AUTRE VERSION
La kbuon ou Vaité que je donne plus loin, s'achève par un appendice qu'il convient de placer ici et qui est donné comme étant extrait du Kotnpi Nipéan ou c Traité du Nirvâça » Le voici tout entier, traduit d'aussi près qu'il m'a été possible. On verra qu'il diffère passablement des abrégés que je viens de donner d'après d'autres textes.
On parle ici d'après le traité sur le Nirvà a (kompi nipéan),
I. — Lorsque Préas bat Âchéatasa trou (i), roi qui régnait dans le royaume de Préas mâha nokor Réachéakrih (2), fit préparer les funérailles du Préas samana
(i) Ajâtaçatru, qui fit mourir son père Bimbisâra en prison, sur les conseils de Devadatta, le cousin du Buddha, et qui plus tard se convertit au Buddliisnie. (2) Mahânagara Râjagriha.
Kôdam(i), notre maître suprême qui est entré dans le suprême nirvâ^'aun mardi, jour de la pleine lune du mois de Pisakh (i) de Tannée Hosanh (du Serpent), cinquième du petit cycle (3), dans le royaume de Kusinârâ. A cette époque Tère de Préas Puth sàkâréach (4), et Tère cholosâkâréach (5) n'existaient pas encore.
2. — Les 5oo rois [dits] sdach SamâUâréach (6) voulurent honorer (sakkaras) le saint corps du Buddha et le baignèrent avec Teau parfumée (krâaup) de seize cru* ches (7). Ceci fait, ils prirent le kruœung lâda mâha prâsath et Ten couvrirent de la tête aux pieds. Le kruœung lâda mahâ prâsath était fait de fils d'or et d'argent (8).
3. — Il y avait des bijoux portant des diamants enchâssés (thbaung vichirath) pesant quatre livres, des perles (thbaung muttada) pesant onze livres, des coraux {thbaung popéal râth) pesant 22 livres, des rubis (thbaung péch) pesant 33 livres. Toutes ces pierres précieuses sont collectivement nommées les sept espèces de joyaux (9).
4. — Les bijoux précieux dont ils ornèrent le cou (préas saurang), la poitrine (préas orang), les mains (préas has)^ les hanches (préas chângkés), les genoux (préas chong) et les pieds (préas bat) du saint corps sont des anneaux qî colliers d'or, ou d'argent (krâdum méas, krâvil méas et krâdum prak). On mit sur le saint corps un bijou ayant la forme d'un paon ; il avait l'œil droit fait de fils d'or mélangés des sept sortes de minéraux précieux (10) disposées en 5oo couches (i\) \ l'œil gauche était tout pareil à l'œil droit. Le bec de ce paon était fait de coraux étincelant (prapéal phlék ratanas) ; les yeux de droite el de gauche étaient faits de gemmes (ou saphir, kèv moni) ; les pieds de droite et do gauche étaient faits de fils d'or el d'argent montés de pierres précieuses bien rangées. On pouvait dire que ce
(i) Çramana Gautama ou Samana Gotama, l'ascète Gautama, le Buddha.
(2) Visâkha, le 2« mois de l'année astronomique qui commence à Téquinoxe de printemps.
(3) An 543 a. J. G.
(4) Buddhasâkarâja, l'ère royale du saint Buddha qui date de Tan 543 avant J. G.
(5) CuUosâkarâja, lajpetite ère, qui date de Tan 638 de J. G.
(6) MallaSy tribu qui parait avoir vécu en une sorte de république au temps du Buddha et dont la capitale était Pâvâ. Je ne comprends pas l'initiale sa. -Le mot cambodgien sdach fait doublet avec le mot pâli altéré réach (râja).
(7) Kââm, ici écrit khââm.
(8) Je ne comprends pas cette expression lâda mâlia. prâsath (p. latâ-mahâpâsâda^ liane du grand palais ?)
