Ch. X, 8t. Gl
Je même temps, Manuel de YasconecUos croisait avec succès sur les côtes du Malabar, et Antoine de Gastel-Branco, sur celles de Gambaye. Lui-même voulut diriger une grande expédition et conçut le projet de frapper au cœur l'empire des Maures en s*empnrant du port de Suez : il avait «équipé une flotte de quatre-vingts vaisseaux, y avait embarqué deux mille combattants, sans compter les officiers et les gentilshommes, avait gagné sans encombre le détroit de la mer tlouge et en avait parcouru les côtes en vainqueur. Mais la fortune labandonna au moment décisif, et son entreprise sur le port de Suez échoua.
Ce fut alors qu'il reçut une ambassade de la part de Claude, roi d*Kthiopie, à ipii le roi d*Adel faisait une cruelle guerre. Le conseil des officiers fut d*avis d'accorder à cet allié du roi de Portugal le secours qu*il sollicitait, et Christophe, avec quatre cents hommes^ descendit à terre au mois de juin i54l. La mère de Claude, ayant presque immédiatement rejoint les Portugais avec un grand nombre de Soldats abyssins, on put tout de suite commencer les hostilités. Christophe ne tarda pas à remporter des succès marqués et fut vainqueur dans deux batailles importantes, au mois d'avril 1542 : Grndamar, général en chef des troupes du roi d*Adel, périt même dans la dernière action, et le roi vaincu, avec les débris de son armée, se vit assiégé pendant plusieurs mois dans un camp retranché. Mais les Turcs, qui avaient préparé en secret un secours important, vinrent tout à coup le délivrer. Christophe, après un combat acharné qui dura plusieurs jours, fut à son tour contraint d'abandonner ses positions : il fut blessé, fait prisonnier et conduit au roi d*Adel qui, dans Texcès de sa fureur, le fit fouetter publiquement et de sa main lui trancha la tète ^. Cependant Claude était