‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 117 sur 240 · Voir notice historique, p · texte numérisé non relu

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3. Camoens avait composé des poésies pastorales et pouvait les rappeler au commencement de son poëme, comme Virgile, au commencement de V Enéide^ dans ces vers qui lui sont attribués :

Ille ego qui quondam gradli modnlatas avena Carmen, et, egressus âlvis.....

3. Le poète dit : « ...Tuba canora e bellicoia que o peito accende, e a cor ao gesto muda. » Mot à mot : « La trompette sonore et bolliqueude qui enflamme le cœur, et change la couleur du visage. • Des littérateurs portugais, que nous avons consultés sur le sens de ce passage, avaient pensé d'abord qu'il devait être traduit ainsi ; « La trompette belliqueuse dont les sons éclatants enflamment le courage et colorent le front des guerriers. » Mais ils ont changé d'opinion en rapprochant des deux vers que nous venons de citer les deux premiers de la 29* octave du IV* chant : La trompette vient de donner le signal de la bataille d'Aljubarota.

Quantos rostos alli se irem sem cor, Que ao coraçio acode o sangue amigo !

« Les guerriers ont pâli : le sang qui les anime a reflué vers le cœur. » Le véritable sens de a Tuba canora, etc. v était donc : « La trompette belliqueuse dont les flers accents portent la flamme au cœur des guerriers, et la pâleur sur leur front. » Quelques personnes, cependant, ont cru voir une espèce de contradiction dans ce double effet du signal des combats. Des militaires distingués par leur rang et leur bravoure,

308 LES LU8IADBS. CH. I (St. 6-8).

échauffez mes transports ; inspirez-moi des chants qui soient dignes d'une nation si généreuse et si fidèle au dieu Mars. Que le monde entier les répète : c'est à l'art des vers, c'est à vous qu'il appartient d'immortaliser les héros.

Et toi, gage précieux de l'indépendance portugaise, espoir de la patrie qui te contemple et de la religion qui t'appelle, toi que le ciel a fait naître pour la terreur du Maure et pour l'honneur éternel de notre âge ; toi qui ne veux conquérir le monde que pour consacrer à Dieu ta conquête ;

Jeune héritier * de tant de rois dont le premier * reçut du ciel une faveur que n'ont point obtenue les Césars de l'Occident ni les monarques des Gaules : témoin le royal écusson qui, dans son empreinte sacrée, garde encore le souvenir de cette bataille où le Christ, armé de sa croix, c(Tmbattit pour Alphonse et lui donna la victoire ;

Roi puissant, dont les vastes États embrassent à la fois les lieux où naît le soleil, ceux qu'il éclaire à son midi et les climats qui reçoivent ses derniers feux ' ; toi dont le génie doit subjuguer un jour le féroce Ismaélite,

D0U8 ont aMurë, au contraire, que cette peinture était vraie, et qu'elle ne pouvait étonner que les poëtea qui n*ont fait la guerre que dans leur cabinet. Camoens avait assisté à des batailles : i) a peint ce qu*U a vu. Pour ooncilier les deux opinions, nous avons pris un mojen terme qui , en maintenant le sens primiUf, en adoucit l'expression. (N. da trad.)

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