‹ CambronneChapitre 18 sur 73 · CHAPITRE XIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIl

C'est maintenant en effet que se pose la question si souvent discutée, si diversement résolue et que la voix du peuple a tranchée en faveur du héros de cette histoire:

A-t-il été prononce un mot, une phrase mémorable sur le champ de bataille de Waterloo ?

Cette phrase, quelle était-elle ?

Et qui Ta prononcée ? le général Michel ou le général Cambronne ou tous les deux peut-être?

Ce mot que les héritiers du général Michel n'ont jamais revendiqué, ce mot bien senti dont la grossièreté habituelle disparaît presque au milieu de la surexcitation d'une admirable résistance, Cambronne Ta-t-il jeté à la face de l'ennemi ?

Nous nous proposons, sur cette curieuse question d'histoire contemporaine, de mettre sous les yeux du lecteur, tous les documents que nous avons pu réunir, toutes les confidences que nous avons reçues d'hommes de bonne foi à qui Cambronne avait parlé et nous donnerons ensuite notre avis personnel.

La garde meurt et ne se rend pas.

Oui, ce cri de la lutte à outrance, ce désaveu du sauve qui peut qui se faisait entendre pour la première fois dans les rangs de la grande armée, cette phrase de bravoure, de désespoir, de rage qui était comme le testa-

ment de la vieille garde, a été proférée à la fin de la sanglante journée de Waterloo.

Le devoir qui commandait de mourir plutôt que de lâcher pied, plutôt que de capituler, était trop profondément ancré au cœur de ces hommes qui avaient fait les campagnes de la République du Consultât et de l'Empire pour qu'il pût venir à Tesprit d'aucun d'entr'eux d'y manquer alors surtout qu'ils voyaient que tout était perdu, fort l'honneur. Ils avaient si souvent consenti au sacrifice de leur vie qu'ils ne tenaient vraiment pas à la conserver au prix d'une forfaiture envers l'empereur et la patrie.

Libre aux jeunes recrues épouvantées devant ces batailles de géants de se sentir déconcertées, démoralisées et de songer avant tout à la fuite pour l'existence, à la soumission devant la supériorité numérique de l'ennemi. La vieille garde, sans peur et sans reproche, fût morte jusqu'au dernier homme et ce n'est de la faute de personne si quelques-uns ont survécu.

La page émouvante autant qu'émue que M. Thiers a consacrée à ce dernier épisode et que nous avons reproduite, affirme le cri mémorable, en hésitant à qui en attribuer l'honneur.

Pour l'historien des batailles de l'Empire, point de doute. Oui, la phrase: La garde meurt et ne se rend pas, a été prononcée à Waterloo et comment hésiterait-on à le croire quand, quelques jours après, elle était consignée par un journal de Paris, Vlndépendant, le bisaïeul du Constitutionnel y reproduite immédiatement par le /oMrna/ général Gi le Journal de Paris et portée ainsi, par la voie de la presse, à la connaissance de la France entière.

Le mois suivant, Casimir Delavigne, dans sa Messénienne'

sur la bataille de Waterloo, enregistrait, à son tour, ce cri fameux :

Parmi des tourbillons de flamme et de fumée, douleur! quel spectacle à mes yeux vient s'offrir? Le bataillon sacré, seul devant une armée.

S'arrête pour mourir.

C'est en vain que, surpris d'une vertu si rare. Les vainqueurs dans leurs mains retiennent le trépas; Fier de la conquérir, il y court, s'en empare : La garde, avait-il dit, meurt et ne se rend pas.

On dit qu'en les voyant couchés d^ns la poussière, D'un respect douloureux frappé par tant d'exploits. L'ennemi, l'œil fixé sur leur face guerrière. Les regarda sans peur pour la première fois.

Citons encore une autre œuvre de la môme époque, publiée dans le dernier volume des Victoire^ et Conquêtes, signée : M. Lefèvre, de Rouen et qui, elle aussi, met en vedette [dans le refrain de ses trois strophes, la phrase dont nous parlons :

Dernier cri de la garde impériale

Ils ne sont plus, les fils de la victoire!

