‹ Cambodge et JavaChapitre 21 sur 98 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

BANH-YONG. - LE MONASTÈRE DE EKDEY. - LE SRA SRONG. — TA-PRÔIIM (LA CITÉ DE

BUAIIMa). MI-BAUME. — PRÉA-RUP.

e tous les monuments ruinés qui subsistent dans l'enceinte de Angkor-Thôm, celui qui offre l'ensemble le plus complet est Banh-Yong (ou Belle-Vue). Cet édifice considérable, malgré la forêt qui le ruine depuis bien des siècles, possède encore toutes ses tours surmontées de leur dôme, ses terrasses, ses cloîtres et ses cours intérieures bordées de galeries. Les décombres amoncelés formés par les portiques et les voûtes écroulés n'empêchent point le voyageur de pénétrer dans presque toutes les parties de l'édifice. Il s'habitue peu à peu à escalader les ruines ou à se glisser parmi les pierres et en quelques jours, comme je l'ai fait moi-même, il parvient adresser un plan approximatif de cet ensemble merveilleux. Un mur bas dont on peut suivre les fondations dans la forêt servait de première

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enceinte (voy. plan, page 29). Il enfermait deux grands étangs placés à l'extrémité ouest du parc où se trouvaient sans doute aussi les habitations des prêtres gardiens du sanctuaire.

L'entrée principale de Banh-Yong, orientée à l'est, s'ouvrait sur un large escalier conduisant à la plate-forme d'une terrasse. Ses balustrades étaient ornées de lions sculptés ou de garudas montés sur un naga polycéphale. Leur corps renversé ou leurs débris gisent encore à demi cachés clans les hautes herbes.

Auprès des galeries, la terrasse diminue de largeur; elle contourne tout l'édifice en accentuant largement les nombreuses saillies formées par les portiques, les péristyles et les pavillons d'angles qui constituent l'ensemble de la deuxième enceinte. On voit sur le plan que chaque porte d'entrée était précédée d'un perron de pierre assez élevé dans lequel un escalier est pratiqué.

Les décombres cachent aujourd'hui les bas-reliefs et les autres ornements qui garnissaient, sous les galeries (voy. plan, page 29), les parois du mur de clôture D. 11 n'est possible d'en distinguer les traces qu'en certains endroits laissés à découvert parmi les pierres brisées. Le fond du grand péristyle d'entrée est terminé par une tour dont le dôme (voy. en I), coiffé d'un Phrom ou quadruple tète de Brahma, semble soutenu par des Garudas formant une rangée de cariatides. Cette tour donne accès aux galeries de la deuxième terrasse qui enferme le grand Prea-Sat ou sanctuaire central.

Contemplons d'abord la vaste cour intérieure qui autrefois était sans doute embellie par des jardins. A chaque angle orienté vers l'est, on remarque les édicules (P sur le plan) placés sur de hauts soubassements. Un escalier à marches très étroites vous y conduit.

Sur les façades orientales de ces édicules P, un perron mène à une petite terrasse (voy. en Y, plan, page 29) qui, placée au-dessus de la voûte de la galerie inférieure, permettait de jouir de la vue des environs. Sous cette terrasse, ily avait un sanctuaire communiquant à la galerie extérieure de la deuxième enceinte, par un portique. Ce lieu est tellement ruiné et encombré de pierres écroulées qu'il m'a été impossible de vérifier si on pouvait aller plus avant sous les soubassements.

Le mur élevé de la deuxième enceinte (voy. D, sur le plan), apparaît au travers des arbres qui remplissent la cour. Les parois intérieures, dépourvues de tout ornement, sévères d'aspect, contrastent singulièrement avec la richesse des constructions qui font corps avec le Prea-Sat central. La deuxième enceinte est élevée comme nous l'avons vu sur une terrasse de niveau uniforme qu'on peut

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