‹ Cambodge et JavaChapitre 11 sur 98 · LE CHEMIN DES RUINES · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DES RUINES

Paludosa. Cachés quelquefois par les lianes gigantesques qui forment dans l'épaisseur des bois d'inextricables réseaux, nos chariots se perdent de plus en plus dans cette végétation admirable, abandonnée à elle-même depuis des siècles. Deux heures se passent ainsi dans la contemplation de ces vertes merveilles lorsque mes mandarins me montrent une éclaircie dans la forêt. Les feuillages épais semblent s'écarter peu à peu, j'approche et mes yeux sont bientôt éblouis par une apparition extraordinaire. C'est Angkor-Vat avec ses dômes chargés de sculptures, qui s'élèvent graduellement du haut de ses différentes terrasses en se découpant dans l'azur du ciel resplendissant de lumière. J'ai le loisir de jouir de cette vision incomparable, pendant les quelques moments de

repos que les hommes ont l'habitude de prendre pour eux et leurs buffles. On s'arrête au bord de grands bassins à une distance de cent mètres environ du Gopura de Angkor, près de la grande plate-forme encore gardée par des lions monumentaux ou songs pareils aux chimères fantastiques créées par les Chinois.

Certain de visiter plus tard en détail Angkor-Vat, je continue ma route à travers la forêt pour gagner la citadelle de Angkor-Thom où nous entrons. Mes mandarins me conduisent à la sala qui doit m'abriter quelques jours afin que je puisse visiter les ruines. La sala, au Cambodge, n'est pas autre chose qu'une hutte destinée aux pèlerins qui viennent seulement y faire la sieste pendant l'aprèsmidi ou aux voyageurs qui y peuvent passer le temps qu'ils désirent, en organisant avec leur suite un campement à leur gré. Cette sala n'est quelquefois qu'un simple abri formé de branches d'arbres coupées soutenant un chaume. C'était le cas à Angkor-Thom. Le plus souvent la sala ressemble à toutes les huttes qui servent de maisons aux Cambodgiens. Elle se compose de plusieurs compartiments séparés. Le plancher de ces cabanes ou paillottes, est placé à environ lm,50 audessus du sol, sur des pilotis; on y parvient en grimpant sur une échelle ou plutôt sur un perchoir analogue à ceux que nous voyons installés dans nos poulaillers. C'est l'escalier primitif du pays.

Le plancher ajouré est fait entièrement de tiges de bambou coupées en deux suivant le sens de leur longueur, et liées entre elles par de menues cordelettes de

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