‹ Cambodge et JavaChapitre 12 sur 98 · UNE SAI.A · texte numérisé non relu

UNE SAI.A

rotin. Les vides sont généralement égaux au diamètre de ces lamelles de bambou posées directement sur les solives (voy. page 11).

Elles forment un plancher à claire-voie, élastique et doux sur lequel on pose des nattes épaisses constituant le lit du voyageur. Abrité sous sa moustiquaire, il y dort aussi bien que sur le meilleur des sommiers européens. Si la nuit, au clair de lune, il se réveille, il a même quelquefois la distraction originale de voir au travers du plancher les nombreux petits poissons qui habitent le marécage sur lequel est souvent construite sa hutte, prendre leurs ébats parmi les lotus et autres herbes aquatiques. Les cloisons de la sala sont composées de châssis garnis de feuilles de palmier à sucre (Borascius saccarifera) cousues et maintenues de dix en dix centimètres par de légères traverses de bambou. Les panneaux extérieurs sont garnis de volets fabriqués de la même façon. Ceux-ci peuvent être levés intérieurement à l'aide d'une cordelette de rotin qu'on fixe à volonté sur l'un des chevrons de la toiture pour les maintenir ouverts. La couverture de ces huttes se compose de sebo, longues herbes de marais très répandues dans le pays. On les réunit par petits paquets que l'on enfile après une mince tige de rotin. Ces sortes de volants d'herbage ainsi préparés, on n'a plus qu'à les attacher aux légers chevrons de rotin, en les posant de manière qu'ils se recouvrent les uns les autres pour former un chaume épais (voy. page 1 2). Les pannes de la toiture sont en bambou.

Ces constructions légères, si -bien ventilées de tous les côtés, constituent un genre d'abri admirablement approprié aux exigences du climat cambodgien. Le seul inconvénient du plancher à claire-voie est qu'on peut laisser passer au travers quantité d'objets divers qui vont se perdre dans l'eau ou dans les herbes. Dans les villages, sous chaque hutte, il y a toujours un dépôt de débris formé d'eau croupissante et de détritus de toutes sortes qui répandent souvent des odeurs des plus nauséabondes. A l'extrémité du chaume qui couvre la case des Cambodgiens, les pauvres habitants des forêts, je remarquai un curieux ornement. Il consiste en une série de légères brindilles de feuilles de palmier au bout desquelles sont attachés des débris de pattes desséchées de crabes terrestres dont on a formé

Sonnettes en pattes de crabes terrestres.

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