DES PÈRE, MÈRE ET TANTE OF ROI NOROUDAM
I. — La cérémonie du transfert des os cah^inés {préas hàrom, achis) du Préas bat sàmdach préas HAriréakh Réam Essaralîpdey, qui fut le très royal père du roi Noroudâm, de la sàmdach préas voréachchînî qui fut sa très-royale mère, de la sâmdach préas méattochchha Pou qui fui sa tante (sœur de sa mère), — chacun dans leur urne d'or déposé dans une salle du palais dite Hd préas Athis (hôtel des saints os) située derrière la salle du trAne, — devail avoir lieu à ^ heures du soir. Elle a commencé à 4 heures.
A cette heure, dans la salle des Urnes royales, — le Roi, le Résident supérieur, quelques princes et quelques hauts dignitaires étant présents, — le sàngkrey invite 268 religieux (1) à dire le préas sattapakarana qui remplace le bàngskaul aux funérailles des particuliers.
Cette prière achevée, les màlàphousas et les snôm-pol-rieun se prosternent et invitent les urnes sacrées des ancêtres du roi défunt à prendre place sur la réachyéanamat-méas ou royal palanquin d'or des ofïîciers.
Les bakous soufHent dans les conques, le flageolet pleure et les tambourineurs battent leurs instruments avec le bâton recourbé. Alors, le roi touche les urnes et les phousamàlàs les transportent hors de la salle et les déposent successivement sur le palanquin d'or. Le Roi, le Résident supérieur, les ministres, les princes suivent et le Roi fait le simulacre de les placer sur le réach-yéanamat-méas. Les conques se taisent, mais le flageolet et les tambourins ne cessent pas un instant de se faire entendre.
J'ai dit que la salle des urnes royales est située derrière la salle du trône. La porte par laquelle les urnes sont sorties est la porte Nord; elle donne dans une petite cour
(i) Autant qu'il s'est écoulé d'années depois la naissance d'Angk-Duong jusqu'à sa mort et ce joar, soit 1 1 1 années, jointes aux 8^ années que la Reine-mère a vécnes et aux j5 années que la tante a vécues.
IW's étroilo, qui est séparée du palais intérieur par une grille en fer. Une por>e'qui perce celle grille donne accès sur une allée qui, du Jardin des fleure, pénètre dans la grande cour du palais réservé. Celte allée est fermée par une porte placée entre la salle du trône et le palais dit tinéang-phiméanakas, ou palais aérien, parce qu'il est surmonté d'une sorte de campanile.
^.. — Au moment où s*ébranle le palanquin porté par douze hommes vêtus de rouge et escorté des princes, des hauts dignitaires tous vêtus de blanc et coiffés du romphak blanc à pointe, les conques se font de nouveau entehdre el le cortège se met en marche.
Les trois urnes d'or sont posées chacune sur un plateau à pied également en or el placées groupées sur le palanquin. Celle du roi mesure \o centimètres de hauteur, celle de la reine mère v3o centimètres el celle de la lanle seulement v/i cenliraèlres. Klles sont fixées au palanquin à Faide de cordelettes en coton grosses comme le petil doigt, afin que les mouvements des porteurs, au cours de la marche, ne les jettent pas à lerre.
Le corlège, enfermé entre deux cordes soutenues par les porteurs d'étendards placés à deux mètres les uns derrière les autres, sort du palais réservé par la porte dite plus haut, pénètre dans le Jardin des Fleurs, passe entre le Trésor royal el la maison où se trouvent les bureaux du contrôleur des dépenses el parvient dans la Grande-Rue par la porte centrale de l'Est. Le canon tonne 21 coups el le corlège s'achemine par la Grande-Rue vers le Nord jusqu'au canal,suit vers l'Ouest le quai Piquet jusqu'au marché, tourne au Sud el descend la rue Obier jusqu'à l'angle Nord-Ouest de l'enclos du mén, longe le côlé Nord de cet enclos, regagne la Grande-Rue et pénètre dans le Véal préas- Mén par la porte centrale du côté Est.
L — Ce corlège qui se développe, je l'ai déjà dit, entre deux i-ordes soutenues par deux cents porteurs d'étendards, détile dans l'ordre que voici :
U'iibord un grand pavillon de forme triangulaire, dit pavillon cambodgien, dont la hampe est rouge et dont le drapeau rouge est bordé d'une large bordure bleue.
