‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 102 sur 240 · Ch. X, si · texte numérisé non relu

Ch. X, si

ramena la tranquillité dans le Malabar : il n'eut à réprimer de soulèvement que dans l'île de Geylan. Il est vrai qu'il ne fut pas aussi heureux que Soarès dans ses relations avec la Chine; Simon d'Adrade, qu'il y avait envoyé, ayant compromis par sa brusquerie et son insolence tous les résultats précédemment obtenus par son frère Fernand. Mais il dirigea lui-même, à l'autre extrémité de l'Asie, une expédition glorieuse. Il pénétra, par le golfe Arabique, en Abyssinie où l'on n'avait pu jusqu'alors arriver que par l'Egypte. La découverte de cette route nouvelle, qui permettait aux Portugais une alliance étroite avec le négus pour combattre les Égyptiens et le commerce de Venise, fut l'événement le plus marquant de sa vice-royauté. C'est le seul aussi dont parle Camocns'. Le successeur de Siqueira, Edouard de Menezès, comte de Tarouca. fut le dernier vice- roi des Indes que put nommer Emmanuel. Menezès quitta Lisbonne le 5 avril 1521 : Emmanuel mourut le 13 décembre de la même année. Il n'était âgé que de cinquante-deux ans, mais il en avait régné vingt-six, et son règne, heureux entre tous, avait montré aux regards étonnés du monde entier le spectacle d'une fortune telle que la poésie n'avait plus qu'à la décrire pour faire d'un récit véridique une véritable épopée.

Jean m (i 521-1 557)

Jean III, né à Lisbonne le 6 juin 1502, avait dix-neuf ans lorsqu'il monta sur le trône. Il avait reçu une trèsforte instruction et avait pris de bonne heure, sous la direction de son père, l'habitude des affaires, pour lesquelles il témoignait une aptitude remarquable.

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