DE LA VILLE. SON DÉPÔT AT SOMMET DU CATAFALQUE
1. — L'ordre a été donné la veille à tous les princes, princesses, alliés et alliées de la famille royale, à tous les ministres, conseillers royaux, hauts el petits dignitaires, à tous les habitants cambodgiens de la ville et de la province, qui n'ont pas encore fait raser leurs cheveux et pris les vêlements de deuil, de se faire raser el de revêtir des vrlements blancs en l'honneur du roi défunt. Et la foule des régnicoles se promène par les rues de la ville, dans les cours publiques du palais, dans le Jardin des Fleurs et dans la double enceinte du mén, vêtue de cotonnades blanches el neuves ; les têtes sont dénudées et, pour les garantir des rayons du soleil, les femmes et les jeunes filles les couvrent qui d'un pan de son écharpe, qui d'un mouchoir blanc. Presque tous le.< hommes, dans cette foule, sont coiffés de chapeaux de paille ou de feutre noir(i).
'2. — A huit heures du matin, trois heures plus tard que ne l'indiquait le programme en langue el caractères français et aussi le règlement en langue et caractères khmêrs
(i) Le roi seul a le droit de ne point avoir les chev^nix ntsês, mais alors il doit so fairt» tailler les cheveux rituellement, les porter en brosse.
tloiil j'ai parlé plus fiaul, Si» MHJt»sh', lt»s primes ol priticosses, los ulliés el les aHu»e> lie. la famille royale, le premier ministre, les quatres autres ministres et tous les conseillers, viennent dans le hô prias Thomma-sânggéh, saluer TUrne funéraire du roi Noroudàm qui est placée au centre de la salle, sur un petit socle, à la place même où se trouvait le catafalque qui a été démonté et reconstruit dans le mén. Le Résident supérieur est arrivé, de nombreux Européens sont massés dans le Jardin des Fleurs.
Alors, Sa Majesté, s*adressant au Roi qui est dans TUme sainte, après Tavoir salué « l'invite à monter dans le char royal ou bossohok qui doit processionnellemenl le conduire au préas mén d'or.
A ce moment 70 religieux autant que le roi NoroudAm a vécu crannées, disent le sattapakarana, le phou^yon^ sur les mains. Ce hangskaul terminé, le Roi donne lin ordre, les bakous sonnent de la conque et les snôm^àmruot, ayant par troin fois salué le « saint et éminenl corps », soulèvent Turne funéraire el la transportent à Textérieur Hur un palanquin doré ou préas yéanamat méas que douze hommes portoront. Le flageolet pleure, les tambourins sont battus et lorsque lurne sainte est bien attachée sur le palanquin avec des cordelettes de coton, le cortège se met en marche pour sortir du Jardin des Fleurs, traverser la (irande^Rue, le préasléan ou place royalo qui s'étend devant la face Est du palais, et gagner le char ou boswbok d'or qui attend au sommet de la digue, entre la vieille maison européenne, autrefois dite des ambassadeurs, et le màt du pavillon royal qui domine les Quatre-Uras. Deux princes, vêtus (le mousseline lamée et bordées d'or, coiffés du rômphak, sont assis l'un en avant de l'urne, l'autre en arrière, el chargés de la soutenir. Le premier ministre marche en avant et les quatre antres ministres marchent sur les rôtés du palanquin, à raison de deux par côté.
Le cortège avance lentement an son de la musique, précédé par les bakous qui sonnent de la conque et par le flageolet qui grôie ses pleurs, entre deux iile:i de porteurs d'oriflammes qui soutiennent, à deux mètres les uns derrière les autres, les deux cordes qui maintiennent les distances, contiennent la foule et écartent les esprits mauvais du palanquin royal. Derrière la musique viennent jo hommes de l'infanterie de marine commandés par un capitaine, 00 hommes de la compagnie des tirailleurs cambodgiens vêtus de blanc, ceinturés, jambières rouges et coiflés de bérets foncés commandés par un lieutenant français et ^dnim m miliciens cambodgiens vêtus de bien sombre avec ceintures, jambières el bérets bleus commandos par un inspecteur de la milice. Ces trois corps de troupe portent le fusil sur l'épaule avec la bayonnette an ranon. La foule des princesses et des femmes suivent derrière.
L — Parvenus au pied du plan incliné qui a été roulé tout près du char bossobok^ les hommes qui portent le palanquin d'or s'arrêtent et déposent l'urne royale sur le char du plan incliné. Le Roi et le Résident supérieur, venus en voiture, président à la réception du « saint et éminenl corps ». Les deux princes prennent place sur le char avec deux màlàphousas, soutiennent de leurs mains l'urne funéraire el le tout est hissé jusqu'au sommet de la plalc-formc qui surmonte le prèas moha^banhcbà
ou balang à cinq Tilajços qu'cui a éh»vô sur W v\vm\ I.os bakoiis soniieiil <!«' la roiiqu«\ la rnu^iquojouela marche royali» des khniùis, la foiilc pousse dos hou ! hou ! d'honneur elTurne est placée sur la plaie-forme. Les deux princes prennent place prùs d'elle et le char bossobpk d'or à cinq étapes, traîné par six chevaux blancs carapaconnés de blanc, conduite par deux saïs, et par ioq hommes vêtus et coiflés de rouge se mej en marche. Les conques sonnent de nouveau et l'artillerie royale tonne vingt et un coups de canon. La foule meugle par trois fois des hou ! hou ! d'honneur et le corlêge, d'aboFil un pou (nmnltueux, s'ordonne et s'éhnude.
^. Voici quel était ce cortège, le mieux ordonné de ceux que j'ai vu au (Cambodge, d'après mes notes prises boulevard Doudarrl de Lagrée, ayant à la main le kbuon Hèpréas baroiu Sàph, c'osl-à-cliro le a livrel du corlége du saint et éminenl cadavre ». Ditipus d'abord que ce cortège comptait .'j ,679 personnes, dont 1 1() princes ou alliés de la famille royale, 662 princcjiHeii ou alliées d(^ la même famille, ou dames de la cour. 1.379 bduU ol potits dignitaires releviint des cinq ministres, 35 1 militaires, tirailleurs canibodgiens, miliciens, fusilliors, artilleurs, etc., 9. 171 niusiciens de tous corps de musique, chanteurs, chanteuses, farceurs, porteurs d'oriflammes ou traineurs de chars ou de socles, etc.
Le cortège commençant en pointe d'avant-garde, par 5 porte-étendarts dits tong khmêrs qui sont de forme triangulfaires à tund rouge et bordure bleue, venaient ensuite un gn'^nd lambour de guerre (skor-chag) porté par quatre hommes et que battait un solide gaillard, un grand gong de guerre (kong-çhay) porté de même par quatre hommes entre deux bambous, et 20 porteurs de parasols étages ou aphirom. Derrière venaient ; 5 petites pièces d'artillerie traînées par a5 hommes, commandés par deux chefs, 5q cavaliers commandés par deux chefs et porteurs de fanions noirs (tong-khfnaii) au milieu desquels on avait cousu des cotonnades blanches découpées et représentant, les uns une sorte de palais, les autres un plateau à pied portant le livre delà Loi, flanqués de deux parasols étages, puis un corps de musiciens Cham et Malais, dit khlcing-khêk, qui battaient des tambourins très peu profonds mais très larges ou qui jouaient de la clarinette.
