouvoir:

— Si j'étais à votre place, ocnlia Déchou, je n'hésiterais pas un seul instant et je conduirais l'armée à l'ennemi sans crainte aucune. Mais je suis un simple rèas, et il neconvientpas que j'aille me battre tout seul contre les Siamois, parce que cela ne servirait à rien.

Cette tïére réponse d'un simple réas qui était brave, à un grand mandarin qui avait peui', ne donna pas du courage au Déchou, et ce jour-là ni les jours suivants les Cambodgiens ne rencontrèrent les Sia-

43 HISTOIRE I.OCALK

mois. Cependant, surpris de la hardiesse de Chey, le Dëchou écrivit aux ministres et leur fit connaître l'incident que nous venons de raconter; les ministres en intruisirent le roi et le m maître desexistences qui régne par-dessus toutes les tètes » ordonna qu'on envoyât immédiatement chercher Chey.

Le réas Chey se présenta quelques jours plus tard à l'audience du roi :

— C'est toi . lui dit le prince, qui n'as pas peur des Siamois et qui veux les aller attaquer ?

— Il ne m'appartient pas, à roi, répondit Chey, de témoigner en faveur de mon courage, mais je ferai tout ce que vous m'ordonnerez de faire.

— C'est bien, lui dit le roi, j'ai confiance en vous parce que votre réponse est modeste et que la modestie est la vertu des hommes braves. Je vous nomme ocnha Déchou, et vous porterez dorénavant le nom de Kraliam-Kà.

Alors la lettre de nomination fut rédigée et l'ancien Déchou, qui avait manqué d'énergie, fut invité à rentrer dans ses foyers.

L'ocnha Déchou Kraham-Kâ, avant de regagner l'armée, vint saluer le roi :

— O l'oi, dit-ilj ne laissez pas intriguer derrière moi et je vous réponds que nous chasserons les Siamois du royaume.

— Ne craignez rien, dit le roi, et chassez les ennemis de notre royaume.

Alurs le roi lui donna pour second le chau-krom.

LE DÉCIIOli KRAII.\M-KA 1!T LE DÉCHOU YAT 43

son beau-frére, frère de l'une des femmes qu'il aimait le plus.

Dès son arrivée à Kompong-Soay, qui était alors le chef-lieu du Dey, le nouveau Déchou rassembla mèe et, s'etant informé de l'endroit oii campait l'ennemi, ordonna qu'on se mît en marche immédiatement.

L'armée cambodgienne était beaucoup moins ' forte que l'armée siamoise, et il était téméraire de l'attaquer dans la position avantageuse qu'elle occupait. L'ocnha Déchou le comprit : il rt'solutde tromper l'ennemi sur l'importance des troupes avec les- ' quelles il complait l'attaquer, et de l'amener à quit- [ ter ses positions pour battre en retraite, puis de [ profiter du trouble que produirait l'exécution do ce Y mouvement dans l'arméeennemie pour la surprendre [ et l'attaquer.

Cette résolution prise, il donna l'ordre aux chefs les centainies de faire couper des bambous par leurs I hommes et de les faire traîner sur le chemin afin do soulever beaucoup de poussîiîre avec leurs fouilles. Les chefs des centainies obéirent, et bientôt un nuage très intense de poussière s'éleva de la route. Mais alors, l'ocnha Dôcliou, qui surveillait Uiule l'armée avec soin, reconnut qu'une vingtaine de cenlainics ne soulevaient que très peu de poussière. Il fut à elles et vît que les hommes traînaient les bambous par la tige et que te bois seul touchait la terre.

— Qui VOUS a dit d'agir ainsi? leur demanda le Décbou.

Les chefs désignèrent lechau-krom. Ce haut mandarin que le roi avait placé sous les ordres du Déchou, parce qu'il était te frère d'une de ses femmes, ne se trouvait pas à sa place et croyait que le prince lui avait fait injure en le mett-ant sous les ordres d'un sdach'tranh qui, hier encore, était uri simple réas. C'est cette jalousie qui l'avait porté à donner des ordres de nature à annuler l'effet de ceux que le Déchou avait donnés. Ces ordres pouvnienl. en outre, compromettre l'armée, car. en ordonnant à ses hommes de traîner les bamhous par la tige, ce qui ne produisait que très peu de poussière, il donnait aux Siamois les moyens de reconnaître le stratagème employé pour les tromper, et les empêcher de tomber dans le piège qui leur était tendu.

