INTRODUCTION IX
F tissemenl est particulièrement remarquiible lorsque M'on compare les^sujets traités à In fois par les, ' Bouddhistes et les Bralimanistes, m;iis il existe même en dehors de celle opposition de sectes. Si les Indiens inventeurs ont use d'une si grande liberté, à plus forte raison leurs voisins de race et de langue différentes ont-ils di'i modifier à leni' gré les données empruntées i\ leurs maîtres.
Comment les légendes de l'Inde se sont-elles prolagces dans l'Indo-Chine? Et, en particulier, âans quelles conditions ont-elles pénétré an Cambodge? I A-l-on systématiquement traduit le.'^ recueils de [i contes et de fables formés d;ins la Péninsule Gangé- ; tique, ou s'est-on borné à traduire ou à imiter ces I fictions une à une, et pour ainsi dire nu hasard, ou plutôt selon le gré ou le caprice des narrateurs cam- I bodgiens? Nous t'ignorons. Les textes rassemblés ' par M. 1-eclère ne forment pas un ensemble au ' Cambodge, ils se trouvent dans des fascicules isolés indépendants les uns des autres, ((«'on fait lire aux enfants dons les écoles. Ils sont donc la base de l'instruction populaire, sans former une collection régnlière. L'arrangement et le groupement suivant lesquels ils sont ici piésentés au lecteur sont purement T'œuvre du traducteur et n'existent [las dans
X CONTES ET LÉGENDES
lepays d'oti ils nous viennent. La question d'origine . et de formation reste donc intacte ; c'est un point à éclaircirdans l'histoire peu connue de la littérature cambodgienne.
Ce qui frappe au premier abord, à la lecture i ces contes, c'est qu'ils sont empruntés indistinctement à diverses écoles ou collections, sans qu'on se préoccupe de donner la préférence à aucune d'elles. Les légendes bouddhiques, les contes du Vétâla, les contes du Perroquet y sont représentés. Et dans tous ces récits le seul but apparent dn conteur est de divertir par le récit d'aventures extraordinaires en même temps que d'instruire par l'enseignement qui découle du récit lui-même ou qui est expressément donné à l'occasion de ce récit. Il est à remarquer que, dans les contes d'origine bouddhique, ce qui est tout à fait spécial au Bouddhisme est supprimé ou très peu accentué, non pas sans doute par esprit d'hostilité, mais pour ne pas loucher à des questions trop abstruses. Du reste, la part du Bouddhisme dans ces contes est assez faible ; mais,