Mars a trahi leurs efforts et nos vceux.

Pleurez, Français! L'appui de votre gloire Est descendu dans la tombe avec eux.

A leur valeur, l'Anglais rendant hommage Voulut en vain les soustraire au trépas :

Les preux ont dit en volant au carnage :

<( La garde meurt, elle ne se rend pas. »

Toi qui deux fois leur dus le diadème.

Toi qui sans eux eus gémi dans les fers.

Napoléon, à cette heure suprême.

Te verra-t-on partager leurs revers f

//.s soûl tombés, les lu'ros de la France, Et toi, tu fuis (lu milieu des ccmbats:

Tu fuis donc, sourd à ce cri de vaillance :

« La garde meurt, elle no se rend pas. »

Dix Hais ligués ont fait fléchir ta tète, Français trop fier de les acoir vaincus ; Pour f affranchir du jouy de leur conquête ^ Tu tenterais des efforts superflus :

Mais si jamais l 'heure de la vengeance Vient à sonner, magnanimes soldats.

Ralliez-vous à ce cri de vaillance:

« La garde meurl, elle ne se rend pas. »

L'opinion publique était alors unanime à attribuer airgénéral Cambronne cette sublime protestation, bien qu'avecsa modestie il s'en défendît fort toutes les fois qu'on l'interrogeait sur ce point et qu'il se plût à en fairo rejaillir l'bonneur sur la vieille garde tout enticMM».. Comment a-t-il donc pu se reproduire une réclamation véritablement passionnée dans l'intérêt du général Micbcl i ' Cet ofiicier avait été tué à Waterloo et pendant de longues années, personne ne songea à revendiquer ii son profit une phrase que les publiciste?, écho fidèle du sentiment unanime, avaient toujours inscrite à l'actif de Cambronne (1 ). Ce n'est que trente ans plus tard, en 1845, nous pourrions presque dire qu'il y avait prescription,. qu'à la date du il août, M. le comte Michel, capitaine au 45* de ligne, en garnison à Bordeaux et M. le baron Michel,.

(Il Dans ses Souvenirs intimes du temps de l'Empire publiés eiL 1841, Emile Marco de Saint-IIilairc, parlant des sublimes paroles,, disait :

•» Appartiennent-elles à Ciand)ronnc, déjà grièvement bless;* ou û Dorseiine ou à Michel, tous deux tués en mt^me temps?... Peut-être., car celui qui les prononça ne dut pas leur survivre. •*

auditeur au Conseil d'État, sous-préfet de Bar-sur-Aube, tous deux fils du général, s'avisèrent d'envoyer une sommation par voie d'huissier au maire de Nantes pour lui défendre expressément de faire graver ces mots: La garde meurt et ne se rend pas sur le monument que cette ville était en train d'élever au général Cambronne.

Les fils du général Michel avaient pris leur temps. Depuis 1815, ils étaient restés inactifs, alors que rien ne les empêchait de procéder auprès des survivants de la grande armée à une enquête minutieuse et contradictoire et ils avaient cru devoir attendre la mort de Cambronne pour se donner la tâche de lui ravir sa sublime protestation de Waterloo.

La sommation judiciaire lancée au maire de Nantes est à la date du 11 août 1845, comme nous venons de le dire, mais déjà, au lendemain de l'ordonnance royale du 8 décembre 1842 qui autorisait l'érection d'un monument h, la gloire de Cambronne, les fils du général Michel s'étaient mis en campagne pour recueillir des documents et revendiquer exclusivement au profit de leur père une gloire qui ne lui revenait pas du tout ou du moins qu'il lui appartenait de partager avec le héros nantais.