Le Déchou n'hésita pas un seul instant à punir ce qu'il considérait comme un crime de haute trahison.

Il fit arrêter le chau-krom. heau-frère du roi, et lui fit trancher la tète devant toute l'armée, sans le faire juger, de sa propre autorité. Ceci fait, il marcha à l'ennemi.

Les Siamois, voyant une grande poussière s'élever sur les chemins que suivait l'armée camhodgienne, crurent que cette armée, qu'ils croyaient réduite à quelques centaines d'hommes, avait reçu des renforts considcrables et une grande émotion se mit dans Ifiurs ranj,'s. Ci'aJgnant d'être vaincus, ilsaban-

LE DÉCHOU KRAHAM-KA RT LR DÉCHOU YAT 45

donnèrent leurs positions et commencèrent à battre en i-etraite.

Alors, les Caniljod<^ieas jetèrent les bambous qu'ils traînaient et se lancèrent hardiment sur les centainiesde l'armée siamoise qui, troublées, confondues, ne ^'attendant pas à cette attaque, furent vaincues et obligées de so disperser pour fuii- au travers de la campagne.

Cependant, la nouvelle de l'exécution du chaukrom était parvenue au palais. Apprenant qu'aucun tribunal n'avait été formé et que l'ocnha Décliou avait lui-même, de sa propre autorité, rendu la sentence de mort, sa sœur avait porté plainte au tribunal et les juges avaient cité le Déchou Ki'aliam-Kà.

Il vint et se présenta au tribunal .

— Quelleestlapersonnequiaporté plainte contre moi. dit-il. etqui. en me faisant citer devant le tribunal, m'a obligé de quitter mon armée on présence de l'ennemi?

— La personne qui a porté plainte contre vous, dit un juge, c'est la sœur du chau-krom, la femme du roi.

Comme il aciievait de répondre, la plaignante. suivie de ses femmes, pénétrait dans la salle du tribanal. Le Dcchou ordonna à ses hommes de la saisir et, devant les juges épouvantés, il lui lit couper la tête comme il avait fait pour son frère.

Ceci fait, il quitta la capitale et rejoignit son armée.

Quelques jours aprts, il recommeoçait les opérations contre reiinemi, le poursuivait, le harcelait sans cesse, et le battait dans toutes les rencontres. Il remporta ainsi de nombreuses victoires et se couvrait de la gloire des guerriers célèbres.

Un jour, comme il avait devant lui , de l'autre côté d'une rivière, ime arméi> siamoise beaucoup plus forte que celle qu'il commandait, il s'aperçut que ses hommes, qu'il avait pourtant toujours menés à la victoire, hésitaient et manquaient de confiance. Il fit jeter à la rivière toutle riz que portaient les guerriers, puis il ordonna de casser toutes les marmites.

On obéit partout, mais avec eflfroi et sans répondre.

— Maintenant, dit le Déchou, que vous avez jeté votre riz dans la rivière et que vous avez cassé toutes vos marmites, comment raangerez-vous ? Sûrement vous périrez de faim dans cette plaine si vous ne savez pas aller prendre aux Siamois le riz qu'ils ont avec eux et si vous ne savez pas vous emparer de leurs marmites.

— Allons nous battre, crièrent les guerriers. Hou ! bûul hou!

Et ils s'élancèrent en avant, traversèrent le fleuve qui les séparait de l'ennemi et gagnèrent hardiment la rive opposée. Les Siamois les y attendaient courageusement; mais, attaqués avec une grande fureur par les centaînies cambodgiennes qui poussaient de grands cris et vainient chacune une armée, ils furent battus si com])lètemenl que plusieurs milliers

LE DLCHOU KRAHAM-KA ET LE DÉCHOU VAT 47

d'entre eux demeurèrent sur le champ de bataille. Vaincus, ils s'enfuirent jusqu'à la frontière par petites troupes et la passèrent très peu nombreux, car les habitants soulevés massacrèrent tous ceux qu'ils rencontraient.