Venaient ensuite quatre éléphants bâtés du palanquin khmêr, sans toiture, sur lesquels on voyait soit un yéaks ou ogre habillé à l'antique de brocard, soif un sva ou singe habillé de brocard d'argent.
Derrière ces quatre éléphants dont les défenses étaient ornées de trois lourds anneaux d'or ouvragés, venait un cavalier, habillé d'un langouti brodé, d'un veston militaire, coiffé d'un képi de colonel ; c'était l'oknha réach voréanaukol, chargé de veiller à ce qu'il ne se produise aucune confusion, aucun arrêt, puis son aide, l'oknha réach phéakkdey, vêtu comme lui, mais coiffé d'un képi moins galonné.
A la suite de ces deux hauts personnages militaires, chargés de la police du cortège, venaient : quatre nouveaux éléphants aux défenses garnie d'anneaux d'or ouvragés montés par des yéaks ou ogres ; l'éléphant du roi défunt dit tinéang-kouchén, la tête roifl'ée du frontal d'or, les superbes défenses chargées de trois lourds anneaux d'or.
sans palanquin, mais dirigé par un cornac armé du kangvé ou croc, qui se tenait sur son cou, par un cornac à pied qui marchait près de lui, et monté par le chef des éléphants royaux ; — im éléphant dit préas tinéang-Préas, portant un palanquin sur lequel on voyait une statue du Buddha en or, celle qui figurait au pied du catafalque ; il était conduit par un cornac armé du croc, monïé par un chef qui se tenait derriên» le palanquin et accompagné d*un cornac à pied ; — un éléphant de guerre conduit par un cornac, porteur d'un palanquin garni d'armes de guerre, monté par un chef et surmonté d'un parasol rouge fixé au palanquin ; — deux éléphants portant Tun un palanquin à roof ayani quatre face's, l'autre un palaquin à roof a'ayaul que deux faces ; — quatre éléphants portant des palanquins ordinaires sans rool ; — quatre éléphants portant des palanquins de guerre ornés de drapeaux ; — quatre autres ornés des hannières ; — les den\ chevaux blancs du roi défunt, scellés, bridées et housses de brocard d'or, tenus en main par des palefreniers ; deux autres chevaux de rechange (jui étaient conduits de même ; ii cavaliers khmérs ; — la voiture du roi Noroudàm attelée à quatre chevaux, — conduits par deux cochers assis sur le siège et par deux palefremiers à pied, tous vêtus de Vaii phat phay et coiffés de romphak ; — deux cavaliers porteurs de fanions ; — une autre voiture royale attelée de deux chevaux ; un palanquin royal et doré dit rèach-ijéan'iinéang, porté par quatre hommes; — im grand parasol poirté par deux hommes ; — encore un palanquin d'or porté par (|uàtre hommes ;
Puis venaient dix pages chargés des vêtements royaux du roi, qui portaient sur des plateaux d'or à pied une paire de souliers, une paire de bas, une robe brodée d'or, un sâmpot de grande valeur, un chapeau et un niokuta royal, en or ; — i^y dâmruot ou gardes qui portaient leurs lances la lame enfermée dans une gaine et la pointe tournée vers la terre, le chef au centre, et douze d'entre eux formant fde de chaque côjé ; — un corps de douze musiciens dit khlang gaiw qui battent du tambourin, jouent, dansent, rient et font des grimaces à la foule ; un grantl diable tout barbouillé de blanc, se contorsionne du corps, se tord les bras et les jambes, monochordise des doigts, baritonne du derrière et fait rire la foule.
A partir de ces farceurs, commencent les deux lignes de porteurs d'élendarts, de pavois et de parasol qui soutiennent les cordes. Ils sont loo porteurs d'étendarts triangulaires dits tông-khmêr ; - loo porteurs d'étendarts dits tong-néak ou du dragon.
Fjitre ces porteurs d'étendarls vêtus et coiffés de rouge, vient un corps de 9/") musiciens cambodgiens qui joue d'instruments français en cuivre, dirigés par M. Cazenobe ; — M> soldats de l'infanterie de marine, fusil sur l'épaule et bayonnetle au canon, commandés par deux olïiciers ; — un corps de nmsiciens qui joue du péat kong ou jeu de seize cimbales accordées sur un cadre, et d'autres instruments locaux ; — m tirailleurs cambodgiens commandés par deux officiers français ; — ôo miliciens cambodgierjs commandés par deux inspecteurs de la milice ; — encore un corps de musiciens qui joue du péat-kong ; — V) fusilliers khmérs conmiandés par un vieux manillais à barbe» blanche et très digne sous l'imiforme militaire ; — "îo autres fusil-
liers commandés par deux chefs ; — un corps de musiciens chams et malais, et 5o dignitaires pèlerins de la Mecque ; — un corps de dix musiciens chinois avec cimbales, flageolets et clarinettes très grêle, avec gongs qu'ils frappent en cadence cl qu'ils lancent en Fair après avoir piqué la dernièn* mesure afin qu'ils vibrent mieux, commandés par cinq chefs de musique et suivis de "îo chefs, sous-chefs et notables chinois que précèdent dix religieux chinois et leur chef porté sur un palanquin représentant un bélier dont la laine est en papier ; ce chel des religieux est coiffé d'une sorte de tiare basse de forme sexagonale.
Entre loo porteurs d'étendarls khmérs défilent ; quatre scribes du ministre de la guerre (smien^moha-thay) sous Tordre d'un chef; — un corps de cinq musiciens cambodgiens ; - quatre hommes et quatre femmes de nationalité cambodgienne vêtus comme les danseurs et les danseuses, du costume antique ; — un corps de cinq musiriens piphéat avec quatre hommes pour porter les instruments ; — cinq danseuses et cinq danseurs cambodgiens tous vêtus du costume antique ; - un corps de cinq musiciens dit phlang mohôthek ; — 23 licteurs porteurs de faisceanx de rotin qu'ils tiennent horizontalement à hauteur de la poitrine.
Vient ensuite la statue en carton d'un rhinocéros, montée sur un socle roulant poussé par deux hommes vêtus et coiffés de rouge. — Sous un dais blanc lamé d'or, on appercoit une jolie lanterne d'or et, dans cette lanterne, une lampe d'or où brûle le préas phlœang-kêlas ou feu sacré du Kailasa ("la montagne de Çiva). — Ce porteur du feu sacré est escorté par cinq snom-polrieung qui sont chargés de veiller à ce que ce feu ne s'éteigne pas et qui sont ici les néak-chieS'phlœung ou gens « atiseurs du feu », moucheur de la torche. On a vu plus haut que ce feu provient d'un rayon de soleil concentré le jour de la mort du roi à l'aide d'un verre de loupe.
Derrière ce rhinocéros paraissent 69 statues d'animaux divers qui, avec le rhinocéros, font 7o animaux, autant que Sa Majesté NoroudAm a vécu d'années. Ils sont tous montés sur des socles à roues et portent chacun un petit dais abritant un costume jaune de religieux. Ce sont les offrandes que Sa Majesté régnante va faire aux religieux en faveur de son frère le roi défunt et pour lui acquérir des mérites. — Je distingue parmi les statues d'animaux ou roup-satg des tigres, des éléphants, des réachéa-sey ou lions royaux mythologique, des éléphants, des ânes, deux chamaux, des buffles, des bœufs, des chiens, etc. — Tous ces animaux sont placés sur deux lignes et avancent poussés chacun par deux hommes.