Que citaient-ils, à l'appui de leurs prétentions, dans leur requête au Conseil d'Etat? D'abord quelques historiens contemporains et quelques écrivains militaires dont les uns n'attribuaient pas expressément à Cambronne la réponse en litige, dont les autres l'attribuaient au contraire au général Michel. C'était V Univers (Annales historiques de la France tome 2, p. 642) qui reporte à la garde impériale tout entière la phrase mémorable; la Biographie des Contemporains de Rabbe (tome l'*", page 73(5) d'après laquelle Cambronne ne prononça pas les mots qu'on lui

attribue généralement : « La garde meurt et ne se rend pas »; le Dictionnaire biographique des morts et des vivants par Fliniaux (tome 7, page 718) qui emprunte l'opinion de la Biographie des Hommes vivants de Michaud (article Gambronne) qui constate qu'aucun rapport officiel ne fait mention des paroles en question, mais que les journaux les ont rapportées à Thonneur de Gambronne.

Ges témoignages sans date, sans signature sont, on Tavouera, bien peu probants. Que des revues biographiques qui se pillent, d'ordinaire sans se contrôler, afïirment ou contestent l'exactitude d'un fait, cela ne prouve guère qu'il soit vrai ou qu'il soit faux.

Il faut autre chose et les lils du général Michel l'ont bien compris, en faisant intervenir des déclarations plus intéressantes et plus pei'sonnelles. Un témoin dont ils n'ont pas donné le nom, mais dont les dires auraient été corroborés par M. Gordier, député du Jura sous Louis- Philippe, a, disaient-ils, raconté ce qui suit :

« J'habitais Dunkerque à l'époque où le général Gam- » broune commandant le département du Nord, fit » plusieurs voyages à Dunkerque.

» M. Gordier, alors directeur ingénieur en chef à Lille, » se trouvait toujours à Dunkerque, quand le préfet et le » général Gambronne s'y transportaient en conseil de » révision. Lui, comme moi, nous avons entendu plusieurs » fois le général se défendre de la manière la plus posi- » tive d'avoir tenu les paroles sublimes qu'on lui attri- » huait. »

Que vaut la déclaration de M. ^Maurice Duval, pair de France en 1845, mais ancien préfet de la Loire-Inférieure, que le débat historique soulevé entre le général Gambronne et le général Michel préoccupait aussi: « Parlant à Nantes,

» dit-il, avec le gênerai Gambronne de la bataille de » Waterloo et de la réponse que la voix publique lui » attribue, il m'a répondu que ces paroles héroïques ne » lui appartenaient pas plus qu'à la garde impériale qui » tout entière les a scellés de son sang... J'ai invité M. le » maire de Nantes à ne pas donner lieu à un débat dont » le résultat ne pourrait être aussi complet qu'il voudrait » l'obtenir, car j'ai reconnu a Nantes même beaucoup » d'incertitude excitée par le général Gambronne lui- » même. »

G'est là chose très-possible, étant donnée l'extrême réserve du général qui n'aimait pas les compliments et qui se défondait fort de les mériter, même au détriment de la vérité. C'est ce qu'il est facile de lire dans un autre document dont les enfants du général Michel se sont servis dans leur mémoire au Gonseil d'Etat, mais en commettant la faute de le tronquer et de n'en pas citer les lignes défavorables à leur système. Il s'agissait d'une lettre confidentielle du maire de Nantes, M. Ferdinand Favre, au préfet, à la date du 24 novembre 1843 :

«( Le général dont chacun connaît la simplicité antique » et l'extrême modestie, s'en est toujours défendu person- » nellement, à la vérité disant que c'était le cri de » l'armée tout entière, mais sans que jamais dans ses » épanchements les plus intimes il ait jamais proféré le » nom du général Michel ou de tout autre. »

Mais M. Ferdinand Favre ajoutait (et c'est là ce que les enfants du général Michel se gardaient bien de reproduire) :

« Pour tous ceux qui l'ont entendu, il résultait de son » embarras et de la manière un peu gauche dont sa

» franchise habituelle niait la chose que la voix publique » avait eu raison de lui en attribuer Thonneur.

» Voilà ce que pourront vous certifier les personnes » qui ont été honorées de l'amitié du brave Cambronne, » notamment M. Mathurin Cheguillaunie, mon premier » adjoint, qui a longtemps vécu dans son intimité. »

Avec ce commentaire, la * déclaration du maire de Nantes prend une importance considérable, mais dans un tout autre sens et nous verrons dans un instant s'il n'avait pas absolument raison. Mais allons jusqu'au bout et voyons ce que valent les derniers témoignages invoqués en faveur du général Michel.

