Un Poète philosophe. Paris
Depuis sa plus tendre enfance, il n'a rencontré personne qui comprenne l'inquiétude de son cœur, les besoins vertigineux de son esprit. Pour ne pas jouer la comédie, se mêler à la tourbe des magots (i) qui profèrent des mots comme on souffle des bulles creuses, il se résout à vivre dans sa solitude, que je crois deviner quelque peu amère, parce que déçue, mais qu'illumine sa pensée des flammes de l'esprit, comme s'allume un temple aux mille cierges brûlant à l'Eternel.
De même que Nietzsche, // aimait les siens parce qu'ils étaient siens et parce quHl était tendre, fidèle ^ infiniment sensible atix souvenirs. Mais chacune de ses idées, chacun de ses désirs Véloignaient d'eux et son esprit les méprisait (2) .
Adolescent, il préserve jalousement sa liberté, et ne se laisse accaparer par quiconque, fût-ce même l'être le plus cher, parce qu'il savait que l'amour ne règne en despote absolu que dans le domaine infini de la liberté.