LE VOLEUR ET LES QUATRE FEMMES
En ce temps-lS,, il y avait quatre femmes qui rencontrèreut un voleur que le roi avait fait accrocher sur les fortifications de la ville royale'. Elles résolurent d'aller demander sa grâce au roi. Celui-ci la leur accorda, mais il exigea d'elles mille domlongs d'or, {c'est-à-dire 35 kilog. et 500 grammes d'or). Trois des femmes ne purent se procurer cette forte somme, mais la quatrième qui était riche la fournit- Or, il arriva, lorsque le voleur eut été gracié et remis en liberté, que les quatre femmes qui avaient obtenu sa grâce du roi, devinrent amoureuses de lui. Comme il était blessé par les crampons de fer auxquels il avait été accroché, elles se mirent à le soigner : l'une d'elles alla chercher dans la forêt les simples qu'il fallait pour préparer les onguents, une autre pendant ce temps demeurait près de lui, le
' Lea iej:tei kkmers donnés par M. Âymonier donnent cette leçon -.{'.. Un voleur condamné par le roi au supplice du pal. i'
CONTES JL'DICIAIRES
veillait et lavait ses plaies, la troisième (ut au marché veadre plusieurs objets qui lui appartenaient afin de subvenir aux besoins du malade et de le nourrir; la quatrième qui avait fourni les mille domiongs du rachat ne fit rien que de le visiter de temps à autre.
Quand il fut guéri, toutes les quatre prétendirent le prendre pour époux; une discussion grave surgit entre elles et elles portècent leur différend aus juges royaux. Ceux-ci. n'osant pas juger une pareille affaire. la soumirent au roi. Celui-ci ayant entendu les explications que les quatre femmes amoureuses du voleur lui donnitient, réfléchit un instant et leur dit :
— Celle qui a payé pour retirer le voleur du supplice qu'on lui infligeait, mais qui n'a pas soigné ses plaies, s'est conduite comme son père; elle sera considérée comme étant son père. Celle qui est allée dans la forêt chercher les simples qu'il fallait pour composer les médicaments indispensables à la guérison de ses plaies a agi comme une mère; elle sera regardée comme étant la mère de cet homme. Celle qui l'a gardé, a lavé toutes ses plaies, a agi comme une épouse fidèle, elle sera l'épousede cet homme. Quant ù. celle qui a vendu des objets lui appartenant pour le nourrir, elle a agi comme une sœur; que chacun la considère comme étant la sœur de cet homme, car elle a été bonne et dévouée pour lui.