Reise durch Kamhodia^ p
tNTRODUCTlON XV
amenant des questions (lilficiles à résoudre. Le premier de ces cooles semble en comljïner deux du Vétâla, le deuxième el le cinquième ; il en lèsuile qu'il n'y a pas d'accord pour la solution de la difficulté parce que Ifi récit cambodgien ajoute un quatrième prétendant aux trois du récit indien et que c'est à ce quatrième qu'il accorde la jeune flile. Mais il assigne aux autres des lions de parenté avec elle, s'eflorçant, ici comme dans les autres cas. d'accorder à chacun sa part de récom|iense; ce que ne font pas d'une façon constante les versions indiennes.
Le conte 11° dn Vclàla se tionve reproduit dans le.III" cambodgien, Nénng ^fonléa-Vatdel| = (Mandavatî). La jeune Qlie morte et revenue à la vie que trois prétendants se disputent est donnée comme «pouse à celui qui a gardé ses os, d'accord avec les versions hindou&tanie et tamoule, tandis que la version sanskrite, traitant celui-là d'esclave, veut que la jeune Qlle soit donnée à un jeune homme qui était rentré chez lui après les funérailles.
Elle compte aussi un quatrième prétendant qui se brille sur le bûcher de la jeune lllle, mais que les autres versions ont soigneusement supprimé, sans
XVI CONTES ET LEGENDES
doute parce que, s'il est bon qu'une veuve se brûle sur le bûcher de son mari, il est d'un dangereux exemple qu'un mari se brûle avec le corps de sa femme ou un amoureux avec le corps de celle qu'il aimait.
Le conte XI de cette série, ifes Quatre Hommes ixrlueux. présente une parlicularité remarquable, deux contes enclavés l'un dans l'autre. Le confe enclavé correspond au neuvième de la version hindoustanieet au dixième de la version tamoule dont le traducteur anglais a cru devoir l'omettre comme clioquant.
Le conte II de cette partie, la Statue vivifiée n'appartient |>lus au recueil du Vétàla ; c'est l'équi.valent du cinquième conte du Touli-fSameh {les 33 contes du Perroiîuet}. Le récit est légèrement diiïérent, et la solution est tout autre. Taudis que, dans le conte du Perroquet, le bois dont la statue est faite retourne â son origine et les dons qu'elle avait reçus â ses différents donateurs, dans le cambodgien, la femme formée avec le bois devient l'épouse d'uu de ceux qui ont eontriluié à sa confection et obtient avec tous les autres un lien de parenté. Voilà un exemple de la liberté dans l'imitation.
INTRODUCTION XVil
Le lecteur remarquera, dans celle quatrième partie, \a rnenlioii fréquente à» nom di! Tiixila (ou ïakcliasilâ), ville de l'Inde, située dans le Pendjab, c'est-à-dire au nord-uuest de la PéuinsLile, et qui fui, an moins â une cerlaine époqufi, la ville savante de l'Inde, Ut ville d'Universilé, comme nous dirions, où l'on allait faire des études supérieutes. Klle se présente avec ce caractère dans les livres bouddhiques ; cependant son nom se trouve dans des récils cambodgiens qui ne paraissent pasenipiunlés iiu Bouddhisme.
Quatrième ni cinquième parties. — Les deux récits (Prén-Sang-Sél'Chey) qui composent à eux seuls la quatrième el la cinquième partie, eliiui sont intimement liés l'un à l'aiilre. rnérilenl une allention spéciale par la popularllé dont ils jouissent, par les variantes qu'ils présentent el par les rapprochements auxquels ils donnenUieu. Il vaut la peine de s'y arrêter. I^e second ne serait, selon M. Leclère, qu'un épisode du premier, lequel ne serait lui-même que l'abrégé d'un plus vasle récil. Je n'y contredis pas. Il est permis cependant de voir dans les deux récits deux versions dislincles d'un même sujet, ou plutôt de considérer le premier comme la combinaison de deux récits distincts juxtaposés ou asso-
xvni
ciés. L'étude ultérieure à laquelle doil se livrer M. Leclère éclaircira sans doute ce point.
Préa-Sang-Sèl-Ctiey fils du roi Séna-Kotlarach (ou Codarach) et de Batam-méa, délivre sa tante, la sœur de son père, Kessa-Montéa ou Kéo-So- Montéa, enlevée par un Yak qui la retient prisonnière dans son palais ; telle est la donnée de « l'épisode » ou du second récit {Sixième partie).
Mais Préa-Sang-Sêl-Chey a un frère cadet, né d'une autre épouse de son père, et surtout sis frères puînés, fds d'autant d'épouses subalternes. Ce sont ces six frères qui sont chargés de délivrer la tante; mais, par les conseils insidieux de leurs mères, ils prient leur frère aîné de les aider dans celle entreprise, avec l'espoir qu'il y périra d'une manière ou d'une autre. Le frère aîné a toute la peine et tout l'honneur ; c'est lui qui dOlivrc la tante. Mais les six frères trouvent moyen de le précipiter du haut d'une montagne, et ramènent dans le palais du roi la tante qu'ils se vantent d'avoir arrachée au Yak. Cependant l'réa-Sang-Sêl-Chey, le frère aîné, soutenu dans sa chute par des génies célestes, n'a pas péri ; il est retrouvé et élevé sur le trône, tandis que les six frères, traîtres, fourbes et calomniateurs, ont