‹ Cambodge et JavaChapitre 73 sur 98 · LE SANCTUAIRE PRINCIPAL · texte numérisé non relu

LE SANCTUAIRE PRINCIPAL

disjointes ont poussé quelques plantes qui trouvent le peu d'humidité nécessaire à leur existenee. De délicats Adianthums prospèrent dans ce sanctuaire qui devait être inviolable. Le couronnement du Dagoba a été détruit par les tremblements de terre, mais peut-être aussi par la main des hommes. On parvient au sommet, c'est-à-dire jusqu'aux dernières assises de pierres qui devaient servir de base à l'obélisque terminus depuis longtemps tombé, en gravissant, comme autant de marches d'escaliers, les pierres volcaniques encore solides qui constituent la muraille. L'admirable panorama des environs se développe alors tout entier sous vos yeux.

L'époque où j'étais à Bouro-Boudor (février et mars 1895) était fort intéressante par suite d'un événement qui occupait alors le pays. Le volcan le Mérapi, éteint depuis près de quinze années, venait depuis quelques semaines de s'allumer de nouveau. On voyait d'immenses vapeurs soufrées ou d'un noir épais s'échapper de son cratère, et le soir c'était alors des traînées lumineuses de pierres ponces incandescentes qui se précipitaient le long de ses pentes. Du haut du sanctuaire de Bouddha, nous avions avec mes compagnons, le merveilleux spectacle du volcan en feu, et nous ne pouvions en détacher nos regards. Nous voulons nous en approcher le plus possible pour jouir mieux encore des effets de cette éruption intéressante et inattendue, aussi nos préparatifs sont bientôt ordonnés. Heureusement nous étions pourvus de voitures, les cochers attendaient le moment de notre départ. Prévenir d'avance de notre arrivée prochaine le magistrat hollandais qui réside clans la petite ville de Mantilan voisine de Bouro-Boudor, est chose bientôt faite. Nous partons le lendemain dès l'aurore.

Obligeant comme les Hollandais savent l'être, le résident nous donne des conseils pour notre excursion et une lettre pour l'assistant Javanais du petit village deSoudimoro qui seul pourra nous fournir les chevaux nécessaires à notre ascension et les vivres pour notre séjour près du volcan. Mon jeune interprète Van der Meulen, montre son savoir-faire dans cette occasion, il nous tire de peine avec intelligence et vivacité lorsque nous arrivons chez l'assistant. La réception de ce brave Javanais est d'autant plus cordiale, puisqu'il peut échanger quelques bouts de conversation avec nous. Il prie sa femme de nous préparer à déjeuner; et gracieusement, elle veut bien nous servir plusieurs mets du pays et du thé sous un portique entouré de fleurs, embelli par un jardin rempli d'arbres délicieux. Les chevaux sont amenés ensuite, et après le bon voyage traditionnel nous quittons Soudimoro. La route est superbe d'un bout à l'autre, ce pays de Java est vraiment un paradis sur terre que nous parcourons pendant trois heures pour atteindre à la

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