C'est d'abord celui de M. Pons (de l'Hérault) qui s'exprime ainsi :

(( Le général Michel avait fait former le carré à la jeune » garde qu'il commandait. Un autre carré qui était près y> du sien, venait d'être enfoncé et le péril était imminent. » Alors le général Michel réunit les officiers en cercle, il » les harangua brièvement, énergiquement et il termina » sa harangue par ces mots d'éternelle mémoire : La « garde meurt et ne se rend pas, »

Fâcheux témoignage que celui-là pour le général Michel, parce qu'à force de vouloir préciser, il finit par ne lien prouver du tout, ou plutôt par prouver le contraire de ce qu'il prétendait.

M. Pons (de l'Hérault) dans le certificat délivré avec trop de complaisance peut-être aux fils du général Michel, reconnaît qu'il tient ses renseignements de « plusieurs officiers honorables ». Il aurait mieux fait de les nommer, pour permettre de contrijler auprès d'eux un témoignage qui risquait d'être tronqué en passant par trop de bouches.

€e n'est ;ilus à l'ennemi, en réponse à une somuïation de se rendre, que ic içénéral Michel aurait jeté cette lière parole : c'est à ses ofïiciers, à ses soldats rangés en cercle -autour de lui. Tous pourtant De moururent pas à Waterloo auprès de leur général : d'oii vient que pas un seul n'ait depuis 1815 reproduit, sous sa signature, le récit absolument nouveau de M. Poiis que les derniers témoins favorables au général Michel ne confirment pas?

D'ailleurs, comme on Ta vu plus haut, Pons attribue, dans son Hiatoire de Napoléon , la même phrase à Cambronne. Il aurait dû alors en conclure que les deux généraux l'avaient également prononcée.

l'n vétéran de l'armée, le baron Martenot, resté, à son témoignage, le dernier sur le champ de bataille avec le 2« bataillon du l«r régiment de grenadiers de la vieille garde, certifie, il est vrai, que les paroles attribuées à (lambronne ont été prononcées par le général Michel et il croit que son ami, le général llarlé, encore vivant en 1845, ferait la même déclaration. Mais les héritiers du général Michel n'unt pas interrogé le général Ilarlé ou n'en ont rien obtenu de bon pour leur cause et les dires du baron Martenot qui ne précisent aucune des circonstances dans lesquelles ces mots auraient été proférés, sont tellement vagues et indécis qu'il est bien diflîcile d'y ajouter foi.

Il ne resterait (prune dernière déclaration : celle du général Bertrand qui ne lui a pas donné la forme d'une lettre, mais Ta consignée sur une pierre détachée du tombeau de l'empereur à Sainte-Hélène. Le général y aurait écrit: -

« A la comtesse Michel, veuve du général Michel tué à Waterloo, où il répondit aux sommations de l'ennemi

par ces paroles sublimes : « La garde meurt et ne se rend pas! »

Nous aurions bien voulu voir ce dernier document autrement que dans la requête au Conseil d'Etat et en vérifier Tauthenticité de plus près. Au surplus nous ne pensons pas que ces pièces sollicitées par les intéressés au moment même où ils voulaient intenter un procès à la ville de Nantes, auprès de vieux soldats dont les souvenirs avaient pu s'affaiblir près de trente ans après ces événements, puissent être mises en comparaison avec les témoignages qui militent en faveur de Cambronne.

