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LA PREMIERE GALERIE. — LES GARGOUILLES

supérieur est terminé par une trompe d'éléphant légèrement enroulée et portant une sorte de gland aux pendeloques richement ornées. Les mâchoires sont garnies de nombreuses dents très accentuées qui semblent maintenir dans la gueule largement ouverte, l'énorme conduit ménagé pour le passage des eaux (voy. planche XXVII, page 121). Un petit nain grotesque soutient de sa tête et de ses mains la mâchoire inférieure de l'animal. Ce type original de crocodile orné d'une

COL'PE DU SANCTUAIRE DE BOURO-BOUDOR, VOUÉ A BOUDDHA (Java)

Moitié du plan général de Bouro-Boudor, a Java. (Relevé sur place.)

trompe d'éléphant paraît être surtout d'origine Singhalaise. J'en ai remarqué de nombreux exemples à Anuradhapura la ville morte de Ceylan, dont la fondation est beaucoup plus ancienne que Bouro-Boudor et à Pollonarua également. Les têtes de crocodiles servent à orner les perrons de pierre qui conduisent à l'intérieur du temple de Wata-Dagé l'une des plus curieuses ruines de cette seconde ville antique enfouie aujourd'hui comme la précédente, sous la végétation épaisse des arbres séculaires et des fleurs merveilleuses du pays.

BOURO-BOUDOR 119

Chaque promenoir à ciel ouvert des terrasses de Bouro-Boudor est garni sur ses deux côtés de sculptures. Les compositions les plus remarquables sont toujours du côté du mur de soutènement de la montagne. Elles se développent sur une longueur d'environ un kilomètre et demi, mais si l'on compte aussi les bas-reliefs du côté extérieur de chaque couloir, les sculptures réunies du monument mises bout à bout, auraient un développement de plus de trois kilomètres. Ce colossal travail rappelle par ses dimensions extraordinaires celui des bas-reliefs exécutés sur les murailles de Banh-Yong et d'Angkor-Vat dans le Cambodge siamois, il faut avouer qu'il ne ressemble en rien par son exécution à l'œuvre des Khmers.

A Bouro-Boudor, la statuaire est supérieure il estvrai, les proportions humaines mieux observées sont moins naïves d'exécution , mais les autres ornements ne sauraient supporter de comparaison. Les moulures des corniches toutes formées par bandeaux plats n'ont aucune délicatesse et témoignent du peu de recherche des artistes qui les ont composés. D'autres détails encore sont peu étudiés. Il faut excepter cependant les belles moulures largement taillées du premier mur de soubassement et celles des grands Dagobas. De plus ces monuments formés d'étages superposés n'ont demandé aucun effort d'imagination pour la disposition de leur plan. Bouro-Boudor, en somme, n'est qu'une colline coupée en neuf étages. Les artistes Khmers savaient élever des temples ou des palais dont la composition générale était autrement savante. L'ensemble formé donnait des aperçus admirables, très étudiés et parfaits dans toutes leurs parties. Si le caractère des bas-reliefs javanais est absolument différent de celui des sculptures Khmères, il offre au contraire des rapports évidents avec celles qu'on admire aux Indes dans l'un des temples souterrains d'Ajunta et dans quelques parties de ceux de Nassick et de Salsette situés non loin de Bombay.

La seconde galerie contient les bas-reliefs les plus intéressants; ils traitent tous, dans une série de 20 panneaux sculptés, de la vie de Bouddha dont on peut suivre aisément toutes les phases.

Sa jeunesse au milieu du luxe de la cour de son père, son mariage et les années heureuses qui suivirent cet important événement, les moments d'extase du grand homme et son renoncement aux grandeurs de ce monde, sont autant de motifs ciselés dans la pierre avec une puissance rare. On remarque enfin les nombreux épisodes de son existence d'anachorète dans les forets, etc. Les autres étages possèdent des bas-reliefs qui se rattachent à la religion bouddhique. Les apôtres du ÇakyaMouni souvent répétés sur les panneaux sont groupés par trois, quelquefois par neuf personnages. Ils prêchent la religion nouvelle et souvent ils sont mêlés

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