LEGENDES ET FAITS
victoire de Préa-Thong, les Khams étant dispersés, il y eut pour le roi Hindou et sa dynastie une longue période de paix. Si nous écartons le côté merveilleux de la légende, il resterait des faits qui pourraient passer pour être historiques. Le roi de Crung-Kampuchéa, aidé de ses nombreux compagnons d'émigration, forma des ouvriers indigènes. Les fondations de sa forteresse, de ses palais et de ses temples purent être commencées sur les terres fertiles que la mer laissait de jour en jour à découvert en se retirant, comme cela est reconnu aujourd'hui.
Les Cambodgiens s'accordent à dire que les ruines considérables connues sous le nom de Angkor-Thom sont précisément celles des antiques constructions entreprises par Préa-Thong et ses successeurs, ou suivant la légende, celles que le roi des dragons fit surgir de terre.
La fin de la dynastie de Préa-Thong fut marquée par des événements funestes. Les annales Khmères mentionnent que l'an 43 (av. J.-C.) le roi des Khams descend du Laos avec une armée et chasse le roi du Cambodge de sa capitale. Celui-ci ne tarde pas à rétablir sa puissance, au bout d'un an il peut redevenir le maître en son pays et disperser ses ennemis.
D'autre part, les annales chinoises citent le fait d'une expédition entreprise par les Chinois en l'an 125 (av. J.-C.) à la suite de laquelle le Cambodge ou Tchin-là comme ses ennemis l'appelaient alors, fut forcé de payer un tribut.
Ces deux faits d'invasions différentes des Khams et des Chinois montrent que le peuple Khmer, inquiété et envahi, ne pouvait alors penser qu'à une seule chose : la défense de son territoire. La citadelle d'Angkor-Thom et les principaux monuments qu'elle renferme, étaient sans doute achevés avant ces époques troublées 125 (av. J.-C.) et 43 (av. J.-C).
Si l'on peut admettre que Angkor-Thom ait pu être édifié, comme nous le voyons, avant notre ère, l'origine de sa fondation devient cependant fort incertaine, lorsqu'on consulte un manuscrit ancien appartenant au deuxième chef du clergé au Cambodge. On y trouve des dates qui ne s'accordent point avec celles du Pongsa-Voda. Au lieu d'émigrer au Kutch-Thloc en 443 (av. J.-C.) Préa-Thong, le prince Hindou, n'y aurait pénétré qu'en l'an 289. Sa dynastie, s'arrêtant en l'an 98 de notre ère, n'aurait duré que 387 années.
Dans les annales Khmères, la dynastie commençant en 443 avant Jésus-Christ et finissant en l'an 57 de notre ère, aurait duré cinq cents ans. Ces différences dans les dates, ne changent d'ailleurs en rien notre hypothèse. Angkor-Thom et Banh- Yong pourraient toujours avoir été terminés avant l'an 125 (av. J.-C), époque où les Khmers ont eu à subir des invasions diverses.
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