Quand le dernier Siamois eut regagné son pays, l'ocnha Déchou Kraham-Kà licencia son année et renvoya dans leurs foyers tous les guerriers qu'il avait si bien menés kla victoire. Ceci fait, il fit apporter une cangue en bambous, ordonna à ses hommes do la lui mettre au cou et de le conduire au roi-

Dès son arrivée à Lovoc\ qui était alors la capitale du royaume, il se fit mener à la saile des audiences royales :

— roi , dit-il , en tombant aux pieds du monarque, je viens vous offrir ma vie, parce que j'ai commis un grand crime en portant ma main sur l'une de vos épouses, en faisant couper l;i tête à l'une de vos femmes.

— Ocnlia Déchou Kraham-Kà, lui dit le roi, je vous pardonne parce que vous avez chassé les Siamois du royaume. Retournez dans votre province et surveillez la frontière alin que nos ennemis ne puissent plus la franchir.

Le Décliou salua respectueusement 11' roi qui lui

' Loven fut capitale ilu Camhodpe Je IfiOl à indique la date à laquelle il faut f.iire lemonl

. Ce détail te bistaire.

faisait grâce; on lui enleva la cangue qu'il avait encore au cou, puis il.rejîagiia sa province.

Quand il entra chez lui, il trouva sa femme qui cousait une veste. Bien lieureuse de le voir, elle se prit â le caresser, à le taquiner, le menaçant de son aiguille à coudre. Comme il reculait devant elle, et qu'elle le poursuivait le menaçant toujours, il se réfugia dans la eliamlire :

— Eh quoi, lui dit sa femme, vous avez vaincu les Siamois dans vingt batailles et, vous si brave, vous fuyez devant une aiguille qui pique comme nue fourmi ?

Le Décliou, ayant entendu cette parole de inoquerie naïve, fut très alîecté.et comme il avait vraiment eu peur de l'aiguille avec laquelle sa femme le menaçait, il fut très honteux. Il appela ses hommes dans un endroit écarté, leur fit dresser un bûcher et s'étendit dessus; mais comme personne n'osait y mettre le feu, il fut obligé de l'allumer lui-même. Le bois brûlant mal parce qu'il était trop vert, il envoya chercher son esclave peunong'. nommé Yàt, qui lui était tout dévoué et qu'il avait initié à tous .ses projets militaires.

— SouIflesLir cefeu, lui dit-il, car je veux me brûler.

Le peunong obéit et ayant soufflé sur le feu avec

' On dc^aiirnG sous ce non vage^i qui babiteiit. la r^gior

u CainlmJiie, une ra jëp à l'esl de Kratié.

LE DÉCHOU KRAHAM-KA ET LE DÉCHOU YAT 49

un bambou qu'il portait à ses lèvres, il parvint à en- Ûammei le bûcher. C'est ainsi que mourut l'ocnha Décbou Krabam-Kà, qui avait été brave devant les Siamois et qui avait peur d'une aiguille qui piquait comme une fourmi.

La nouvelle de cette mort extraordinaire affecta beaucoup le roi, parce qu'on ne put trouver un mandarin assez bardi pour occuper un poste aussi difficile que celui que le Déchou Kraham-Kâ avait occupé avec taut de gloire.

— 11 faudrait pour ce poste, disait le roi, un bomme hardi comme l'ancien Déchou, et qui connût bien les plans de combat qu'il avait formés contre les Siamois pour la défense du royaume.

— 11 n'y a, dirent les ministres, que son esclave, le peunong Yât. qui soit initié àtoutes ses affaires; il avait toute sa confiance; peut-être connaît-il lesplans de bataille et de défense que le Décliou a formés. Mais on ne peut songer à nommer un peunong au poste de sdach-tranh.

— Vous croyez? dit le roi.

Et il ordonna de taire venir le peunong Yât à l'une de ses prochaines audiences.

Quand cet esclave, d'origine sauvage, qui portail l'écharpe comme les hommes de sa nation, parut devant le roi, tout nu, les fesses découvertes et ne dérobant aux yeux du prince que ce que les hommes ne doivent pas montrer, les mandarins sourirent.

A. LscLËRB. LUt. camiiçdg. 4

— Connais-tu bien les plans de défense et de ba,tuilli; que ton maitre a dressés? lui dit le roi.

