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CHAPITRE XXV

LA SUCCESSION DE M>ue CAMBRONNE

Le général Cambronne était mort sans héritier à réserve Ce fut donc sa veuve qui, en qualité de légataire universelle, entra en possession de ses biens dont nous trouvons Tanalyse dans la déclaration de succession qu'elle fit en personne et dont voici la substance :

Mobilier à M. Cambronne 4,750 fr.

Armes et vêlements 500

Prorata de pension militaire 3:20

Créances hypothécaires sur divers et intérêts 82,806,48

Prorata d'immeubles à Novon 100

Elle avait du reste fait les choses en règle, dépôt cle& testannents de i826 et de 1835, notoriété, certificat de propriété pour la pension militaire etc. (i)

Mflis il fallait aussi que M™* Cambronne songeât à recommencer son testament, puisque son mari Pavait précédée dans la tombe. C'est ce qu'elle fit par un acte olographe dont le modèle lui avait été sans doute fourni par quel([ue homme d'affaires et qui porte la date du 22 février 1843. En voici le libellé dont nous avons tenu à respecter l'orthographe:

MES DERNIÈRES VOLOXTÉES

Comme il n'y a rien d'aussi certain que la mort et d'aussi incertain que le moment où elle doit venir, je veux dès à préseaL

(1) Aolos au rapport de M* Chaillou, notaire à Nantes, 4, 12, 16, 2S février, 10 mai, 9 juin 1842, dont les minutes sont consorvjees l'étude de M« Erlaud, titulaire actuel de cette charge.

«l par puro prévoyance de l'avenir disposer de mon avoir pour le temps où je n*existerai plus.

En conséquence je donne et lègue aux enfants des deux filles de feu mon mari John Sword de Glasgow en Ecosse, Faînée Marguerite Sword, mariée à M. Stuart, d'Overton près de Glasgow, la plus jeune mariée à M. Stuai't, de Carfin aussi près de Glasgow, la somme de quatre vingt mille francs qui seront également partagés entre les enfants des dites deux filles de feu anon mari John Sword.

Je lègue à M. François Lemcrlc, neveu du général Cambronne, artiste, de présent à Paris, la propriété do Dives située près do Noyon, ainsi que le portrait do la mère du général Cambronne.

La nue propriété de la Baugerie située sur la côte St-Sébastien a été donnée par contiat de mariage à M"»c Roussin, mais le vin ei tout le mobilier qui pourront s'y trouver à mon décès m'appartenant devront en être retirés et vendus.

Je donne à Louis Pasquet, mon jardinier la somme de deux mille francs net.

Je donne i\ Mario Odigan, ma cuisinière également doux mille franco net.

Je donne à Mario Chopin, ma vachère, aussi une somme do dc'ux mille francs not. Ma succession suportora les droits et frais que pourront occasionner cos trois legs, ce (jue je laisse ci-dossus ii mos trois domosli<|uos no leur roviondra bien entendu qu'au- Tant qu'ils seront restés à mon service lors de mon décès autn^i«-ent ils n'auront droit à rien.

Je donne à M. François Bureau, commis de ^M. Wack, une somme de doux niillo francs net.

Je donne à M. lùnile AVack, courtier, agent de change que je ajomino et instiluo mon exécuteur testamentaire la grande pendule <qui o4 d:in.- mon salon avec les candélabres, une somme do six ■nillo francs pour l'indenniisor des peines ol soins que lui cause- 1^1 les commissions dont je le prie de se charger pour faire exé- <nler mo.^ dernières volontés. Ceci n'est (|u*un faible témoignage^ de l:i haute estime q\nt le général et moi avons toujours conçue j)Dur lui.

Je donne et lègue à Mii« Elise Coilot, une somme de dix mille

francs, comme étant la fille de l'homme le plus honnête et le plus estimable que je connaisse.

Je donne à Mme Chauvot Clavier, ma garde-robe et mon portrait en souvenir de toutes les bonnes attentions qu'elle a constamment eues pour moi, qu'elle en trouve ici toute la reconnaissance d'un cœur qui a bien su l'apprécier .

Je donne à Técole protestante de cette ville une somme de

trois mille francs qui sera emploiée par M. Rousselet, ministre

protestant en acquisition d'une rente pour l'usage de la dite école

Telles sont mes dernières veloutées. Fait à Nantes, le 22 février

Veuve Cambronne^ née Osbubn.

M™« Cambronne mounit le 4 janvier 1854, sans avoir remanié son testament. François Lemerle, neveu du général, qui y était porté, était mort Tannée précédente. Le portrait de M"^' Cambronne mère qui lui avait été légué resta la propriété de la famille Houssin, qui le possède toujours.

On ne connaissait pas d'héritier à M»»» Cambronne. La succession fut donc déclarée vacante par jugement du tribunal civil de Nantes du 23 mai suivant. Un autre jugement du 15 juin nomma M. Brindejonc, avoué, comme administrateur de cette importante succession qui avait fait, entre temps, l'objet d'une demande d'envoi en posession provisoire de la part de l'administration des Domaines.

Cependant un inventaire avait été dressé presque au lendemain du décès par les soins de M* Boiscourbeau, notaire, commis par justice. (1)

Nous avons extrait de ce document les articles suivants qui nous ont paru curieux à divers titres, comme se rapportant plus spécialement au général :

(i) Cet iiivunlaire porte la date des 11-13 janvier 1854.

Mobilier trouvé au domiciie de M^^ veuve Cambronne.

Deax pistolets à pierre, estimés 12 fr.

Le portrait du général Dumoustier^ celui de Robert Grahamme et le daguerréotype de la statue du général Cambronne aor le cours Napoléon, estimés 10 fr.

Armes d'honneur, décorations et objets divers ayant appartenu an général Cambronne.

Deux bustes, Tun du général Cambronne par Suc, et Tautre du général Dumoustier, un portrait gravé du général Cambronne, deux épaulettes en argent doré, un chapeau galonné, une épée, un sabre, une boîte de pistolets, un crachat, quatre croix, un petit lot de rubans rouges, deux médailles de bronze et un double poignard, le tout estimé 100 fr.

Mobilier trouvé à La Baugerie.

Unfusil simple à répercussion, garni en argent, estimé lo fr.

Papiers de famille.

Titres de la propriété de Divcs, près do Noyon et le portrait de la mère du général Cambronne, légués à François Lemerle, neveu du général.

Contrat do mariage.

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