LES GALERIES CIRCULAIRES
remarquables dans leur genre (voy. la tête du chapitre VIII, page 101). Ce sont des têtes d'aspect presque humain, grotesques avec leur chevelure étrange, leurs oreilles formées de rinceaux curieux et leur mâchoire garnie de grosses dents. Des pattes minuscules tout à fait hors de proportion avec l'ensemble de la sculpture, malheureusement toutes brisées aujourd'hui, accompagnaient cette tète fantastique.
Nous arrivons au niveau de la sixième galerie où commencent les trois étages de forme circulaire. Ils s'élèvent graduellement, n'étant composés chacun que de quelques marches. La vue qu'on contemple à cette hauteur est de tous points merveilleuse. Le volcan le Merapi et les montagnes voisines, le volcan éteint le Sœmbing avec les campagnes magnifiques et les forêts de verdure qui les entourent, forment un panorama grandiose. Sous le soleil éclatant de Java, les perspectives s'agrandissent; elles découvrent des lointains d'une profondeur inconnue, éclairés d'une lumière brillante, incomparable. Revenus de notre admiration, nous visitons avec mes compagnons les Dagobas dont la calotte de pierre est découpée de losanges réguliers. On en remarque la taille soignée dans les débris ruinés de quelques-uns d'entre eux. Ces losanges forment quatre rangées superposées au-dessus des larges moulures de la base, une sorte de pinacle très pointu les surmontait. Ces édicules ajourés, presque semblables à des cages, renfermaient des saints vénérés. J'en compte soixante-douze, les statues sont toutes assises à l'orientale, étant à peu de chose près de grandeur naturelle. D'étage en étage, le voyageur passe ainsi une revue qui certe n'est point banale. La majesté du tableau est vraiment exceptionnelle, mais cependant l'impression qu'on en reçoit est loin d'être aussi profonde que celle éprouvée lorsque, au Cambodge, sur la troisième terrasse de Banh-yong, on contemple les quadruples visages colossaux de Brahma qui semblent vous protéger et dont les yeux surveillent vos moindres mouvements. Ce spectacle reste seul inoubliable. La planche XXX (p. 139) représente une partie du deuxième étage des Dagobas dont le plan est circulaire, avec la vue du volcan éteint le Sœmbing (3336 mètres au-dessus du niveau de la mer) qu'on aperçoit au fond du tableau.
Le sommet de Bouro-Boudor est bientôt franchi, nous sommes au pied du sanctuaire où réside encore la statue du saint des saints. Elle était cachée autrefois à tous les yeux, enfermée dans les murailles impénétrables de son Dagoba. On a éventré depuis longtemps les murailles pour pénétrer les mystères de ce lieu sacré. Bouddha apparaît aujourd'hui, mais son image sculptée est inachevée, aucun mortel ne pouvant, disait-on, représenter complètement un être divin aussi parfait. Autour de lui les pierres sont écroulées et dans leurs assises