Derrière ce drapeau parait un fanion carré noir au centre duquel on a cousu la représentation en cotonnade blanche découpée d'un vase à pied supportant un livre sacré flanqué de deux aphirom ou parasols à cinq étages.
Derrière ce fanion, viennent : neuf cavaliers de la garde royale portant des fanions noirs an lieu de lances, un corps de vingt musiciens cambodgiens jouant dans des ins- Irumenls. Ils sont dirigés par un vieux manillais et jouent l'Hymne royale Khmôre.
^4 fusiliers cambodgiens forment la haie à raison de douze par chaque côté. Derrière eux, la haie est formée par i\ dâmrnot portant chacun un faisceau de rotins qu'ils tiennent horizontalement devant eux, à hauteur de la poitrine ; puis, par les porteurs trétendards variés qui, de deux mètres en deux mètres, soutiennent les cordes dont j'ai parlé plus haut.
Entre ces porteurs d'étendards, tous vêtus et i-oifles de rouge, vient un corps do musiciens composé de tambours, de péal kony qui est un jeti de cymbales accordées el fixées sur un cadre circulaire, au centre duquel se place rinsirninentiste.
Derrière ce corps de musiciens Cambodgiens, viennent mi corps de musiciens Cham et Malais au milieu desquels on distingue des tambours très peu profonds mais très larges à une seule peau solidement tendue à Faide de nombreuses chevilles, qu*on bat avec la main, puis les notables de cette nation vêtus de la robe et coiffée du turban que portent seuls les fidèles qui ont fait le pèlerinage de La Mecque, et enfin les dignitaires cambodgiens velus de la longue robe en mousseline lamée d*or. dite an phat phai), coiffés de roinphakbhiiv et portant tous une Heur de lotus rouge en pa. pier. Enfin, entre les /n«/â-/eA% porteurs de laiu*.es, qui marchent la pointe en bas dans la gaine ouvragée, vient le joueur de fiageolel qui pleure des notes grêles et tristes, toujours les mêmes et dont Tunique finale est scandée par un coup des tambourineurs.
Derrière, parait le rèach-ijéanamat-niéas qu'on nomme aussi bossa hok-méas pour cette occasion. Il est porté par douze hommes vêtus et coiffés de rouge, et escorté, suivi des gouverneurs des provinces vêtus de la robe de mousseline et coiffés du romphak blanc à pointe.
Derrière les gouverneurs, gardées par les kromo-uéang et surveillées par les chastùm qui sont les vieilles-mûres ou duègnes, se pressent les princesses et les femmes du palais^ toutes vêtues de blanc et les cheveux absolument rasés. Elles viennent en tumulte, souriantes, curieuses, saluant les amies et les connaissances qu'elles appertoivent, la tête couverte d'un mouchoir pour atténuer la chaleur des rayons du soleil sur leurs têtes dépouillées de cheveux.
4. — Le lioi n'a pas suivi. Il est resté avec le liésident supérieur, auquel, — profilant de l'absence des femmes, il fait visiter les jardins intérieurs du palais. Ils se trouvent tous les deux à la porte Est du mén quand la tête du cortège parait à la porte principale qui donne sur la Grande-Rue. Les conques marines à ce moment meuglent (le nouveau et le cortège décrit trois tours complets autour du mén en lui présentant rituellement le côté gauche. Le flageolet qui, avec les tambourineurs, a pénétré dans la chappelle ardente par la porte Sud, alors que le bossahok y en Ire par la porte Est, ne cesse pas un seul instant de pleurer pour tout le monde.
Le corps de musique française s'est arrêté en avant de la porte Est el les fusiliers cambodgiens, les porteurs de lance, font la haie. Les musiciens jouent la Marseillaise, l'hymne nationale des khmêrs et le bossahok avance lentement jusqu'au pied du plan incliné qui a été roulé de l'extérieur à l'intérieur <(uelques instants avani l'arrivée du roi. Il permettra de hisser les trois urnes jusqu'au sommet du pràas moha-banhchà c[ue les charpentiers ont apporté de la Chapelle ardente du hôpréas Thommasàngvék et reconstruit à neuf étages ; il mesure plus de 10 mètres de hauteur. Les princesses et les femmes du cortège qui ont contourné le mén prennent place au côté Ouest.
