‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 107 sur 240 · Ch. X, st. 136, 137, 138 et · texte numérisé non relu

Ch. X, st. 136, 137, 138 et

dans Téglise de Gananor et ouvrirent les lettres de succession. Elles portaient le nom de dom Pedre Mascarenhas ^ mais comme il était au delà du Gange, qu'il lui fallait au moins dix mois pour revenir et que la situation des affaires était pressante, on ouvrit les lettres suivantes : elles nommaient Sampayo, à qui on confia Tautorité en lui faisant jurer sur les évangiles qu'il la remettrait à Mascarenhas , dès que celui-ci serait de retour. Mais quand Mascarenhas, après avoir accompli une expédition glorieuse et s'être rendu maître de Tile de Bintam', reparut à Cochin, Sampayo, non-seulement refusa de lui abandonner le gouvernement, mais le fit charger de fers et jeter cruellement en prison, ainsi que plusieurs officiers qui avaient eu le courage de prendre sa défense. Indigné d'une telle perfidie, Simon de Menezès, commandant de la citadelle de Gananor^ fit évader le prisonnier, qui s'embarqua pour aller demander justice à Lisbonne.

Malgré une ambition criminelle qui faisait que rien n'était sacré pour lui, dès qu'il s'agissait de ses propres intérêts, Sampayo était un général de grand mérite. Il avait du courage et de la prudence ; il entendait bien la guerre, et, si le commerce fit peu de progrès sous son administration, les colonies du moins furent par lui solidement assises '. Non-seulement il réduisit momentanément à un traité le fameux Bahdour, roi de Gambaye, qui remplissait alors l'Asie de sa renommée, mais il détruisit la flotte du radjah de Galicut, malgré un secours de vingt mille hommes que lui envoyait le roi de Narsingue. Après avoir ruiné la marine des Malabares, il anéantit Porka et porta la terreur depuis les Moluques, où il fit périr le roi de Tidor, jusqu'aux contrées du

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