Derrière ces 70 animaux viennnent quatre sun'eillants du service du ministère de la guerre ; — quatre surveillants du ministère de la justice, tous marchant de front.
Knlredeux files composées do 100 porte-étendarts khmérs, de 100 porteurs d'étendarls dits du Kaêp ou du cent-pieds, marchent ; - deux surveillants, le luong-tépsêna et le luong-réachéa ; 100 princes ; 1000 conseillers ou dignitaires de
l'intérieur de la ville royale ou de l'extérieur, tous portant des fleurs de lotus en papier (i) ; 2") préas-vongsa ou membre de la famille royale tenant également des
(1) Tous ers dignitaires sont vi^tiis conformément aux coulumps anciennes rappelées par le
AtMirs (ie lotus en |iapiei' ; i > hakous-borohels, on brahinaiM*s rhapi^laiii)^. le*)» rboveux noués en torchon sous la nuque, batteui*s de pimj-pong qui sont da trè> petits tambours à manche dont une bille de terre suspendue à lextrémité supi^rienre du manche qui traverse rinstrument vient successivement battre les deux peaux quand on Tagite vivement ; — huit bakous-borohetê sonneurs de conque ; — deux joueon» de trompettes longues et anciennes dites kri-Mângkha ; — a5 bakouM'boroheis v^tusde diverses couleurs et portant tous une fleur de lolas en papier ; — a5 hommes du sdach-Méakh^ ( i ) vêtus de couleurs diverses «»t portant tous une fleur dt» lotus en papier.
Kntre loo porteurs de lances, dites du .chamara parce qu'elles soril ornées d«* longues crinières blanches, loo porteurs de pavois ronds dits phoutan^ loo porteurs (Paphirom qui sont des parasols à trois ou cinq étages viennenl : un corps du i.» musiciens vêtus de rouge dit phléng-khlang-chlinak ; un autre corps semblable de 1.2 musiciens vêtus de brocart d^argent; encore un corps semblable de musique vêtus de brocart d'or ; — puis le Preas-salieug qui est un palanquin d'or sur lequel
règlement en langue et caractères khmêrs dont j'ai parlé plus haut. Ils sont tous coiffés du romphak. Voici ce qu'ordonne le règlement en ce qui concerne le costame :
\jei% princes et les ministres, qui suivront le cortège du roi défunt, porteront le pantalon brodé au bas, avec la ceinture dite bângkok ; le sâmpot et le veston de brocart d'or ; par dessus ils vêtiront Je an-phay ou aube de mousseline étoiièe d'or et bordée d'une brOderii» d*or haute de dix largeurs de doigt. Lo premier ministre sera coifTé du romphak orné d'an ruban d'or et d'une branche portant onie fleurs ; les ministres n'ont droit qu'à des fleurs nhœnr: les princes qni honi préas^Angk^machoM à lo fleurs également, les princes qui sont néak- Angk-mochas, à j fleui's seulement. (Pour ceiW distinction entre les princes, voir mon Cambodge^ Iç roiy Iq JamiUe royale et les femmes du palais). Les dignitaires à neuf dignités seront vêtus comme ci-dessus, mais sans étoile d'or, et le& broderies n'auront cpie huit largeurs de liauteur ; le romphak sera orné du galon d'argent doré et de onze flenr> nhœur d'argent doré.
I^'s dignitaires à huit dignités seront vêtus connue ci-dessus, mais les broderies d'argent doré de l'aube blanche mesureront six largeurs de doigt en hauteur an bas des niancbes seulement. Ils auront le romphak avec huit fleurs nhœur.
Ceux à sept dignités seront vêtus du sâmpot -khieu bleu, du veston brodé, de l'aube blancht^ ornée, au bas des manches, d'une broderie en enivre doré haute de six largeurs de doigt. Ils seront coiffés du romphak en bois peint en noir avec domre mais sans fleui*$.
l/es dignitaires à six dignités seront vêtus et coiffés de même, sauf que les broderies mesureront seulement cinq largeurs do doigt en batUeur.
Les dignitaires à cinq dignités porteront le veston fait d'une étoffe couleur marron à fleuri d'or dite Qlalal et l'aube .sera bordée d'une broderie de quatre largeurs de doigt en hauteur.
Les dignitaires h quatre et trois dignités seront vêtus de même, mais ne seront pas coiffés du romphak.
Les dignitaires à deux dignités et au-dessous set*ont vêtus de êâmpol et de vestons blancs. Ils tiendront une fleur de lotus à la main.
(I) Voir ce que j'ai dit de ce sdach ou roi du mois de Méakh dans lu Reiuie Indo-Chiuoise en rqo5.
smi( posées une slalue du Saint Butidha en or et les sninles reliqut^s du Sainl iprêas- Sirika-théat) porté par quatre hommes placé aux quatre coins el oommandés par un chef ; — un autre palanquin, également porté par quatre hommes commandés par un rhef portant un escabeau, sur lequel on voit un livre sacré en feuilleB de palmier dit treg-'beydak ou tripitakay et le khlœm-chant ou bois d'aigle qui doit être jeté sur le bûcher Ainéraire ; — encore un palanquin, porté par quatre hommes commandés par un chef portant un esciibeau, et sur lequel est assis, les jambes croisées à Tin^ dienne, le vieux chef des Mahanikay, le Samdach préasmoha-sAngkha-réaoh, ou grand chef de la grande église royale, lequel lit un livre dit de d'Abhidhamma qui fait parlie de la troisième collection des livres sacrés du buddhisme ; — un quatrième palanquin, ayant le môme personnel de porteurs, sur lequel est assis le prince Chantalekha, /ils du roi défunt, j(ninntle rôle le huos-miikh-phlœnng (i), ou religieux marchant devant le feu, auquel on a noué autour de la tôte l'extrémité du phounuyong qui tombe de Fume funéraire s'allonge de vingt mètre en avant, soutenue? par deux cartouche» ; — un cinquième palanquin sur lequel est un prince qui jette le léach au riz grillé dans sa balle et brisée au pilon afin d'éloigner les mauvais esprits (i)y aussi des pièces d'argent aux gens du peuple ; — deux horaSy ou astrologues, qui jettent aussi du léach et des pièces d'argent ; — quatre snôni'-préaS'dàmmot ou laveurs du saint cadavre ; — quatre autres laveurs de cadavres qui marchent de front ; — les deux chambellants, celui de la droite, Toknha nioha-montrey, et celui de la gauche, loknha moha<^tép.
Viennent ensuite Takkamohasé^a m premier ministre qui est assis sur un lit orné (le flammes el porté par quatre hommes. Au-dessus de lui passe le phoiisayong qui ilescend de Turne sainte et que nous venons de voir noué par son extrémité à la tète du prince Chantaléklm remplissant le rôle de néak'lnios-miikh-phlœung.
