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do hauteur, diadème compris. Son visage est gracieux, avec une expression pleine do bienveillance. La coiffure, formée d'une couronne ornée de perles et de petites palmes, est aussi très intéressante (voy. page 41).
En visitant attentivement ces ruines on remarque souvent des originalités assez curieuses. Il en existe une surtout, pour la salle (T) placée en avant du sanctuaire central. Il semble que cette salle ait été faite après coup sur l'emplacement de la grande cour (0) occupée primitivement par les deux sanctuaires (N). Il a fallu sans doute satisfaire à certains besoins du culte. La salle (T) sépare en deux parties la cour (0) et voile do ses murailles (L, L) les parties d'une façade où l'on voit encore de jolies sculptures qui étaient toutes dégagées auparavant. Les demeures des prêtres de Brahma, construites en bois et recouvertes de chaume, étaient probablement placées dans la deuxième enceinte de Ekdey, le long du Sra qui entoure la grande plate-forme centrale. Il n'en reste plus de traces. Peut-être étaient-elles groupées près du petit édicule (E) qui se trouve au milieu des arbres sur le côté nord du plan. Les prêtres devaient traverser la chaussée de pierre pour aller faire leurs dévotions dans les sanctuaires.
Actuellement, quelques Bonzes occupent avec leur misérable pagode moderne, vouée à Bouddha, un assez vaste terrain surélevé, qui comble de ce côté une partie du Sra. Ils vivent sous les ombrages de grands cocotiers dans des huttes primitives et occupent leurs loisirs en cultivant leur champ de bananiers qu'ils ont gagné sur la forêt envahissante (voy. plan, page 39).
Les ruines de Ta-Prôhm se trouvent tout auprès de Ekdey, le monastère. Elles occupent une surface considérable. La première enceinte forme un rectangle de un kilomètre sur six cent quatre-vingts mètres de côté. Les faces sud, ouest et est ont une porte, celle du nord en a deux; toutes sont surmontées de dômes aux quatre faces de Brahma. C'est dans la deuxième enceinte qu'on nomme le mur aux Joyaux, que sont enfermés le sanctuaire central et ses dépendances, ainsi que l'ancien palais. Intérieurement au lieu de galeries, les quatre faces du mur aux Joyaux étaient occupées par une longue suite de cellules égales en grandeur et construites en briques. Les prêtres de Brahma ayant déjà leur demeure dans le monastère de Ekdey, on peut supposer que ces cellules servaient d'abri aux soldats de la garde du roi lorsque celui-ci habitait ce séjour sacré. On sait en effet qu'un roi des Khmers, chassé de sa capitale, Angkor-Thom, par ses ennemis, fut forcé de se retirer à Ta-Prôhm, qui devint sa capitale. Ces faits se passèrent vers le milieu du xme siècle de notre ère, quand le royaume Khmer était déjà entré dans sa période de décadence. Les longues galeries et toutes les façades des sanctuaires et édicules
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sont comme à Banh-Yong revêtues de sculptures d'une variété extrême, malheureusement la plupart d'entre elles sont mutilées d'une façon voulue. Partout où la figure de Brahma était représentée, le marteau a tout détruit. Les rinceaux délicats et les gracieux motifs qui les accompagnent sont seuls restés intacts. Sur le fragment de sculpture d'un pilastre (voy. planche IV, page 9) on peut juger des méfaits commis par quelques fanatiques. On ne peut rien voir de plus gracieux que la petite divinité placée au milieu des rinceaux composés de feuilles aquatiques. Elle semble vouloir rattacher sa chevelure répandue sur l'une de ses épaules. A côté d'elle, deux guerriers armés de leur bouclier sont en adoration ; plus bas, on remarque une tète fantastique de Rhéou (le diable). De sa mâchoire effroyable sortent deux rinceaux au milieu desquels galopent des chevaliers Khmers. Ces ornements charmants ne sont pas grands de proportion, ils tiennent toute la largeur du pilastre qui n'a que 0J8 centimètres.
Pendant le xin" siècle, l'influence des Bouddhistes devint plus grande parmi les Khmers et les Brahmes furent persécutés par eux. (l'est peut-être à ce moment que Ta-Prôhm eut à subir les dégradations qu'on déplore aujourd'hui. Les ruines de Ta-Prôhm peuvent compter parmi les plus belles du pays, mais elles sont malheureusement dans un état de délabrement plus grave que celles de Banh-Yong. La forêt y est profonde et les arbres envahissent de toutes parts les merveilles qu'il est permis d'admirer encore. Les racines de figuiers enveloppent entièrement les sanctuaires (voy. planche III, page 5), dans d'autres endroits ce sont des sterculias gigantesques qui ont poussé au milieu des chaussées de pierre en soulevant toutes les dalles (voy. planche Y, page 13). Leurs racines vigoureuses sont visibles au-dessus du sol jusqu'à, plus de quarante mètres de distance. Semblables à d'énormes serpents, elles pénètrent dans l'intérieur des galeries, faisant écrouler les pilastres et les pans de murailles. On peut avoir malheureusement la certitude que dans un avenir peu éloigné tout sera détruit.
La date de la fondation de Ta-Prôhm est actuellement inconnue. Mais lorsqu'on considère l'ensemble général des monuments, les sculptures et d'autres détails, il semble qui1 ces lieux sacrés ont été élevés peu après Angkor-Thom et Banh- Yong, précédant ainsi que Ekdey le monastère, les monuments plus parfaits de Àngkor-Vat et de Beng-Méaléa.
Les ruines de Mi-Baume et de Préa-rup ne sont pas éloignées du village de Bôn-taï auprès desquelles se trouvent Ta-Prôhm et Ekdey ; on peut s'y rendre facilement à travers les rizières et la forêt avec les voitures à bœufs. Ces monuments ont été élevés à une époque moins ancienne que ceux dont nous venons de