‹ Cambodge et JavaChapitre 70 sur 98 · BAS-RELIEFS BRAHMANIQUES · texte numérisé non relu

BAS-RELIEFS BRAHMANIQUES

avec des saints d'autres sectes religieuses comme les Boddhisatvas et les Dhyanis. Plus loin ce sont des scènes représentant les nombreux miracles opérés par Bouddha ou des cérémonies diverses relatives à son culte, etc. Sur le côté opposé à ces bas-reliefs, c'est-à-dire le long de la muraille extérieure de clôture de cette deuxième galerie, on remarque d'assez curieuses compositions n'ayant aucun rapport avec la religion bouddhique. Il y a de charmants motifs essentiellement brahmaniques, d'autres qui sont en opposition complète avec la religion de Çakya Mouni, surtout du côté orienté au Midi. Voici un jeune Hindou dont la tète est ornée d'un diadème fort riche. Ses oreilles sont garnies de grosses boucles et son cou porte un beau collier. Assis à l'ombre de palmiers, on le voit en adoration devant le taureau divin Nundi, l'animal favori du Dieu Siva et de la déesse Parvati sa femme (voy. planche XXVIII, page 125) à côté de ce gracieux tableau, il y avait d'autres sujets appartenant à la vie du demi-dieu Ilanuman, grand ami de Bama (incarnation de Vishnou) et le héros le plus populaire chez les adorateurs de Brahma. L'un de ces tableaux représente encore une fois Nundi caressé par un singe. Tout auprès du premier panneau, dans un petit cadre complètement isolé, je voyais la représentation parfaite d'un chat, l'animal qui, selon les légendes, surtout parmi les Japonais, n'a jamais voulu reconnaître les lois de Bouddha. A la mort du grand réformateur devenu le Dieu suprême, tous les animaux de la terre voulant lui rendre hommage, se sont faits représenter par quelqu'un de leur espèce, afin d'adorer une dernière fois sa dépouille mortelle. Les stèles sculptées, de nombreux bas-reliefs et d'anciennes images représentent cette scène devenue populaire aussi bien aux Indes qu'en Chine et au Japon. Le chat seul, l'être indépendant par excellence, n'a point paru à cette cérémonie dernière, les lois religieuses nouvellement prescrites par Bouddha lui semblaient peut-être suspectes. Les portes triomphales qui marquent les entrées de chacune des six premières galeries de Bouro-Boudor, presque toutes semblables, sauf quelques détails, sont très remarquables dans leur silhouette générale (voy. planche XXIX, page 133). Placées clans l'axe principal de chacun des côtés du carré que forme le temple, elles sont orientées suivant les points cardinaux. Le motif principal se compose d'une arcade mais les joints des pierres sont horizontaux; c'est le système employé parles Khmers et aussi par les architectes de l'Inde et de Kashmir. Les artistes javanais avaient aussi l'idée de représenter la clef de voûte, quoique dans le cas présent elle soit tout à fait inutile et ont eu soin de la marquer mieux encore par un gros masque sculpté représentant une tête diabolique (le Bhéou des Khmers). La voûte est bien nettement accusée ; enlever les petites assises en encorbellement qui la

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