— O roi, mon inatlrL'.dit lepeunoug.je les connais tous très bien parce que j'étais le cornac de l'éléphant que montait mon maître. Lu Oéchou Kraham-Kâ avait une grande contiance en moi et je savais de lui tout ce qu'il pensait, tout ce qu'il voulait faire.

— Dans ce cas, dit le roi, je te nomme Déchou, et je te confie la défense de nos frontières.

Le peunong salua le roi et se retira très joyeux. Il retourna à Koiupong-âoay, épousa la veuve de son prédécesseur, et continua d'iiabiter la maison du Décbou Kraham-Kà.

Cependant la nomination à un poste aussi important d'un peunong esclave avait mécontenté les liabitants. On murmurait et on n'obéissait point aux ordres qu'il donnait. Le nouveau Décliou manquait de prestige.

Alors, le peunong Yât envoya ses gens couper un tronc detatrao' dans la forêt, puis l'ayant faitapproprier il le fil à demi enterrer au ]»ied de l'échelle qui conduisait à la salle des audiences. Tous ceux qui venaient chez lui mettaient avant de monter le pied KUrce tronc d'arbre, alm d'atteindre lepieniierdegré de l'échelle'.

' Bols sacré i^servi^ au Cambodge à la eonstruction des pagode»*, aux palais royau.\ at aux slatui^s du Houddha.

' Au Cambodge, toutes les maisons sont L'ievi^es aur pilotis, et c'eat par une échelle qu'on y accède.

LE DÈCHOU KRAHAM-KA ET LE DÉCHOU YAT 51

Uu mois plus tard, ayant fait venir un sculpteur, il fit déterrer le tronc de tatrao et le donna à l'artiste afin qu'il en fit une statue du Bouddha. Quand cette statue fut terminée, le Décbou la fit transporter à la pagode et convoqua tous Ich habitants à la fête de l'inauguration '.

L'affluence fut très grande et, la ff;te Haui terminée, les fidèles s'acL-roupissaient devant la nouvelle statue du Bouddha et l'honorai en t.

Alors le Uéchou Yàt leur dit :

— Vous saluez lastatueduBouddha et vous ouhliez que vous avez foulé de vos pieds le bois qui a aervià la faire; c'est bien, mais alors pourquoi ne voyezvous en moi que le peunong et refusez vous de voir le Dé(;houque le roi a nommé pour vous commander? Parce que je l'ai voulu, le bois sur lequel vous marchiez est devenu l'image du Bouddha devant laquelle vous vous inclinez : parce que le roi l'a voulu, le peunong que vous méprisiez à cause de son origine est devenu votre chef, vous lui devez obéissance et respect. Si donc il y en a parmi vous qui, n'ayant pa;;; compris ce que je viens de dire, continuent de me désobéir el feignent de ne pas me respecter, je leur ferai voir que je suis devenu un chef qu'il faut res pecter et qu'ils doivent respecter, parce que telle est la volonté du roi. Je leur ferai couper le cou et ceux

qui verront cela comprendront que le peunong est vraiment devenu Décliou.

Ce petit discours très fin et très sévère remplit d'émotion tous les assistants, car on ne pouvait pas songer qu'un peunong pût avoir autant d'esprit et de hardiesse. Ils comprirent qu'ils avaient un véritable chef dans le Déchou Yât et dorénavant ils le respectèrent. Sa réputation s'étendit au loin et bientôt tout leSroc-Khmer connut la parabole du Déchou peunong. C'est pour qu'elle ne se perde pas que ce satras a été écrit; c'est aussi pour que les actions d'éclat du Déchou Kraham-Kâ. réas d'origine, ne soient pas oubliées (|u'iin a pris soin de les relater en commençant'.

' On trouve à la pagode de Kompong-Tbom trois petites

statues, aculptéea dans le même morceau de pierre, qui m'ont été pi'ésenttiea comme étant la représentation du Dècbou Kraham-Kâ, du Déchou peuDong et de leur femme. Ce groupe curieux, devant lequel U est d'habitude de brûler des baguettes odoriiérantea et auquel on rend au certain culte, est placé aur l'auteL da Bouddha, à la gauche.

Page 1