LA GARDE DU SAINT CORPS
La garde du saint corps du roi défunt est organisée par une ordonnance royale rendue |)ar le nouveau roi et datée du lendemain de la mort de Noroudam, et les cérémonies journalières sont ordonnées conformément aux coutumes anciennes.
t. Le krom réaksa Préas Angk ou « compagnie des gardiens de Téminente personne (le défunt) » est chargé de fournir chaque jour seize gardes qui ne doivent pas quitter un seul instant le Hô préas Thamma sàngvék, et qui doivent veiller autour du catafalque au sommet duquel brille l'urne mortuaire lamée d'or.
V*. Les deux grands monastères de Phnôm-Pénh, celui du Sâmdach préas uidha sàngkharéach de la secte des Màhanikav et celui du Sàmdach Préas Vonrott de la secte des Thammayuti, doivent envoyer chacun son jour seize religieux pour la cérémonie des morts (ihiweu bon dar), la lecture en chaire (tésna), le récit des saintes prières (préas thàm), et la veille jour et nuit. Ils doivent en outre envoyer loo religieux chaque jour, à six heures du soir pour les libéralités qui sont faites aux frais du roi Sisovath, afin d'acquérir des mérites - (kusal), au compte de son très excellent et éminent frère (sàmdack préas riem). Ces cent religieux reçoivent un présent de lo cents, ce qui d'ailleurs est contraire au septième précepte de Patimouk qui défend aux religieux de recevoir soit de l'argent, soit de l'or.
i. — Douze musiciens sont attachés au service du corps sacré. Us sont payés charnu 5 piastres par mois.
\. Le palais doit envoyer quatre fois chaque jour, à 6 heures du matin, à midi, à 6 heures du soir et à minuit, 65 femmes, dites pleureuses de la veille (néany yum yéam), vêtues de blanc, dire en chamr les stances de la désolatu ^ous
la direction d'une dame qui est payée 4o cenU pas jour et nuit et de quatre autres dames qui reçoivent 3o cents. Les 65 néang sont payées chacune 70 cents pour les quatre séances — les quatre larmes, me dit un dignitaire facétieux.
5. — Les différents krom ou services royaux doivent fournir chaque jour : quatre damraot ou licteurs, cinq pages de garde, deux ensevelisseurs, deux laveurs de cadavres, deux censeurs des mœurs et conservateurs des usages, deux porteurs pour l'eau des religieux, deux porteurs de lances ornées de poils de chamaras, deux bakou ou purohitasy douze batteurs de cimbales et de petits tambourins (phléng piphéat), deux lettrés (pandit), deux secrétaires royaux, deux gardiens du palais. Chacun de ces hommes reçoit chaque jour 10 cents.
6. Quant aux membres de la famille royale plus ou moins éloignés (vongsa el anuuongsa)/ih doivent, soit les uns soit les autres, participer au sadappakan, c'està-dire à la cérémonie au cours de laquelle la bande de cotonnade blanche qui descend de l'urne funéraire est placée sur les mains des religieux qui disent les prières des morts. — J'ai déjà dit que cette bande d'étoffe remplace le bangskaul ou morceau de cotonnade qu'on met sur la tombe des gens du peuple et que le religieux tire à lui à la fin de la prière.
7. — Ils doivent encore, en compagnie des ministres el de tous les conseillers, venir tous les jours saints (i) offrir et allumer sur le catafalque des cierges et des bâtonnets odoriférants afin d'honorer le roi défunt.
Les ministres doivent au moins une fois participer au sadappakan,
8. — La préas ângk-machas Akkhanari, d'origine siamoise, est chargée de préparer journellement l'offrande du luminaire qui brûle sur le catafalque royal, cierges et bâtonnets odoriférants, et de fournir les religieux de chiques de bétel et de tabac à fumer. Pour cet objet, les magasins lui délivrent mensuellement environ 29 kilogrammes de cire d'abeille, 6 kilogrammes de mèche à cierges, 3 10 bougies françaises en paque.t, 3 10 bougies non en paquet, 70 kilogrammes de tabac, 69 kilogrammes et demi de noix d'arec sèches, .57^ feuilles de bétel jaune, i .706 feuilles de bananier vertes, 1.46^ sèches pour les cigarettes et 3 grands pots de chaux rosée pour les chiques.
9. — La Khun saudar bavar est chargée de fournir aux 16 religieux qui, chaque jour el chaque nuit, viennent veiller, un potage dont le prix est ûxé à i|j|8o, puis de leur remettre à chacun 1 piastre. — Elle touche journellement, en outre de 1 7)i$8o, 6 kilogrammes de riz blanc et a5 cents pour le bois à brûler nécessaire à la cuisson du potage.
10. - La màm Sophi est chargée de préparer les offrandes de vivres qui journellement sont portées à l'urne funéraire. Pour cet objet elle reçoit une piastre.
11. Le service des anciens domestique du roi défunt est chargé de l'offrande de madère, le seul vin qu'il buvait à ses repas, et de fournir de limonade les 16 religieux veilleurs. Pour ces deux objets, on lui remet par mois 16 bouteilles de madère et cha-
(1) Il va quatre jourâ saints par mois : le 8* jours de la lunt* croissante, le jour de la pleine lune, te 8« et le i5<^ jour de la lune décroissante.
que jour i6 bouteilles de limonade. Deux porteurs sont chargés d'apporter Peau ; ils sont payés chacun 5 piastres par mois.
Les gardiens du corps sacré reçoivent chaque jour, pour lajoumée et ia nuit, ao régime de bananes dites pon^/néân (œufs de poules), lo ananas, 5o mangues dites suaypûm séiiy loo oranges, loo mangoustans, 3o kilogrammes de letchis de Chine, lo grappes de saumau (un fruit à noyau), 3 kilogrammes de mœum phlong (tubercules).
12. — Des gens sont chargés de préparer et d'ofirir du thé aux religieux. Pour cet objet, ils reçoivent mensuellement 90 kilogrammes de sucre, 62 paquets de thé dît mayyistm, 1 14 kilogrammes de charbon de Cochinchine dit thyoung-kougkang.
i3. — Les censeurs des mœurs ou sàngkhreyy chargés de faire quelques présents insignifiants aux seize religieux, reçoivent journellement à cet effet i piastre chacun.
i4- — La compagnie des alakh employés aux écritures et au trésor, sont chargés de remettre : 20 cents à chacun des 100 religieux qui viennent journellement dire les prières des morts et célébrer le sadappâkan ; 2 piastres à chacun des religieux lecteurs en chaire et 20 cents à chacun des huit religieux qui disent les staijces après chaque lecture.
i5. -^ En outre du luminaire qui est préparé et offert au nom de roi par la Préas Angk, il y a les lampes et Félectricité dite bànlœu akkiyosuni{i). Les Chinois chargés d'entretenir les lampes reçoivent mensuellement environt 56 kilogrammes d'huile de coco et 106 kilogrammes de pétrole qu'ils mélangent. Quant à l'électricité elle est payée
sur facture d'après les indications relevées au compteur tous les mois.