EN CHEMIN DE FER. — SYDNEY
pendant de longues heures de pérégrination en chemin de fer. De Brisbane, capitale de Queensland, vingt-huit heures en wagon jusqu'à Sydney, dans le New South Wales, sauf quelques rares exceptions, le panorama est monotone et peu pittoresque. Ce sont toujours des plaines immenses ou des territoires couverts d'eucalyptus. Ces arbres semblent être les ennemis des Australiens ; on en brûle des régions entières pour que les herbages puissent pousser librement, afin de nourrir les bestiaux. Les élevages ont, il est vrai, pour les Australiens, une importance considérable, et il faut bien que les animaux qui partent de la province de Queensland pour être vendus sur les marchés de la Nouvelle-Galles du Sud ou de Victoria puissent vivre pendant tout le parcours de leur long voyage. Les bestiaux suivent un tracé connu par avance et peuvent faire par jour des étapes assez régulières de onze kilomètres environ. Leur voyage est plus ou moins long, mais il se prolonge quelquefois jusqu'à une distance de 2000 kilomètres et dure dans ce cas près de six mois. L'aspect de ces troupeaux de bestiaux est réellement magnifique (voy. page 143), le paysage devient animé et fort intéressant, mais ce spectacle n'est pas vu fréquemment, et bientôt tout redevient triste et uniforme. Quelques parages seuls font diversion, ce sont ceux de Ardgleen, Temple Court, Murrurundi où l'on a la vue de jolies petites montagnes agrestes et de riantes vallées.
Sydney, capitale de New South Wales, est une ville considérable de près de 112 000 habitants, et très féconde en aperçus pittoresques de la mer. Sa situation est en effetexceptionnelle et lorsque, prenant un bateau, on parcourt les nombreuses petites baies qui viennent l'arroser, Sydney, avec ses maisons en amphithéâtre, semble vraiment un séjour merveilleux. Le port Jackson est un des plus beaux qu'on puisse voir et il offre un charme presque égal à celui de San Francisco aux États- Unis. Sydney, d'ailleurs, a quelques points de ressemblance avec cette ville; ses rues, ses importantes maisons construites à grands frais, mais dont l'architecture est d'un goût tourmenté et plus que bizarre, semblent être les mêmes; les hôtels confortables des voyageurs, les salles de théâtre, les bars, tout ici est également américain.
Les rues de Sydney sont sillonnées de chemins de fer et de tramways, et pour la somme de 20 centimes on peut les parcourir d'une extrémité à l'autre. Les voitures, bondées de monde, montent et descendent les collines nombreuses, et partout on jouit d'agréables points de vue des baies. On ne saurait reprocher à Sydney, première ville fondée, il y a cent ans en Australie, de ne pas avoir de monuments véritablement curieux. Les Australiens ne peuvent vous montrer en effet que des choses modernes, mais on voit qu'ils font des efforts