LES PORTES DES ESCALIERS
supporte était facile, mais ils n'osaient ou no pensaient pas encore à ce détail. Les architectes ont préféré au contraire les faire valoir, en sculptant sur leur saillie de charmants motifs. Ce sont des oiseaux du ciel a tète de femme. J'ai dessiné quelques-unes de ces créatures célestes souvent représentées dans les bas-reliefs du temple de Tjandi Loro Djonggrang (voy. page 125). On ne peut s'empêcher de penser en les voyant à l'analogie curieuse qui existe entre eux et nos gracieux chérubins aux tètes ailées, que les peintres ont si souvent reproduits dans leurs tableaux religieux. L'arcade, d'élégante proportion, forme en même temps le chambranle de la porte et se termine à la base par une tète de crocodile analogue à celle des gargouilles que j'ai décrites plus haut. De la gueule ouverte de ces monstres sort un petit diablotin à la physionomie grimaçante.
Le dessus de chacune de ces portes était surmonté de trois piédestaux détachés, portant chacun des Dagobas, le piédestal du milieu était plus important que ceux qu'on voit sur les côtés. Aucun de ces ornements n'est resté intact par suite des tremblements de terre, mais on peut malgré l'état de ruine actuel, reconstituer en quelque sorte le couronnement de ces intéressants motifs d'architecture. Tout le long du mur de clôture des galeries, au-dessus des bas-reliefs de l'étage inférieur, régnait un faux chéneau très riche en sculpture qui servait en quelque sorte de base à une série de niches dans lesquelles trônait une statue de Bouddha assise à l'orientale. Ces niches étaient surmontées comme les portes d'entrée des escaliers, de piédestaux sur lesquels était placé un Dagoba. Un attique dont le panneau principal était orné d'un Dieu sculpté en haut-relief, servait à relier entre elles toutes ses niches qui formaient au-dessus des bas-reliefs un motif d'ornement continu. On en comprendra mieux l'arrangement en considérant la gravure ci-contre. A tous les angles saillants qui marquent les détours de chaque étage à ciel ouvert, il y avait comme dans le mur de soubassement de la première galerie, une gargouille colossale pour
rejeter les eaux de pluie (voy. en E sur le plan, page 118). Celles-ci sont aussi
Vue d'un des motifs de sculptures qui surmontent
les bas-reliefs de bouro-boudor.
(D'après nature.)