‹ Cambodge et JavaChapitre 10 sur 98 · LA VANNERIE · texte numérisé non relu

LA VANNERIE

savent donner des formes originales à leurs œuvres qui restent élégantes et solides tout à la fois. Dans le marché de la ville, j'ai pu me procurer moyennant quelques sous, une corbeille charmante qui m'a servi pendant tout mon voyage (voy. page 10). La base en est carrée et faite de bambou. Une natte finement travaillée constitue le fond de ce panier qui devient rond à sa partie supérieure. Quatre petites tiges de rotin bien enroulées parlant de la base carrée, viennent s'assembler dans le haut de la corbeille en formant des sortes de volutes au travers desquelles on peut passer des cordons lorsqu'on veut transporter plus aisément l'objet rempli de fruits. Cette forme originale est celle qui est la plus répandue dans le pays. Les habitants ont des paniers de toutes les dimensions. On en voit de légèrement modifiés, faisant l'office d'un seau qu'on porte avec une anse faite de rotin ; ceux-là sont vernis et sont imperméables à l'eau, d'autres forment de larges coupes pour mettre le riz, etc.

Nous quittons Siemréap dès l'aurore. Le cocher de mon chariot, petit garçon de douze ans, est un esclave que son patron a acheté pour la somme de 64 piastres ou quatre barres , près d< • deux cents francs . La piastre valait lors de mon excursion trois francs dix centimes. Ce jeune esclave pourra racheter sa liberté, s'il peut remettre plus tard à son maître son prix d'achat. Les deux mandarins siamois qui m'accompagnent n'ont aussi en leur pays qu'une liberté relative. Ils voudraient, au moment de mon retour au Cambodge, se rendre avec moi à Phnom-

Penh, pour régler différentes affaires, mais le gouverneur de Siemréap ne leur a point donné l'autorisation nécessaire, n'ayant pas jugé qu'il était utile pour eux de faire ce voyage. Ils devront rester en leur pays et attendre le bon plaisir de leur grand chef.

Les buffles traînent nos chariots d'un pas solennel sur un chemin sablonneux, mal tracé, qui nous fait longer tout d'abord les murailles de la forteresse de Siemréap. Ce sont des constructions primitives élevées sur un soubassement de pierres grossières et faites de briques. Elles sont dans un état de délabrement presque complet. Nous ne tardons pas à entrer dans une forêt pleine d'arbres grandioses en avançant sous des berceaux formés par les larges feuilles des palmiers. L'espèce qui paraît la plus fréquente dans les buissons est le Licuala

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Plancher ajouré en bambou.

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