Le Roi retire ses chaussures, monte sur le char doré orné de flammes d'or el tait le simulacre de recevoir les trois urnes, puis le chef des màlàphonsas el quatre des huil snôm-pol-rieun, qui sont ses aides, prennent place sur le Iraniean, s'y assoieni
— lao —
à riiulienne, les jambes croisées, el prennent les plateaux et les urnes funéraires qu'ils placent sur leurs genoux et soutiennent de leurs deux mains. Le Roi descend du plan incliné et reprend sa place près du Résiileiil supérieur, sur le côté droit. 11 donne le signal ; les bakous soufllent dans les conques, le flageolet continue de pleurer sa melopé et le char, — traîné par deux cordes amarrées à Tavant et qui passent sur deux roues avant de revenir en dessous, -commence à monter.
Quand il est parvenu au sommet, les tireurs s'arrêtent, mettent les cordes sous leurs pieds et s'accroupissent dessus.
Le màlàphousa descend du char sur la plateforme que domine le catafalque et place les urnes et leurs plateaux d*or sur un petit socle de bois. Alors le char commence à descendre avec les cinq hommes. Les conques marines sonnent de nouveau et le flageolet continue de pleurer pendant que le plan incliné, monté sur quatre roues basses, est entraîné au dehors.
■). A ce moment, on étend des tapis sur tout le plancher du coté Kst et liiS religieux, le chef des mahanikay en tête, viennent y prendre place sur quatre rangs, le dos tourné au Sud. Le Roi se couche à demi sur un tapis placé à la hauteur de celui qui est occupé par le chef des religieux, à gauchcet au pied Aupréas ntoha-banhchà. Il salue en s^inclinant trois fois, les mains jointes au-dessus du front, le vieux religieux, el les frères disent le Nomou Pullhéa, etc, qui esl la salutation au Rnddha. Cette salutation répétée trois fois, un pandit, ou lettré, dépose sur les mains des religieux iepousayông qu'il est allé prendre dans le plateau d*or où, tombant de la principale urne funéraire, il était plié, et les invitent h dire le sattapakarana ou stances du bangskauls une fois en Thonneur du roi père, une fois pour la reine-mère et uUe tixiisiëme fois on Thotineur de la tante du roi NoroudÂm. sœur de sa mère. Il est 6 heures passées quand les religieux se retirent.
6. ^ A sept heures tout le mén est illuminé et, dans le oéal-métt les atti*actions sont nombreuses. La foule circule très-gaie au travers des chhnt-ruot, des mât^ qui supportetit les pièces d artifice {prntip-chhvala) et les hautes illuminations qui les domiUent au sommet d'autres raAls. Pendant ce temps, dans les quatre sàmsah qui sont les tourelles des quatre coins de Tenceinte sacrée du méti^ 3i religieux disent l«*s mantrasdela sainte Loi {moni préas Thomma), à raison de huit parsrim^nn, en rhonneur des personnages dont les ossements calcinés sont dans les trois urnes f\inêraires.
;. — A huit heures etileniie^ un religieux accompagné de quatre assesseui's^ s assieil ilans le méh, au \nv\i Sud du catafalque, sur une chaire à prêcher el lit le pétokun el le /nërtf fofriin qui est une salutation aux père et mère du roi déf\int.
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TROISIÈME JOUR, JEUDI 4 JANVIER. ~ RETOUR DES URNES DES ANCÊTRES AU HO-PRÉAS'-AtltîS
I. — A 9 heures du matin, les snôm-pol^rieun viennent^ dans la chapelle ardente du mén, au coléOuosI, fîure rolTrande des vivres aux mânes des jinrêtres qui sont
reui'eniiées dans les trois unies placées au sommet du catafalque. Ils sont au nombre de quatre et tiennent dans leurs mains des plateaux d'or chargés de petits bols et de soucoupes. Ils s'agenouillent, s'inclinent^ élôvent les plateaux au-dessus de leurs têtes et les déposent sur la table basse en prononçant quelques paroles qui sont à peu près celles-ci : «0 saints et éminents ossements (préau barôm athis) du roi père, de lu reine-mère, de la tante, qui êtes dans les saintes et éminentes urnes placées sur ce catafalque, nous venons vous saluer, nous incliner devant vous, et vous oflrir ces aliments. Receve» les o saintes personnes royales ».
