Ch. X, st
golfe Persique, où il poignarda de sa propre main Raez Ahmed, qui y commandait.* Il fortifia les citadelles d'Ormuz, de Ghaul et de Gananor, entoura Goa d'une forte muraille et mit la puissance maritime des Indes dans un tel état qu'il put laisser à son successeur une flotte de cent trente-six voiles.
Il eut aussi des lieutenants qui se comportèrent avec distinction ; Gamoens cite tout particulièrement les exploits d'Hector de Sylveira^. Ayant pris terre à cinq lieues de Baçaim, celui-ci avait résolu d'enlever aux ennemis une petite place, située sur la rivière de Negotane et que défendaient cinq cents cavaliers, mille fantassins et une bonne artillerie. Il dirigea l'attaque avec tant d'ordre et tant de valeur qu'il obtint un plein succès. Revenant ensuite pour rejoindre ses embarcations, il rencontra Halissa avec trois ou quatre mille cavaliers et lui fit éprouver le même sort. Il parcourut alors la plaine, où il porta l'épouvante. Les habitants de Tana en furent si consternés que, pour échapper aux dangers qui les menaçaient, ils offrirent de payer, tous les ans, un tribut de 4,000 ducats au roi de Portugal, à la condition qu'on leur laisserait la liberté du commerce et la jouissance de leurs privilèges. Sylveira y consentit et partit pour Ghaul, où il arriva chargé de butin et couvert de gloire.
Le gouvernement de l'usurpateur, comme le dit Gamoens', n'avait donc pas été sans éclat. Ses services néanmoins ne purent empêcher qu'on ne le punit des violences qu'il avait exercées à l'égard de Mascarenhas. En vain essaya-t-il, au grand étonnement de tous ceux qui connaissaient son caractère opiniâtre, de racheter son ancienne rébellion par une soumission immédiate à l'ordre, qu'il reçut du roi, de céder le pouvoir à Nuno da