Derrière lakkamohasî^na, vient le char funéraire ou prèas boasabok d'or qui (»st attelé de six chevaux blancs richement harnachés deux à deux, conduits par six palfreniers qui marchent à côté d'eux, tous vêtus de mousseline lamée d'or et coiflés du romp/ia^" blanc à pointe ; I GO hommes, habillés el coiflés de rouge, qui tirent sur deux cables à raison de )o hommes par côté, aident les chevaux à traîner ce lourd véhicule. Sur \g préas-btudi-châ ou catafalque à cinq étages, qu'on a élevé sur le char, se ti'ouve l'Urne sacrée au-dessus de laquelle est un dais à toitures élagées et à pointe très haute. Pour que cet édifice, qui mesure dix mètres de hauteur, puisse passer, il à fallu couper les fils du télégraphe el ceux de l'éclairage de la ville, — Ce char ou hossalyok d'or, moulé sur quatre roues basses, comporte cinq étages qui ont la fonne de pirogues d'autant moins longues el moins larges qu'elles sont plus haut placées les unes s'emboîtant à demi dans les autres. Chaque étage est orné de flammes d'or qui se relèvent hardiment en avant et en arriére et sur ses quatre faces, de clinquant
(i) Voy. ci-dessus diap. vm, paragraphe i, 8, lo, n : paragraphe n. ."» i-a, i^|, 17 et j.o : paragraphe m, i.
(î>) Voy. ci-dessus chap. ir, paragraphe iv, 7i et chapitre vm, paragraphe n, 19., 14.
découpé et doré et de dorures qui, sous les rayons du soleil éclatant, font un très bel effet. Tout au-dessus, le dais à toiture étagée, pointue, d'où tombent des rideaux de mousseline de soie blanche laméo (largent et liés par des end)rasses de même étoflt» aux quatre montants qui le soutiennent est 1res gracieux, très élégant et paraîl d'uiu» légèreté tout à l'ait de bon goût. Sur le devant du char, à la place des deux cochei*s, se tiennent assis deux petits dignitaires habillés d aubes de mousseline lamée d^or^ c^l coiffés du rômphak. Près de Turne et pour la soutenir, lun en avant l'autre en arrière, sont les deux princes dont j'ai parlé plus haut.
Sur les flancs de ce char énorme, sont : à droite Toknha voumréach ou ministre de la justice et Toknha krâlahôm ou ministre de la marine, et à gauche Toknha véang ou ministre du palais et l'oknha chakrey ou ministre de la guerre, tous vêtus de blanc^ avec aube de mousseline lamée d'or, coiffés du romphak et ayant autour de la taille un large morceau de brocard d'or. Ils sont assis sur des krê ou lits ornés de flamme portés chacun par quatre hommes.
Sur les étages du catafalque.du char funéraire sont assises seize danseuses vêtues de costumes antiques et coiffées du mokoth, les bras, le cou, les mains, les doigts et la ceinture chargés d'or.
Derrière le char funéraire viennent : — deux porteurs de préas krut — deux porteurs de préas bângsêk -~ deux porteurs de préas bângsêng et deux porteurs de préas vichînî qui sont de grands éventails de forme hindoue.
Entre loo porteurs de lances ornées de crins dites lomphêng-chamaras, de loo porteurs de phouthan qui ressemblent à des pavois et qui sont parfois, tout au haut d'une hampe, des cercles de fer traversés par une barre horizontale sur laquelle on a plié un costume de religieux, de loo porteurs (Vaphirom qui sont des parasols â trois étages, viennent : - - douze maha-lék ou pages qui portent, dans des plateaux d'or, des services à bétel en or ; — douze autres pages qui portent divers objets ; douze princes iils de rois tous montés à cheval ; — quatre chefs de service placés sur la même ligne vêtus de Taube en mousseline et coiffés du mokoth ; — un palanquin sur lequel on a déposé le khlêm-chant ou bois d'aigle, porté par quatre hommes du service des mieng ; — deux balat'toul'Chhlang-kromovéang ; douze phou- (^hhuoy du Kromovéang ; — douze autres agents du servicedu palais ; — vingt-quatre duègnes ou chas-tùm (vieilles-mûres) ; - douze femmes tenant des services en or à bétel et à cigarettes ; — les princesses, les unes sur des lits à porteurs, diis sirikay, d'autres dans des petites niches dites yor, d'autres dans des voitures, et enfin d'autre qui ^ont à pied ; — les femmes du roi qui sont en voiture ou à pied ; — joo femmes ou filles de dignitaires qui sont en voilure ou à pied ; — les servantes du palais royal ; — deux balat-toul-chhlang du service des gardes du palais ou kromovéang ; — deux phouchhuoy du même service ; — douze asfents du même service ; — cent femmes de petits fonctionnaires. '
Derrière toute«( ces femmes, vêtues di^ blanc et dont les cheveux ont été rasés, viennent : — loo porteurs de costumes pour les religieux ; 4<>o porteurs de langoutis pour les religieux ; — /\on porteurs de langoutis plies en forme de fleurs ; — loo
porteurs d'éventails en tonne de cent pieds ; et enfin cinq surveillants du service des kromovéang ou gardiens du palais.
■>. — Le cortège suit la digue jusqu'au boulevard de Takéo, où, sous un vélum tendu sur des bambous à droite de la voie, se trouvent 70 religieux qui prient en faveur du roi défunt ; il tourne à l'Ouest, longe le canal de Takéo, rencontre un nouveau groupe de 70 religieux qui prient ; il tourne au Nord et suit le boulevard Doudart-de-Lagrée jusqu'au pont des Nagas non sans rencontrer deux autres groupes de 70 religieux, l'un à la hauteur de véath Onalom et l'autre près de la rue de Kampôt ; au bout du boulevard Doudart-de-Lagrée, il tourne à l'Est, suit la rive droite du canal par le quai Piquet jusqu'à la Grande-Rue, tourne au Sud et s'achemine vers le mên.
6. — Dès que le bossobok ou char funéraire parait à la porte Est de l'enclos, l'artillerie commence à tirer les vingt et un coups de canon d'honneur, les musiques qui se sont massées un peu partout jouent l'hymne national des khmérs, les bakous soufflent dans les conques, les ping-pong résonnent, et le flageolet pleure sans discontinuer.
Le char se range à la porte Est de l'enclos propre au mèn, devant Jes deux ogres 01» yaksas qui en défendant l'entrée et, sur l'ordre du roi, le plan incliné est approché. Les màlàphousas et les princes placent l'urne sur le char du plan incliné de la même manière qu'il a été dit ci-dessus, puis il commence à descendre. Les conques meuglent tristement trois fois, les ping-pong tambourinent de concert et le flageole! jette ses notes grêles toujours sur le même air.
Le Roi et le Résident supérieur, qui n'ont pas pris place dans le cortège mais qui sont allés en voiture le voir passer en plusieurs endroits de la ville, s'approchent du palanquin que des hommes viennent d'approcher du plan incliné. Le Roi fait le simulacre de recevoir l'urne funéraire et les màlàphousas la placent sur le palanquin. Les conques meuglent encore trois fois et le petit cortège, qui se presse en avant et en arrière de l'urne royale, s'ébranle. La musique joue la marche des khmèrs.
Pendant que le cortège funéraire fait trois fois le tour du mén en lui présentant l'épaule gauche, le Roi, le Résident supérieur et les Européens qui l'accompagnent pénètrent dans la chapelle ardente et y prennent place, les uns à droite d'un nouveau plan incliné qui a été dressé au côté Est, les autres au Nord du catafalque.
