‹ Cambodge et JavaChapitre 47 sur 98 · LE SANCTUAIRE ET LES TOURS · texte numérisé non relu

LE SANCTUAIRE ET LES TOURS

composent de trois entrées monumentales surmontées de dômes accompagnés et reliés entre eux par des péristyles et des portiques ; leurs piliers brisés gisent à terre, au milieu de l'écroulement presque général. Il faut escalader tous ces décombres pour pénétrer dans la deuxième enceinte, où l'on voit presque aussitôt les restes de petits édifices qui bordaient la large chaussée de pierre menant au sanctuaire. Deux sras étaient placés à droite et à gauche de son grand gopura d'entrée (voy. plan, en G, page 79). Les portes ornées de frontons trilobés formés de serpents aux tètes multiples apparaissent encore, superbes dans leur proportion. La salle intérieure de ce gopura est aujourd'hui à ciel ouvert, la voûte étant tombée. Son plan affecte la forme d'une croix. Elle possède sa corniche presque intacte, aux moulures largement dessinées, sous lesquelles on admire une frise composée de gracieuses Apsaras dansant au centre de rinceaux de fleurs. Les parois intérieures du gopura sont couvertes sur toute leur surface d'ornements si délicatement gravés, qu'ils semblent dessinés sur la muraille plutôt que ciselés par les mains d'un sculpteur.

L'accès du sanctuaire central, encore surmonté de son dôme à étages superposés et couvert de végétation, est complètement obstrué par les ruines des vestibules et portiques qui l'entouraient. Il ne m'a été possible que d'en indiquer seulement la masse d'ensemble (voy. plan, page 79). Sur les huit tours placées au milieu et aux quatre angles de galeries qui encadraient le Préa-Sat, deux seules E et F

sont restées. Les autres ne sont plus qu'un amas de décombres. On voit planche XIV (page 51) celle que j'ai pu prendre du point B marqué sur le plan. Les sculptures du linteau de la petite fenêtre qu'on remarque presque au milieu du dessin sont composées de la façon la plus gracieuse du monde. La planche XV (page 55) en montre le détail. De l'énorme bouche de Rhéou (le diable), dont la figure sert de motif central, sortent des rinceaux faits de feuillages, de plantes aquatiques, se terminant par des dragons fantastiques. Des Apsaras vêtues de bracelets et d'une ceinture légère, ayant sur la tête de hautes coiffures, maintiennent tout en dansant ces dragons menaçants. Sur la tête de Rhéou trône le souverain des Dieux. Une frise de cartouches finement ciselés dans la pierre domine le tout. Les moulures du chambranle de cette petite fenêtre qui n'a que 0m,83 centimètres de largeur, sont curieuses. Elles montrent qu'avec une saillie presque nulle, les architectes ont su

Profil du chambranle d'une fe

NÈTRE A PrÉA-KiIANE.

( Relevé sur place . )

Page 1