Ceci dit, ils saluent et se retirent. Un instant après un groupe de princesses et de (emmes du palais pénètre par la même porte dans la chapelle ardente et prend place au côté Ouest, sur des nattes. Elles sont toutes vêtues de blanc et leurs cheveux sont rasés du matin.
2. l^ne heure plus lard, vers dix heures, les 1^2 religieux (jui, la veille dans l'après-midi, ont dit les pr^a^ tiph-mont dans lessâmsan des quatre angles de l'enceinte, reviennent dire le Dar dans le mén, au pied Sud du catafalque. C'est en cet endroit que Sa Majesté leur fait elle-même l'aumône des vivres qu'elle distribue dans leur sébile avec une cuiller d'or, à manche ouvragé. Ce réàp^bat ou « distribution dans la sébile i» terminé, les religieux se retirent et vont déjeuner dans Tune des (galeries de lenceinle du mén.
'5. — Pendant ce temps, les théâtres annamite, chinois, et les danses cambodgiennes, les balançoires umusent la foule et le véal prèas men na désemplit pas jusqu'à minuit.
4. — A 2 heures du soir, un religieux, accompagné de quatre assesseurs, vient prendre place dans une chaire à pi^écher placée au pied Sud du catafalque et lit un livre sacré en l'honneur des trois personnages dont les cendres sont dans les urnes funéraires et pour les princesses et les femmes du palais qui sont revenues prendre place à l'Ouest du préas moha banhchà.
K — Vers 5 heures du soir, le Roi, le Résident supérieur, les ministres et les Européens présents prennent place dans le préas banléa situé au Sud du mén^ en dehors de l'enceinte sacrée, pour assister aux luttes et à l'escrime des champions que les hauts dignitaires et quelques gouverneurs des provinces ont amenés.
Ces exercices ont lieu, et aui-ont lieu les jours suivants, au centre d'un cercle formé par les dàmruot porteurs des faisceaux de rotin qu'ils tiennent horicontalement, étant accroupis, à hauteur de leur poitrine, les coudes sur les genoux. Les premières luttes mettent en présence des boxeurs dont les poignets sont serres dans des bandages destinés, m'assure-t-on, à garantir les doigts. Les autres sont des luttes à mains plates, pais de l'escrime à deux sabres de bois qui est plutôt une danse qu'un as.saut. Des lutteurs armés chacun de deux bâtons courts leur succèdent ; viennent ensuite des lutteurs armés de bâtons longs de 2 mètres et enfin un lutteur armé d'un long
haton conlie un homme dont les «vant-bnis sont extérieurement couvert de bambous
(}ui, liés eu deux ou trois endroits à sou bras, sont traversés par uue cheville pointue qu'il tient à la main. Cette lutte est curieuse et très ancienne, celle des cbvéa on javanais ; elle est dite kun-chvéa-pràchak « lutte des perceurs javanais ». L'homme armé d'un bâton et debout porte des coups qui sont parés par l'avant-bras de Thomme armé d'une cheville et qui, marchant presqu'accroupi, pare avec ses avant-bras ei cherche à atteindre l'adversaire avec ses chevilles en l'attaquant en dessous. La lutte s'achève toujours par la victoire du javanais armé de la cheville qui atteint l'autre au ventre, aux bras, le désarme et met son pied sur le bâton. 11 est visible que tous ee> gens se ménagent et qu'ils ne combattent que pour la galerie. Le vainqueur reçoit toujours de cinq à dix piastres d'argent et le vaincu de deux à cinq piastres.
Les luttes terminées, le Roi et le Résident jettent au peuple des citrons contenant une médaille comémorative d'argent à l'effigie de Noroudâm, et des juges montés au sommet des quatre pliha-poprifis placés aux angles de l'enclos, en jettent chacun un millier. On tend des parapluies renversés pour les recevoir ; les gens se pressent pour attraper ceux des citrons qui tombent à terre et tout c^la presque sans tumulte, sans bousculade violente et même sans coups de poings entre les enfants.