A la fin du troisième tour, le palanquin, où se trouve l'urne royale et les deux princes qui la soutiennent, pénètre dans le mên et s'arrête au pied de plan incliné. Le Roi retire ses chaussures, monte sur le char et fait le simulacre de recevoir l'urne, que les hommes placent au centre ; les deux princes et deux husamàlàs prennent place autour de l'urne ; le roi descend du plan incliné et les conques meuglent encore trois fois. Le char est lentement hissé au sommet, à hauteur de la plate-forme du catafalque. L'urne y est placé, puis les princes, les màlàphousas, les snôm-polrieun qui les ont aidés, descendent.
Le plan incliné est roulé hors du mên, des tapis sont placés sur le plancher el .».oo religieux viennent dire le sattapakarana avec le pousaijong sur les mains.
7- -*-* Un instant uprè», ver» once heures, les gens du palais viennent, au nom de Sa Majesté régnante, faire Toffrande au Roi défunt des vivres préparés dans les cuisines royales et qui sont fournis par roknha-piphéak-chAkràvit qui est aussi chargé de les faire garder au pied Ouest du catafalque.
8. — A midi, 7o religieux viennent prier pour le rui défunt, et les bakous de nouveau soutllent par trois fois dans la conque, conformément à Fancienne coutume.
t). - Vers deux heures de Taprùs-midi, (54 religieux sont rassemblés et invités m dire le PrédH-Thonima tous les jours et toutes les raûts, à raison de i6 religieux \mvsâmsnn ou bastion d'angle, de huit religieux par jour et de huit religieux painuit. On charge aussi des religieux de venir, chaque jour, à ndson d*un pour prêcher la Loi dans le inén et de quatre pour Tassister.
10. — Vers quatre heures du soir, le Roi, le Résident supérieur, les Kuropéens, les princes, les ministres et les hauts dignitaires prennent place d.'uis le prias hànléa et assistent aux luttes dont j ai parlé plus haut ; ces luttes .son! dirigées par roknha reachéa-noukol et par l'oknha réach-phéakkdey.
A rissue de ce divertissement, le Roi et le Résident supérieur jettent ou distribuent des citrons contenant des médailles commémoratives en argent, et les juges, en ayant reçu de semblable des alaks ou secrétaires royaux, les jettent au peuple du haut dos (juatre phka-pôpriksas.
Dans les salles à manger, qui ont été dressées dans lenclos, des vivres sont distribués en aumône aux gens du peuple.
1 1. — Vers 5 heui^es, le Roi pénètre de nouveau avec le Résident supérieur dans la chapelle funéraire, prend place sur un tapis placé à gauche et à TKst du catafalque en face du chef des religieux, et 70 religieux dirent le saliaiHikarana, le phtisayony sur les mains.
Une nouvelle offrande de vivres au Roi défunt, à Tissue de celte récitation est faite parles gens du palais, toujours sur la petite taWe basse placée à TOuesl, puis un religieux s'assied au Sud sur la chaire à prêcher et lit un livre sacré pour les princesses el les dames du palais qui ont pris place àTOuest.
r?.. - - A la luiit, toute les illuminations sont préparées et rni banquet est ofl'ert par le Roi à tous les hauts dignitaires de rextérieur et de rintérieur. dans les salles à manger préparées pour les recevoir.
i3. — A 8 heures du soir, les religieux et leurs aides embrasent les pièces d*artiiices, lancent des montgolfières cylindriques en papier blanc dites koum-hory « lampes volantes, » et tous les théâtres sont ouverts ; dans toutes les salles de danse, les danseurs font rire la foule. Partout on entend les corps de musique, et, dans sa paillette, le cinématographe amasse une salle complète qui se vide et se remplit tous les quart d'heure.
i4. *• A minuit, des pleureuses pénètrent dans le mé/i, prennent pince sur les nattes au côté (hiesl et chantent les louanges du Roi défunt.
LES GtNQtllÈMË, SIXtÊME, SfiPTtÈMR, imiTtÈME KT NfiUVlÊME JOURNÉES, (>, lO JANVIER tgf06. ^-^ CÉRÉMONIES DIVERSES
I. — JjCs pItMireuses pénètrent dans le mén et prennent pince à l'Ouest du catafalque dès six heures du matin.
1. ^ A ]o heures du matin^ dix i*eligieux viennent prier et se placent au Sud. Les * f)4 i^^^l^Rl^u^ 4^1 <><tU^^'* ^^ nuit récité des Dhammas dans les «dm^an^ viennent les rejoindre. On leur fait^ au nom du Hoi^ la distribution des vivres dans leurs sébiles et ils se retirent pour prendre leur repas dans les galeries ou théau,
!). — Les (livertissements delà veille reprennent, y compris les luttes eu pi^ésence lu lloi, du Résident supérieur et du public, devant le prfrt^ ban Wa, et les distributions le citrons et de boulettes pour la loterie.
DIXIÈME JOLU, JEUDI i i JANVIER 1906. — TRANSFERT OK L URNK FUNÉRAIRE AU PAVILLON DES PARFUMS, LAVAGE DES OSSEMENTS, TRANSFERT AU MÉN SUR LE CATAFALQUE DONT LA HAUTEUR A ÉTÉ REDUITE, ET nRÉMATlON DU ROI DÉFUNT.
u — A 8 heures du matin, le Roi et le Résident supérieur étant venus saluer le Roi défunt, — 70 religieux disent le Sattapakarana, le phusayong posé sur les mains, et se retirent sauf le somdach préas Sâtigkharéach, leur chef, qui demeure assis sur une chaire. Le plan incliné est amené au pied Est du catafalque, les artilleurs tirent vingt-et-un coups de canon, les femmes du palais chantent en chœur les louanges du Roi défunt, lurne royale est descendue, déposée sur un palanquin porté par douze hommes, soutenue par deux princes, et conduite processionnellement au bruit de la musique, des conques marines et du flageolet qui pleure, directement au pavillon des parfums, entre deux haies de fusilliers royaux et de miliciens.
2. — L'urne étant placée sur un piédestal bas et recouvert d'une cotonnade blanche est ouverte par les si^ôm-pol-rieun ou laveurs de cadavres, et le Roi, le Résident supérieur, deux européens et les Ministres sont invités par le chef des màtàphoitsas à verser des parfums sur le cadavre.
Le corps apparaît par la tète. On s'assure que les ossements ont tout d'abord été placés dans un linceul de colonnade blanche à peu près dans la position qu'ils occupent dans le corps hinnain, et lié de cordons blancs. Ce qu'on peut distinguer, c'est une étoffe de brocard d'or épaisse qui recouvre le linceul de colonnade blanche et qui est liée audessous de la tète et, dit-on, à peu près au-dessus du basSin et à deux endroits des jambes, par un cordon de coton également blanc. C'est sur ce qui semble être la tête du cadavre que le Roi, après avoir prononcé tout bas des paroles de souhaits en l'honneur du défunt, a versé des parRims, et que les assistants privilégiés VùîiX imité.
Cela fait, tout le monde sort du pavillon des parfums et les rideaux blancs sont tiîvs et épinfîlés afin <|ue nul regard indiscret ne puisse pénétrer à rintérieur.
