‹ Cambodge: contes et légendes recucillis et pub. en françaisChapitre 6 sur 34 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

lomme il s'agit d'un recueil artificiel et qui ne saufralt avoir la prétention d'èlre complet, on n'en peut /rien préjuger.

Je ne voudrais pas prolonger cette introduction loutre mesure; je crois néanmoins devoir insister sur quelques rapprocliemenls que l'on peut faire entre ces contes elles originaux indiens.

Première partie. — Le récit initial, le Salra du roi Chéa-Ly, est proprement une généalogie du Bouddha. Mais le généalogiste ou le conteur, au lieu le remonter avec la tradition tibétaine à Gautama ou ivec la singhalaise â Sitiassarà', prend pour point de départ l'avant-derniére existence terrestre du Bouddha, c'est-à-dire Vessantara, le héros du 547' Jâtaka. L'histoire de ce personnage, dont le nom est pour ainsi dire escamoté et remplacé presque toujours ar Chéa-Ly (ou Djàli), le nom de son fils, se préinte avec des modifications et des accessoires sur

. Voir l'Appendice du Lalita-Visiara de Ph. 1 hax (Annales du Musée Gaimei, t. VI p. 375-8).

XII CONTKS ET LKCÎKNDES

lesquels il serait trop lonp; d'insister; et le narrateur, après avoir résumé riiistoire intermédiaire dans la mention de 160,000 rois, — le tibétain et le pâli plus modestesnecomptentque par 50,000 et 82,000, — descend au quadrisaïeul du Bouddha. Dans un exposé assez compliqué*, il nous apprend queChau- Srey-Son-Thoch-No (Souddhodana), roi de Kobellaphos (Kapilavaslou), épousa Srey-Maha-Méa-I.éac (Mâyâdôvî), fille du roi de Tévolong-Ka, et que de cotte union naquit Chau-Sy-Ret-Tal (Siddhârtha), qui n'était autre que Chéa-Ly I ou Vessanda (Vessantara) revenu au monde. Il fut père de Chau- Réa-Hol (Râhoula) et devint Bouddha. Conforme à la tradition officielle dans ses traits généraux, toute celte histoire s'en écarte sur bien des points, el l'extraordinaire altération qu'y subissent les noms pâlis et sanskrits ne facilite pas la tâche de celui

1. L'auteur cambodgien s'embrouille lui-même. Racontant que le roi de Kobellaphos se rend avec son fils chez le roi de Tévolong-Ka pour lui faire épouser la fille de ce roi, il écrit Tévolong-Ka au lieudo Kobellaphos, et réciproquement. Quand on s'est aperçu de cette erreur reproduite par la traduction française, il était trop tard pour la corriger. Le lecteur est prévenu qu'il faut lire Kobellaphos à la dernière ligne de la page 32 et à la page 33, au lieu de Tévolong-Ka, et Tévolong-Ka au lieu de Kobellaphos à la deuxième ligne de ia page 34.

Page 1