CHANT FRANÇAIS
DÉDIÉ AU GÉNÉRAL CaMBHOXXE
Paroles de M. Loustaneau, lieutenant dans les chasseurs à
(l) Archives du ministère de la guerre.
(2; Le Moniteur universel du dimanche 19 septembre 1819 p. 1231. n'produisil ce récit.
cheval de l'ex-gnrde, musique de M. Moniot, élève du Conservatoire et musicien de l'ex-garde.
!•' Couplet
Peuple français, si la gloire t'appelle.
S'il faut encor signaler ta valeur
Prends au cûmbat la devise immortelle
De tes héros morts aux champs de Vlwnneur.
Vaincre ou mourir était leur noble envie ;
Ce chant guidait leur valeur au combat.
Comme eux encor redis à la patrie :
« Le Français meurt, mais il ne se rend pas, » (bis)
2o Couplet
Vois les lauriers qu* agite la victoire ;
C'est le seul prix digne du nom français.
Vois tes neveux au temple de mémoire
D'un saint respect honorer tes succès.
La mort est belle au cri de la patrie.
C'est une vie au-delà du trépas;
Qu'à cette voix un peuple entier s'écrte :
« Le Français meurt, mais il 7ie se rend pas. » (bis)
3« Couplet
Choisis pour guide un héroïque zèle ;
Que tes remparts soient ta seule valeur.
Et que partout l'honneur en sentinelle
Te trouve armé de son glaive vengeur.
Oppose au nombre un courage intrépide
Pour le héros la mort a des appas ;
Il meurt, chantant dans l'ardeur qui le guide :
« Le Françms meurt, mais il ne se rend pas, » (bis)
Lors de son retour, il voulut s'arrêter à Bordeaux. N*y avait-il pas, entre autres liaisons, son ami intime Dalidet ? et n'est-ce pas précisément, lors de ce voyage de 4819, qu'il lui remit la décoration qu'il portait à Waterloo « comme un insigne de valeur et de gloire confié à
ramitié ?» Eh bien t là encore, il eut à subir les ovations de la foule et les tracasseries de la police. Dans sa lettre dont nous parlons plus haut (4), Dalidet y fait allusion quand il écrit à madame Cambronne : « Vous avez connu, » Madame, avant même de porter son nom et dans des » temps où il y avait quelque courage à braver la surveil- » lance d'une police si tyrannique à son égard, quelle fut » notre intimité. »
Que se passait-il donc à Bordeaux ? Demandons-le aux journaux du temps.
Le Moniteur universel publiait le lundi 8 novembre 1819 la note suivante :
On nous écrit de Bordeaux que le général Cambronne ne paraît point au spectclcle el qu'il cherche à éviter les applaudissements que lui i)rodigucnt quelques personnes avec une aflectation que l'on pourrait attribuer à l'esprit de parti.
Le lendemain, nouvel entrefilet :
M. le général Cambronne a continué à se dérober à Bordeaux aux hommages qu'un grand nombre d'habitans lui avaient préparés au moment de son départ.
Il est parti le 2 do ce mois par une route sur laquelle il n'était point attendu et a repris le chemin où il retourne dans le sein de sa famille.
C'était là une note officielle, volontairement sèche et froide. L'enthousiasme avait été au comble d'après VIndicateur Bordelais, journal libéral, qui publia sur le séjour de Cambronne les articles enflammés que voici :