3. — Le Koi, quelques princes et princesses, les siiom-po/-rieuii seuls deaieurenl clans le pavillon. Les snôm-pol-rieun tirent aloi's de Fume d'or ou préas sovannakoth le cylindre d'argent doré, dit lai, qui contient ce qui reste encore de Sa Majesté Noroudàm, un long paquet d'ossements dans une étoffe de soie blanche, renfermé lui même dans un coupon de brocard d'or. Cela fail, on tire les restes du Roi défunt du cylindre incliné par un snôm-pol-rieun et on le dépose sur une natte recouverte d^uii mètre de cotonnade blanche. On retire le coupon de brocard cfui enveloppe le corps et qui ralentirait la crémation, enlève tous les bijoux dont le corps du Roi est orné et on les remet aux bijoutiers du palais afin qu'ils en fassent une statue du Buddha. (i )
On le glisse ensuite dans le préas-lat dont le fond est fait d'une planchette de bois léger possée sur quatre tringles en cuivre qui se croisent à angle droit. Le lai est ensuite enlevé et glissé dans une nouvelle urne faite de bois de santal, exactenieiit semblable à la première, mais qui, au lieu d'être plaquée d'or, est recouverte dr feuilles d'or battu. Un couverjcle à toiture pointue est posé sur lurne, et le Roi, l<*s princes se retirent, laissant les snôm-pol-rieun et les femmes pour veiller sur riirne et pour pleurer sur le Roi NoroudAm.
j. — Pendant ce temps, les charpentiers du palais se sont mis à l'ouvrage dans le mén et commencent à enlever les quatre étages supérieurs du catafalque, puis à construire quatre escaliers qui placés un sur chaque côté, permettront aux assistants de monter sur la plateforme de fer qui recouvre le cinquième étage. Sur cette plateforme, ils dressent un pavillon ou param, carré de forme et dont la toiture est plate. On y suspend huit rideaux de mousseline de soie lamée d'argent et ces rideaux sont liés aux colonnes par des embrasses d'argent. Des hommes placent des jarres d'eau aux quatre coins de la plateforme el, près d'elles, des seringues avec lesquelles on empêchera les flammes de gagner les colonnes du param et le param lui même, puis des troncs de bananier vert sont placés sur le toit du param.
j, -- A cinq heures du soir, tout est prêt. On a partout placé des sentinelles sur les paillottes pour le cas où le mén viendrait à s'embraser et des pompes à incendie sont prêles à fonctionner. On attache, aux quatre côtés du calafalque, des pièces d'artifices dites sàmrék'Satv, « cris d'animaux », qui gémiront quand on mettra le feu et dont les pétard éclateront. On place un dragon en bois doré e! creux, long de trois |mèlres, qui va depuis le pied de l'escalier de l'Est jusque tout près du catafalque ; on y introduit une mèche soufrée qui communique aux quatre sàmrék'Satv <»l la lampe où bnile \v feu sacré ou préas phlœung est saluée par ses gardiens.
On roule, jusqu'au pied du catafalque, le plan incliné sur lequel on a placé le char.
(i) A la fin des fêtes, cette statue sera consacrée dans le mén même par la cérémonie Aphisék, et de Touverture des yeux du Saint, puis un jour enfermée avec les cendres du Hoi Nocoudàm dans une pyrann'de qui sera élevée dans la coui'du Véath Prêas-Kevmorokoth.
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I II l'oiièjiv M'inhlfibU» à vvUii qur j'ai «lénil li-dossus s'orjçaiiise, preiiil Tunu» royale ilans le pavillon lies parfums el la rapporte dans le mén sur un palanquin d'or, où deux princes fUs du Roi défunt ont aussi pris place. Le cortège fait trois fois le tour du mén *»n lui présentant le côté gauche. La foule pousse des hou î hou î d'honneur, les contjues meuglent, le Hageolet pleure et les soldats français, les tirailleurs et les miliciens cambodgiens font la haie, les clairons sonnent. Enfin le palanquin pénétre par la porte Kst jusqu'au pied du plan incliné el Turne est hissée paj' le même procédé que j'ai déjà décrit jusqu'à la plateforme d'incinération, et placée sous le j^ara/n. Les conques meuglent, le flageolet pleure toujours, le canon tire soixante-dix coups et les dames du palais chantent une mélopée triste. 3oo religieux prenneni place à l'Est et au Sud tlu catafalque, disent le sattapakarana, puis se retirent.
On distribue à toute l'assistance des fleurs faites avec des copeaux de bois de santal el à Sa Majesté, au Résident supérieur et au Samdach préas Sângkha réach chacun un petit cierge rituel. Les gardiens du feu sacré apportent le préas phlœung qui a été obtenu du soleil, je l'ai déjà dit, le jour de la mort du Roi à l'aide d'une loupe, et le Roi, ayant dit tout bas quelques paroles propitiatoires, allume religieusement son cierge. Le Résident supérieur et le Chef des religieux allument ensuite le leur, puis, gravement, ils gravissent tous les trois l'escalier de l'Est el, rassemblés autour de I urne, mettent cérémonieusement le feu au bûcher fait de bois desantal et de copeaux de santal. Le Roi, le Résident supérieur et le chef des religieux descendent, le Roi allume la mèche qui sort de la bouche du dragon et, quelques secondes plus tard, les samrék Hatu s'embrasent et gémissent, sifllent et éclatent. Les clairons de l'infanterie »ie marine, ceux des tirailleurs et des miliciens cambodgiens retentissent, les conques meuglent el le flageolet continue de pleurer ses notes aigrelettes.
Maintenant le bûcher est tout en feu, les flammes commencent à consumer l'urne, el les snôm-pol-rieun l'arrosent avec des seringues, dirigeant ainsi le feu. Le Roi et le Résident supérieur, ayant chacun une fleur de copeaux de santal dorée, montent de nouveau l'escalier Est et les jettent au feu du bûcher. Les assistants montent par l'escalier Nord, les princes par l'escalier Sud, les princesses et les femmes par l'escalier Ouest et vont jeter sur le bûcher les fleurs de copeaux de santal qui leur ont été remises. C'est un hommage que tout ce monde rend au roi défunt et c'est un honneur que le roi régnant fait à l'assistance.
Enfin l'urne de bois de santal se fend, se lonsume, tombe par morceau el le lai d'argent doré parîdl aux yeux de tout le monde comme un cylindre où s'engouffrent les flammes du bûcher, avanl de venir lécher les troncs de bananiers qui forment la toiture du param, A ce moment, il est évident que les ossements du roiNoroudàm n'ont plus aucune forme et qu'il ne reste plus que des calcinations. Le roi régnant offre de boulettes de loterie à tous les assistants el tout le monde se retire.
70 religieux pénètrent alors dans le mén, prennent place à l'Est du catafalque el
commencent à prier. Ils prieront ainsi toute la nuit, pendant que veilleront les snôm--
pol-rieun et que pleureront les princesses el les dames du palais.
(I.- Dans la soiriM'. (oui I i'iii'lo> est hrillaiiiiiiciil illiiiiiini', ii<*s iiiôrrs it'arliliii* soiil »»inhrascW»s vi -o moiitg:oin(M'es soiil lanct'os par des ivlij(itMix.
7. - L'n peu plus tard, les màlàphonsas retirent du foyer crémaloire les dél>ri> calcinés de l'unK» de sanlal el les ilistribuent aux dignitaires, petils et {grands, aux femmes du palais qui vienneni les ilemander. Ce sont des souvenii's pieux, des reliques que chacun emportera chez soi el (|ui seront préci<'usemenl conservés, ou qui, nièlée< à la lerre, à du mésrok, à du plond», (Milreroiil dans la matière avec 1a(|uelle on coulera uni* statue du Huddha.
