‹ Cambodge et JavaChapitre 87 sur 98 · LES WHITE GLIPFS (BLANCHES FALAISES · texte numérisé non relu

LES WHITE GLIPFS (BLANCHES FALAISES

sorte de clôture faite de branches de pin. Ils n'ont ni vaisselle ni meuble d'aucune sorte, autre que quelques boîtes de fer-blanc abandonnées sur le rivage par des Européens. Leurs vêtements sont en haillons, les enfants sont nus. Le matin il était tombé des torrents d'eau, une fraîcheur relative se faisait sentir, de sorte que ces malheureux sauvages grelottaient de tous leurs membres en se tenant serrés les uns contre les autres, ayant autour d'eux quelques chiens maigres qui faisaient partie delà famille. De retour à bord pour notre déjeuner, nous avons eu le plaisir d'une pêche au requin. Les matelots ont pu en avoir deux, des jeunes, malheureusement, qui n'avaient pas moins cependant de 2,n,80 de longueur. Pour les hisser sur le pont, c'est un véritable travail, car ces monstres pèsent lourd et ils font des sauts et des mouvements si accentués dans la mer qu'on a toujours peur de voir le harpon ou la corde qui le retient, se briser. Enfin nous les tenions et le docteur a voulu aussitôt les disséquer devant nous. 11 a distribué aux voyageurs les nombreuses dents de ces requins en souvenir de son intéressante et très pittoresque leçon d'anatomie. Le lendemain de cet arrêt aux White Cliffs, nous arrivions à Brisbane. La marée est basse, aussi nous ne pouvons arriver qu'à l'embouchure de la rivière, où un petit vapeur vient nous prendre tous, avec nos bagages. Jusqu'à la ville, c'est une agréable promenade ; des deux côtés du rivage on ne voit que de coquettes villas qui toutes possèdent un petit port d'embarquement pour faire du canotage. Le paysage devient de plus en plus riant d'aspect, ce sont des coteaux verdoyants très jolis à contempler, nous voici enfin dans la ville.

Brisbane est une grande ville qui possède 80 000 habitants, sa situation est bien choisie et elle est aussi assez curieuse à visiter. Sa ressemblance est grande avec une ville quelconque des États-Unis, mais pour le touriste il n'a qu'une chose à faire, c'est d'y rester peu de temps. Il y a cependant plusieurs choses intéressantes à voir : le musée de géologie, qui nous donne un aperçu des richesses du pays par ses beaux échantillons de toutes sortes. Il possède aussi une belle collection de fossiles du Queensland et de nombreuses photographies parmi lesquelles on remarque celles qui représentent les grottes de stalactites célèbres de Chillogœ, situées dans le district de l'Heberton. Le Jardin botanique vaut aussi une visite. La grande promenade des environs est celle de la Montagne Blanche [Whit-s Hill) en passant par le faubourg de Woolloongabba. L'excursion est peu agréable tout d'abord ; de ce côté hors la ville, les habitants ont tellement détruit les arbres et tant défriché qu'il n'y a d'ombre nul part. Les petites villas construites en bois sont peu attrayantes, étant toutes placées sur un terrain dénudé à peine orné de rares parterres de fleurs. Voici les bois, mais les plus beaux arbres ont été coupés et

BR1SBANE.

gisent souvent abandonnés sur le sol, d'autres sont brûlés. On ne s'explique guère ce goût de destruction dans un lieu qui sert de promenade pour la ville. Ma voiture monte et descend de nombreux monticules boisés, du haut desquels je peux jouir du vaste panorama de Brisbane, des montagnes éloignées et de la mer. Je m'arrête au sommet de Whit's Ilill, heureux de voir enfin un beau spectacle. Il y a une sorte de restaurant, le rendez-vous des familles. Je demande un verre de bière. « Cela est défendu, me ditlepatron, sivous vouliez «le la bière ou du vin il fallait l'apporter

Troupe de uestiaux de la province de Queensland se rendant a la Nouvelle-Galles du Sud pour être vendue.

(Australie.) (D'après une photographie.)

vous-même, je ne puis vous en donner, cela m'est défendu par les lois de la Société de tempérance. Nous n'avons ici que du thé, du lait ou de la limonade. » Devant pareille réponse, il fallait s'incliner; je voyais à mes dépens que les Australiens sont exagérés et ennuyeux dans leur genre, presque à l'égal de l'Américain des Etats-Unis. Celui-ci, plus expérimenté que je ne l'étais, sait mieux se tirer d'affaire car il voyage le plus souvent avec une sacoche, garnie d'une bouteille de whisky qu'il réserve pour son usage particulier.

Lorsque le voyageur est parvenu sur la terre australienne, il éprouve une certaine déception en contemplant les paysages qui se développent sous ses yeux

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