(9) Raih pram pil prâkar, en pâli ratana satta qui sont : savannam, or ; rajatam, argent; mutta, perle ; mani, gemme (ou saphir) ; velarigam, yeux de chat, vajiram, diamant ; et pavalam, corail. — Les trois mots en petites majuscules sont les seuls que notre manuscrit donne, mais le mot péch^ désigne, je crois, les rubis. 11 parle de sept ratanas et n'en donne que six ; en comptant l'or et Targent du làda mahâ prâsath, il manque les yeux de chat (veluriyam). — Le mot thbaung a pour correspondant le mot pâli ratana, bijou, joyau.
(10; Voy. la note précédente.
'11) Prâtéâph, ce mot désigne las couches de peintures, les pétales des fleurs, aussi les étages.
bijou à la forme d'oiseau était semblable à un paon dressant sa queue. Sa valeur était de 9 millions de dâmiœng d'argent (i) pesant 60 charrettes.
5. — Quand le saint et éminent corps (2) fut orné de tous ces bijoux, on le plaça dans un cercueil en bois de khlœm chant (3) plaqué d'or. Le saint corps était alors semblable au roi Préas baroma châkrapatra (4) quand il parut avec tous ses joyaux (5).
6. — On fit mettre le saint corps dans une tour d'or (6) à douze étages, sous un parasol (51;^/ trâchhat) à douze étages et on l'y laissa les sept jours que durèrent les cérémonies, puis on le brûla. On ramassa les saints ossements (7) qui furent distribués par un achar nommé Tôna et portés en cortège au grand royaume de Râjagriha que gouvernait Préas bat Achéatasatrou et où on avait commencé à célébrer une fête pour la réception des saints ossements et planté des tong^ des chhat, des réachéa véat (8) en grand nombre. D'accord avec les arahats et les arahans, le Préas ariya Kasâph (9) (fui est le premier, récita les saintes prières et le roi préas bat Achéatasatrou conduisit cérémonieusement les saints ossements dans son palais, il les garda pendant sept ans, sept mois et sept jours, pris on enterra les saints ossements dans le royaume de Râjagriha où fut fait pour les recevoir un saint c/ieydey (10) haut de huit brasses. La fosse où furent descendus les ossements était profonde, large et longue de huit mètres. Ensuite on construisit tout autour sept murs d'enceintes concentriques en fer et en bronze. On fit une statue sœl (i i) montée sur un réachéasey (iti), puis on marcha autour des saints ossements sans discontinuer (1 3). Cette cérémonie dura quinze jours du moment où les saints ossements furent enterrés jusqu'à la fin.
7. — Depuis lors, les hommes qui ont des fêtes funéraires à célébrer, par reconnaissance ont, autant que possible, suivi ces ntes.
( I ) Le dàmlœng vaut 3y gr. 5o (a) Préas barom sâph.
(5) Cœur de sandal.
(4) Pâli parama cakkauatti. Ce dernier mot dans sa forme sanscrite, cakravcwtin, est plus voisin de la forme cambodgienne.
(5) Allusion aux sept trésors d'un roi cakravartin qui sont : la perle des disques de guerre, la perle des éléphants, la perJe des chevaux, la perle des pierres précieuses, la pvle des épouses, le perle des conseillers, la perle des princes héritiers.
(6) Bànhchar méas.
(7) Préas sœrœkkhâthéat,
(8) Etendards et parasols é'agés, autour d'un enclos très léger dit réacliéa-véat, fait de lamettes de bambous plantées verticalement et se croisant.
(9) Arya-Kâçyapa ou Ariya Kassapa, celui des disciples du Buddha qui prit la direction de la communauté après la mort du Mattre et présida le premier concile.
(10) Pâli cetiga,
(il) Statue douée de puissance par suite de prière dite, qui fut instituée gardienne du cheydey. (12) Râjasîha.
(i3) Sâph tintévéa ; on dit actuellement àr chi, continuellement.