Ml.
(».N/.IKMK Jorn, VKNUHKIH i ». .lANVIKIi.
Triaj(c di^s usstMiicnts calcinés. — Hi'UtiVM» des l rnes d«'s aiiciMro au (hVsis alliis. ^ J«'l des charbons du biM'Iu^r en eau profonde.
I. -— Dès hier soir, huit heures, le bûcher était consumé ; il ne restait plus que <le> charbons ardents et, parmi ces charbons, quelques os calcinés qui achevaient de se réduire en poussière et que les màlàphousas et les snôm-pol-rieiin rejetaient clans la partie du foyer la plus vive. Ce malin, ^ les gardiens surveillent négligemment le bûcher au sommet du catafalque ; une légère fumée monte lentement sous la vôiite ; les femmes du palais qui ont veillé et pleuré toute la nuit, à cinq heures du malin gisent dans leurs vêlements blancs, étendues sur les nattes et dorment.
'»,. — Vers huit heures du matin, le roi et le résident supérieur pénètrent dans le mên et viennent prendre place à TKst du catafalque d^incinéralion ; près d'eux se tiennent les princes et les membres de la famille royale, le premier ministre, le*^ (juatre autres ministres, tous les conseillers el les dignitaires. Les (ij religieux qui, dans la journée d'hier et cette nuit, ont prié dans les quatre sàmsan, prennent place en face du roi el du résident supérieur. Il sont assis sur des lapis, le rios tourné au sud et disent le préas Thomma.
Les màlàphousas ii\ leurs aides, sur les cendres encore chaudes du hûchei- jettent de Teau consacrée, puis de Teau qu'ils prennent aux quatre jarres placées aux angles lie la plateforme. Kne petite fumée sVIève des cendres avec une mince poussière qu'on sent mais qu'on ne distingue pas.
Les cendres, les charbons mêlés de petits fragmenls d'os calciru*s, ayani élé « arrosés » et refroidis, les ministres et quelques princes, soit douze personnes, gravissent lescalier de TEst ou du Sud et viennent s'accrou|)ir autour du bûcher : ils font le préas ottara popil (1) des 19 tours avec trois disques auxquels on a fixé un petil <îierge dit trêng parce qu'il n'est pas plus gros que le loseau de ce nom. Le disque tourne îiinsi de gauche à droite, c'est-à-dire que chacun des douze hommes reçoit de
(1) ("est-à-dire le bângvil popil dn nord.
— Il7 -
la main gauche le disque qui lui esl présenté de la même main par son voisin de j^auche ; d'un geste de la main droite il chasse la fumée du cierge vers les cendres et passe le popil à son voisin de droite qui le reyoit comme lui de la main gauche.
Le bangvil-popU-otara achevé, les ministres et les princes descendent de Teslrade et les màlàplioLisas donnent aux cendres la forme d'un corps dont la tôle serait tournée à l'Ouest puis, après avoir consulté les snôni-pol-rieiin, ils hrassenl de nouveau les cendres et leur donnent la forme d'un corps dont la face regarderait l'Est.
A ce moment, ;o religieux prennent |dace dans le mèn, disent le préas sattapakarana assis sur des tapis placés à l'Ksl du catafalque. Quand il s'agit li'un particulier, le satlapakaruna ou banyskaul a lieu par les religieux dehout nutour des cendres. Le saltâpakarann ;uhevé, ils se retirenl.
L — Les présents que le Koi et la famille royale oflrent aux religieux, rasseinhlés par les màlàphousas et les snôm-pol-rieun qui ont été chargés d'arroser les cendrtîs, sont d'ahord l'objet d'un oiara-popil. Puis placés sur cinq palanquins, ils font la triple circum-amhulation autour du mèn en allant de gauche à droite et sont portés proce&sionnellement aux monastères Onalom, Bantum-votey, Phnôm-pénh, Kêvpréas- Phloeung, Piphot-rangsey. Ces présents se composent d'argent, d'or, de bijoux, anneaux de bras, de jambes, de bagues, — et même d'un diadème d'or qui sont destinés à la fonte et dont on fera une statue du Buddha.
4. — C'est alors seulement que commence la recherche par les màlàphousas el \es snôm-pol-rieun, au milieu des charbons et des cendres, des petits fragments d'os calcinés. Le roi et le résident supérieur montent l'escalier Est el vont religieusement ramasser chacun un petit fragment qu'ils déposent sur un plateau d'or, puis ils se retirent. Les princesses montent par l'escalier Ouesl el conmiencent a aider les phousamàlàs et les snôm-pol-rieiin ; les dames du palais viennent ensuite et emportent chacune im petit morceau d'os calciné, j)uis c'est le tour des princes qui font de même. L'un d'eux remplit de charbons un petit plateau à pied. Les fragments d'os calcinés seront enchâssés dans un bijou, parfois porté an cou par un enfant, ou bien ils seront enfermés au cu'ur d'une statue du Buddha (ju'on gardera dans la lamille ou qu'on offrira à un temple ; les charbons seront enfermés au crçux d'une stfitue qui sera oflérte de même ou conservée dans la maison.
Quand tous les ossements dont les plus gros sont plus petits que le ponce, sont rassemblés dans le plateau d'or, les màlàphousas et les snôm les lavenl avec de l'eau consacrée puis avec de l'eau prise aux jarres ; ils les mettent ensuite dans un nnorceau de cotonnade blanche ou, de nouveau, ils sont baignés, secoués, lavés, jusqu'à ce que l'eau sorte aussi claire en dessous que loi*squ'on l'a versée. Alors, le ehef des Phusamàlàs verse sur ces os calcinés de l'eau consacrée pour les purifier, de l'eau de coco pour achever leur purihcation et, enfin, des parfums afin de les honorer. Cela fait, ils sont placés dans une Urne funéraire en or, haute d'environ "u) centimètres, mais dont la forme est exactement celle du préas sonanà khôl où le « sain! el émineni (•or|)> » de sa Majesié a >i longtemps clé expose.
Cette petite urne est ensuite desceudue et placée sur un petit socle installé au bas et au sud du catafalque. Elle y reste pendant que les charpentiers du palais font <lisparaître le petit dais et, à Taide de poulies, de cordes, remontent sur le catafalque qu'on a réduit en hauteur pour Tincinération. les quatre étages qui lui avaient iHé enlevés.
Pendant ce teinps un cortège exactement semblable à celui que j'ai décrit plu> haut {1^ journée) va prendre, dans le hôpréas Athis ou « hôlel des saints ossements *, les trois urnes funéraires du roi Angk-Duong, de la reine-mère et de la tante maternelle du roi Noroudâm.
Quand, après avoir fait autour du Mèn la circum-ambulation à gauche qui est rituelle, les trois urnes sont apportées au bas du plan incliné, on y joint Turne du roi Noroudâm et, avec les cérémonies dites plus haut, on les hisse au sommet du préas moha-banhchâ.
A ce moment, 168 religieux se rassemblent dans le ho préas Athis et disent encore une fois le sattapakarana, ayant sur les mains le phusayong (|ui les mettait en communication avec les quatre urnes qui, tout là haut, attendent sous le panisol à sept étages.