(). — Pendant ce temps, i&S religieux (nous avons vu plus haut la raison de le nombre) prennent place dans le men, au Sud et à l'Est et disent le Sattapakarana ayant le phusayong étendu sur leurs mains, ils viennent d achever leur récitation et se retirent quand le Roi et le Résident supérieur pénètrent par la porte Sud dans la chapelle ardente et viennent prendre place sur des chaises préparées pour eux au coté Est du mériy à gauche du plan incliné que les charpentiers du palais ont amené.
Les ministres, les hauts dignitaires, les chefs de services royaux sont présents et. lie nouveau, le flageolet pleure pour tout le monde sa triste mélopée que scandent les coups donnés avec un bâton recourbé par les tambourineurs. Les princesses et femmes du palais sont placées à l'Ouest, dans la partie qui leur est réservée. Une foule de dignitaires occupent le côté Sud et les Européens sont assis sur des chaises rangées au côté Nord du catafalque.
Le Roi donne un ordre, les bakous soufflent dans les conques marines et le chai* sur lequel ont pris part les màlàphousas et les snôm-pol-rieun vêtus de mousseline et coifiés du romphak à pointe monte le plan incliné et s'arrête au sommet. Les trois urnes royales sont enlevées de sur le catafalque par les cinq hommes qui, assis à l'indienne les jambes croisées, les placent sur leurs cuisses et les tienneni respectueusement avec les deux mains. Les bakous souillent de nouveau dans les conques et le char commence à descendre.
Il est reçu tout au bas par le Roi qui, s'étant déchaussé, est monté sur le char et qui touche successivement les urnes. Elles sont alors déposées sur le yéanamat ou bossobok qui est un palanquin porté par douze petits dignitaires vêtus de l'aube de mousseline lamée d'or et coiffés du romphak. Les conques meuglent par trois fois et le palanquin s'achemine par la porte Est vers la Grande-Rue. Un petit cortège s'or- |fanis(» avec les cavaliers de la garde royale, les dâmruot porteurs de faisceaux de rotins, les p(»rteurs de lances qui marchent la pointe de leur arme tournée vers le
sol. Le flageolet précède le palanquin des Irois urnes ; les ministres, les hauts dignitaires, les princes le suivent ainsi que les princesses et les dames du palais sous la î^arde des kromovi^ang ou gardiens du palais el la surveillance des chas-tûm ou dncgues.
I^e palanquin du roi régnant précède le yéanamat des urnes, mais le Hoi n'y «i pas pi'is place ; il est sorti du mén par la porte Sud aver le Résident supérieur el il a gagné, au raccourci, la salle intérieure du palais royal où elles seront conservées. Fendant ee temps^ le cortège a gagné la (irande-Rue, l'a remontée jusqu'à la porte centrale Est du palais, a traversé la première et la seconde enceinte, tourné au Nord et, ayant passé la grille du Jardin des Fleurs, a suivi Tallée qui conduit à la porte placée entre la salle du Trône et le Phiméanakas. Le cortège s'arrête, le Bossobok franchit cette porte et pénètre dans la petite cour dont j'ai parlé plus haut.
C'est dans cette cour que attendent le Roi, le Résident supérieur, les princes, les ministres. Le Roi reçoit les trois urnes et, guidant les dignitaires qui les portent, les fait replacer dans le a hôpréas athis du saint palais, » ou elles étaient déposées avant qu'on vint les prendre pour les placer au sommet du préas moha banhchâ dans le méii d'incinération.
Les bakous soufllent dans les conques, le flageolet depuis le commencent de la rérémonie n'a pas cesser de pleurer et les tambourineurs ont piqué ses finales d'un coup de leurs bâtons recourbés.
Dans le Jardin des Fleurs, le peuple amassé pousse un hou ! hou ! eu Thonneur des cendres du roi Angk-duong, de la reine-mère Pou son épouse, el de sa bellesœnr, sœur de dame Pou.
orATniÈME JOrRNÉK, VENDREDI :") JANVIER l^i. — PROCESSDhN DE L IRNE Al TRAVERS