INSCRIPTIONS DÉCOUVERTES
Dans les ruines des petits édifices qui précèdent les deux sras placés devant le gopura du sanctuaire de Préa-Khane, M. Delaporte en 1873 et plus tard M. le docteur Harmand ont pu prendre l'empreinte d'une inscription qu'ils ont découverte. Elle a été traduite par MM. Kern, savant hollandais, et Bergaigne, membre de la Société asiatique (voy. Le royaume du Cambodge, page 463, 2° volume, par M. Moura).
En voici un extrait :
« Il y avait un roi pieux, Sa Majeslé Surya Varman, aimant Vishnou et qui monta sur le trône en 924 çaka (l'an 1002 après J.-C). On le surnommait le dieu de l'amour et le dieu de la lune, et c'est lui-même qui fît une œuvre méritoire en créant cet édifice irréprochable. Il avait en grande estime la grammaire, les belles-lettres, etc. » Sous le règne de Surya Varman, l'inscription. fait savoir que les cultes de Brahma et de Bouddha étaient également suivis ; on y trouve, à peu près clans le même nombre, des invocations à Siva et à Bouddha. Les sculptures qu'on étudie dans tout ce qui reste de Préa-Khane, paraissent cependant se rapporter beaucoup plus au culte de Brahma.
Dans son ouvrage, publié en 1880, M. Delaporte donne la traduction faite par M. Àymonier, d'une inscription estampée par lui dans ces mêmes ruines. 11 y est dit que le roi Préa-Srey quitta le trône, étant dégoûté des grandeurs ; il avait compris dans sa sagesse qu'elles ne pouvaient donner à l'homme que des déceptions et voulut finir ses jours dans la retraite et le recueillement à Préa- Khane .
Malheureusement cette inscription ne marque point de date, et comme dans la chronologie incomplète des rois du Cambodge, le nom de Prea-Srey est plusieurs fois répété, on ne peut savoir lequel de ces rois elle doit désigner.
Après le règne de Surya Varman, 1002 après Jésus-Christ, la décadence du peuple Khmer commençait. Il n'est question dans les annales que de révolutions intestines ou de guerres avec la Chine, l'Annam et le Siam. En 1197, le Cambodge paye un tribut à l'Annam qui était devenu alors une puissance militaire redoutable. En 1276, le Cambodge était encore un pays superbe, mais à cause des guerres qu'il eut à soutenir avec le Siam, il se dépeuplait, un grand nombre de Khmers étant emmenés en esclavage dans le pays ennemi. Les malheurs s'accroissent ensuite de plus en plus pour ne prendre fin qu'à la période moderne, celle de notre protectorat.
Pour se rendre des ruines de Préa-Khane à celles de Beng-Méaléa, il faut passer cinq journées entières dans les forêts. Quelques petits hameaux perdus