K — Vers neuf heures du matin, les charbons, les cendres, entin tout ce qui reste du bûcher est renfermé dans un sac en cotonnade blanche, qu'on met dans un autre sac fait de soie lamée d'or, dit préas thavika, et porté processionnellement sur un palanquin d'or, par la Grande-rue, jusqu'au fleuve en bas du mAt de pavillon royal, où une jonque est préparée pour les recevoir. Sur cette jonque prennent place un à l'avant, l'autre à l'arrière, deux porteurs d'ap/i/ro/n, l'un blanc et l'autre rouge, et dix dâmruot porteurs de lances à fanions et d'élendarts. Dans deux pirogues qui doivent, Tune à droite, Fautive à gauche, escorter la jonque royale, prennent place une dizaine de porte-étendarts de différentes formes et couleurs. Puis, alors que les bakous soufflent dans leurs conques, la jonque, les deux pirogues, conduites par de> agents du ministre de la marine, quittent la rive et gagnent le milieu du fleuve. C'est là, à hauteur du phare de Chruoy-Changva, à plus de cinq cents mètres de la berge, que les cendres et les charbons du bûcher sacré sont jetées a en eau profonde » au meuglement des conques marines et alors que le flageolet continue de pleurer et de gémir.
(i. - Pendant ce temps, vers dix heures du matin, les leligieux disent le dar, rci'oivenl l'aumône des aliments et vont déjeuner sous les galeries.
7. — A 3 heures du soir dans le Mén un religieux, accompagné de quatre assesseurs, s'assied dans la chaire à prêcher et lit le préas Kéalha-péan,
8. ^ A 4 heures et demie du soir, le roi se fait porter sur un palanquin d'or ju>qu'au préas banléa, où le Résident supérieur vient quelques instants après prendre place et assister aux luttes dont j'ai déjà parlé. A la tin de ces luttes, le roi fait aux Ruropéens une distribution de boulettes contenant des billets de loterie. On jette îles citrons et aussi des honiclles du haut des toun-llcs dites phUa-popriks.
9» — La fêle reprend comme les jours précédents. Ou cdluuie les cadres de vinivrie, on enflamme les pièces d^artifiee, on lance des montgolfières devant la maison du ministre du palais, on mange, on boit du thé qui est offert aux pauvres gens au nniii du roi et le cinématographe exhibe ses vues de batailles sur terre et de l'ondints navals entre Russes et Japonais.
lo. Les 6i religieux qui priaient dans les sàmsan n'y paraisseni plus, mais les 7<> autres viennent à sept heures dans le Mén consacrer, * ouvrir les yeux » d'une statue d'or du Buddha, faite avec les bijoux qu'on a enlevés de sur le corps de Sa Majesté Nocoudâm et remises aux orfèvres du palais (i).
mnmPMK jour, samedi i 5 janvier. — transfert de i/irne d'or ai kom;-tkk
ANNAMITO-CHINOIS
I. — Ijes 70 religieux qui ont hier soir consacré la statue du Huddha sont de nouveau rassemblés à 9 heures du matin dansle Men. Ils y disent la prière dar et \ reçoivent Paumône des vivres qui leur est fait au nom du roi, puis ils se retirent.
>.. — \ 7. heures du soir, un religieux, accompagné de quatre assesseurs prend place sur la chaire à prêcher et lit le préas Thomma en présence de 1000 religieux massés à TEst, au Sud et au Nord du catafalque que les ouvriers ont remonté à neuf étages et des princesses et femmes du palais rassemblées à TOuest.
>. — A 5 heures du soir, un cortège semblable à celui de la veille s'organise près du Mén, L'urne du roi Noroudàm est descendue du préas moha-banhchâ à Taide du plan inchné ; le roi Sisovath la reçoit lui-même des mains des màlàpiwsas et la «lépose sur un palanquin doré. Les bakous soufflent dans les conques, le flageolet pleure, les tambourins sont battus avec des bâtons recourbés et le cortège se met en marche. 11^ s'arrête devant le pavillon annamito-chinois dit Kong-iék élevé à droite de la porte Est de l'entrée principale du véal Mén, et l'Urne, ayant été enlevée de sur le palanquin par les màlàphousas est déposée au sommet d'un catafalque à cin(| étages tendu d'andrinople rouge, afm que les religieux annamites et chinois lui r(>ndent le culte funéraire, conformément aux rites buddhistes communs à ces deux nations.
^\. ■■- Le cortège revient au mén, y reçoit, sur le palanquin qui vient de porter an Kong-téky les urnes saintes du roi-père, de la reine-mère et de la tante maternelle de Noroudâm, et sort du Mén, alors que meuglent les conques marines, que battent les ping-pong, que pleure le flageolet et que résonnent les tambourins. Il gagne la (iraiide-rue, la remonte vers le sud, puis pénètre dans la seconde enceinte du palais par la porte principale, tourne au nord, entre dans le Jardin des Fleurs et, de ce jardin.
{i) J'ai, dans la Revue Indochinoise, décrit cette cérémonn» très ciin'euse. iU- l:i nuisnvation ou de Touverture des veux d'une stiitue du Buddlia.
«iaiis i'eiiceinte réservée du palais, par la porte qui se trouve entre la salle du trône >t le tinéang phiméanakas et enfin dans la petite cour et dans le hô préas Athis m elles sont déposées sur un catafalque haut de neuf étages et au-dessuâ duquel se halance un parasol Idanc à sept étages, le svéttrachhat.
rKKIZIKMK KT gilATUKZIÈMK JUUHNÉKS, \\-\% JANVIER. RITES ANNAMITES DANS LE KONC-TÉK
(^es (cérémonies, qui ont été célébrées dans le pavillon annamite-chinois du i3 janvier au soir au i6 janvier au soir ont duré trois jours. Je n*ai pas à les décrire ici : elles sortent de mon sujet, les Incinérations au Cambodge. Elles furent celles que les Annamites célèbrent pour les hauts personnages de leur nation, et ces cérémonies oui élé décrites par d'autres auteurs.
SKIZIÉMIi: JOUKNÉE, MARDI l6 JANVIER 1906.
Traiisieri iW runif tuiièbre royale du Koug-ték au liô préas Athis.
70 religieux pénètrent, vers cinq heures du soir, dans le Kong-ték annamito-cin> nois et disent le sattapakarana^ puis ils se retirent.
L'Urne funéraire est alors descendue de son catafalque, remise à Sa Majesté et déposée par elle sur un palanquin doré porté par huit hommes. Les bakous soufflent dans les conques et le cortège se met en marche. Un instant après, il pénètre dans le Jardin des Fleurs, puis dans la partie réservée du palais où le palanquin s'arrête à rentrée de la petite cour dont il a été parlé plus hauL Le roi et le Résident supérieur, qui n'ont pas suivi le cortège et qui l'ont devancé, l'attendaient entourés des princes et des ministres.
Le roi va prendre l'Urne de son frère sur le palanquin doré, et le porté lui-même dans Vhô préas-Athis où sont déjà les Urnes des aïeux. Cest là au sommet du catafalque qu'elle attendra l'heure où, conformément aux dernières volontés de Noroudàro, elle sera portée au temple Préas Kev-morokoth et emmurée dans une pyramide ou rhédey qui sera élevée dans la cour.
C'est par celte dernière cérémonie que s'achève ce qu'on a appelé « les fè(es de la rrémation du roi Noroudâm i».