Ch. X, 8t
Henri de Menezès n*eut pas plutôt pris possession de sa charge que Meiichias, gouverneur de Diu, lui envoya un ambassadeur, moins pour lui faire honneur que pour Tamuser par ce vain extérieur d'amitié. 11 ne se laissa pas prendre à cette ruse : il y répondit, en faisant saisir deux vaisseaux que Melichias venait d*expédier secrètement aux Turcs de Juda, en Arabie. Il poursuivit ensuite les pirates qui infestaient les mers des Indes, et ruina trente embarcations malabares, qu'il rencontra sur sa route. Arrivé à Gananor, il fit condamner au dernier supplice, malgré Toffre qui lui fut faite d'une somme considérable d'argent, le maure Mamelex, homme riche et puissant, qui avait fait le plus grand tort aux Portugais» et établit Hector de Sylveira gouverneur de la citadelle de cette ville. Puis, il se mit à la tète d'une flotte de cinquante-six voiles, et se dirigea contre le port de Goulite, qui était comme le rempart de Calicut et servait àf d'arsenal au Samorin.
Goulite renfermait quarante vaisseaux bien armés et se trouvait défendue par vingt mille naïres. Henri de Menezès, en comparaison, n'avait que bien peu d'hommes à mettre en ligne : néanmoins, il décida l'attaque. Georges et Tristan de Norogna, Jérôme de Souza, Antoine Personne, Pierre Mascarenhas, Simon et Alphonse de Menezès, Jacques Péreira, Jean Melo, Roderic Aragne, Manuel de Gama, Jean Sigurade, Roderic de Gosta, Gomez de Sotomajor, et le gentilhomme normand Jean de Bétancoiir donnèrent tous , dans cette occasion, des preuves éclatantes de courage. Ils combattirent, sur mer et sur terre, avec une telle intrépidité que les naïres périrent presque tous, de sorte que cette action, où l'audace eut peut-être plus de part que la prudence, foi;tifia de nouveau dans toutes les Indes la réputation militaire des Portugais*.