Le premier 4e tous qu'aucun historiographe du général n'a mis en vedette, et qui, s'il ne constitue pas un rapport officie] de la bataille, date du mois de juin 1815, c'est-àdire des joufis qui l'ont suivie, c'est le compte-rendu de la séance de la chambre des représentants du 28 juin, tenue sous la présidence du comte Lanjuinais. Malgré l'effondrement du gouvernement impérial et l'imminence du retour des Bourbons, la Chambre avait ci'u devoir, en face de l'invasion étrangère, saluer respectueusement les morts glorieux de Waterloo. Cette séance mérite d'être lue Iput entière, comme une consolation de la conduite de «eux qui se prosternèrent lâchement aux pieds des vainqueurs. Voici la partie qui intéresse notre récit :

Ghambre des Représentants

Présidence de M. le comte Lanjuinais

Séance du 28 juin

M. Dumolard. — Je demande qu'il soit déclaré que les braves qui ont péri à Fleurus et à Mont-Saint-Jean ont bien mérité de la patrie. Je demande que le gouvernement soit chargé de vous

faire connaître Tétat des familles de ces braves et quels témoignages de la reconnaissance publique la patrie peut encore leur prodiguer.

M. Garât. — J*appuie la motion de notre collègue Dumolard. L'armée a acquis de nouveaux titres de gloire dans ces champs de bataille où sont tombés tant de milliers do braves. Ces traits doivent être recueillis, et peut-être devraient-ils seuls composer toute l'adresse à l'armée que propose M. Jay. L'exemple est le plus bel encouragement qu'on puisse donner au soldat. Je voudrais qu'on n'en perdit aucun, que l'on consacrât ce mot d'un soldat qui dit: L'on meurt et Von ne se rend pas. Je demande que les généraux et les autres membres militaires de cette assemblée se réunissent pour les citer.

M. Pénières. — Le nom de l'ofiTicier qui a prononcé ces paroles ne doit point être ignoré; c'est le brave Cambronne. On lui dit do se rendre. La garde, répond-il, meurt et ne se rend pas.

On demande de toutes parts le renvoi à une commission.

Le renvoi est adopté.

La conmiission est composée des généraux Raimond, Mouton- Duvernet, et MM. Jay, Garât et Dupont (de l'Eure).

Voilà vraisemblement la pièce ofTicielle à laquelle les journaux empruntèrent la phrase et le nom de Cambronne. Le dictionnaire Larousse qui cite une demi-douzaine de feuilles plus ou moins connues comme ayant mentionné ou reproduit ces belles paroles, a négligé de consulter le Moniteur Universel, (Ij

Qui donc protesta à cette époque contre Tattribution qui venait d'être faite à (Cambronne par le représentant Pénières, député de la Corrèze? Personne, absolument personne, parmi les survivants de Waterloo, parmi ces brigands de la Loire que la Restauration allait casser

(1) Moniteur Universel du jeudi 29 juin 1815, page "47.

aux gages et traiter en ennemis de la France pour laquelle ils avaient avec tant de désintéressement prodigué leur sang.

Au nipment où Napoléon montait sur le Dellérophon et quittait la France pour s'asseoir au singulier foyer que lui préparait l'hospitalité britannique, c'est-à-dire dès 1815 le pamphlétaire royaliste 31arlainvillc publiait chez Dentu un violent libelle: Duonaparte ou l'abus de l'abdication, pièce historico-romantico-héroïco-boulTonne en cinq actes, où les sarcasmes n'étaient épargnés ni à l'empereur, ni aux généraux qui lui étaient restes fidèles.

Au second acte, qui se passe à Lyon, place Bellecour, soat en scène Gambroae (sic), Bertrand, Drouot, Lemarchand, Lefcvre-Desnouettes, Brayer, Buonaparte.

Ce dernier passe la garde nationale en revue et le silence n'est interrompu (nous copions textuellement) que par un pet de cheval.

Cambrone (furieux). — Quelle insolence! Quoil au nez de Sa Majesté!

Un citoyen (avec sang-froid). — C*est un cheval.

Un officier. — Ou est-il ? 11 faut un exemple...

Buonaparte. — Calmez- vous, je n'ai rien entendu... Trop d'innocents seraient frappés pour un coupable...

La garde nationale à cheval. — Vive la violette !

Cambronne ne joue plus qu'un rôle muet ou insigniflant dans le reste de l'acte, mais nous le retrouvons à l'acte troisième, scène VI, dans le cabinet de l'empereur et à l'acte (juatrième, scène XI, à Waterloo. Voici les quelques lignes qui nous intéressent :

Page 1